Rentrée littéraire 2026 : Le mouvement, Douce Dibondo : il était une fois la révolution
Quand la vengeance se met en mouvement : un premier roman explosif.
/image%2F1371318%2F20260914%2Fob_a6e7af_16211542.jpg)
Mon père connaît la mort dans les plis des peaux fripées, de râles poussés, de souffles fétides brunis de remords. ses conditions de travail d'aide- soignant en maison de retraite, la pression de la productivité et du nombre de patients toujours plus grand dont il a la charge, creusent encore plus sa peur d'une mort solitaire et d'un deuil du même acabit pour les siens.J
L’écrivaine et poétesse Douce Dibondo, figure fortement engagée dans les luttes afroféministes et queer, offre avec son premier roman une immersion dans les coulisses du militantisme.
Dans une langue vive, traversée d'oralité et d'éclats poétiques, Le Mouvement raconte une génération qui ne croit plus aux cadres existants et cherche, dans le risque et la création, une voie pour transformer la réalité.
Le récit, rédigé en écriture inclusive, est volontairement non-linéaire. Il inclut des éclats narratifs de différentes formes (dont des parenthèses poétiques) qui lui donnent une allure de manifeste radical, proche des lectures-performances dont raffole Douce Dibondo.
Nourri de penseuses lesbiennes et afroféministes, ce premier roman frappe par son énergie autant que par sa liberté formelle.
Avec le Mouvement, la militante Douce Dibondo ne démontre plus : elle fait sentir, grâce à des personnages de chair, de sueur et de sang.
Au coeur du livre, trois jeunes militantes - dont une jumelle en deuil de sa soeur - issues des mêmes milieux féministes, queers et décoloniaux, voient leurs certitudes voler en éclats quand elles découvrent que celui qu'elles tenaient pour un allié est aussi un prédateur. La colère devient alors une matière à créer, à aimer, à résister.
La plume de Douce Dibondo frappe par sa force, elle est brute, amère, parfois presque suffocante.
La romancière s'attaque à ces hommes qui parlent le langage du féminisme tout en reproduisant les mécanismes de domination. Des « traîtres à nos causes ».
ET pose la question ultime : comment s'approprier à sa façon sans renier ses convictions l'espace, la colère, les débordements, la politique et l'intime?
/image%2F1371318%2F20260914%2Fob_6568b0_douce-dibondo-copyright-chloe-vollmer.jpg)
/image%2F1371318%2F20260915%2Fob_67fb0f_mouve.png)
Un mot sur l'autrice
Douce Dibondo a écrit l'essai très remarqué La charge raciale et co-fondatrice du podcast Extimité. Il transpire le « seum » d'une génération revenue du système existant et désespérément en quête d'alternatives collectives.
Son premier roman, Le mouvement est en lice pour le Prix Stanislas.
« Le Mouvement » de Douce Dibondo
Rivages, 256 pages, 19 euros
/image%2F1371318%2F20260914%2Fob_b9e304_9782743671686-4decouv.jpg)
/image%2F1371318%2F20260204%2Fob_515b1d_1000063170.jpg)
/image%2F1371318%2F20260810%2Fob_56a39c_unnamed-4.jpg)
/image%2F1371318%2F20260722%2Fob_ab5943_250529-deae-visuel-2026-insta.jpg)
/image%2F1371318%2F20260624%2Fob_3687e4_2026-ffi-affiche-a4-portrait-210x297-b.jpg)