Critique d'album- L'heure bleue: Johnny Jane gagne en profondeur et en intensité
Deux ans après « Attitude(s) », Johnny Jane, le chanteur orléanais de 28 ans, qui doit son nom au célèbre morceau de Gainsbourg, creuse son sillon avec « L'Heure bleue », un deuxième album pop empreint de mélancolie, d'ironie et de lucidité.
Johhny- plutôt. Émile - de son prénom - a appris le piano au conservatoire d'Orléans et il aime aussi le rock des Strokes. Depuis la sortie en 2020 de son premier EP, Au pire c'est rien, il a connu une ascension rapide en se produisant dès 2023 à guichets fermés à la Cigale, puis à l'Olympia et au Trianon, à Paris.
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Sa nouvelle musique est à son image, douce, mais jamais tendre, ni dans l’auto-complaisance. C’est une pop à vif, un leitmotiv d’un flamboyant pessimisme schopenhauerien qui exclame, sans détour, que la souffrance est le fond de toute une vie, au même titre que l’expérience du désir.
L'Heure bleue aborde un thème universel : le passage du temps. Sans être noire, entre guitares étincelantes, échos lointains et grondements de batteries, la pop de Johnny Jane résonne comme une lecture en intensité de la vie.
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Il y a quelque chose de foncièrement frondeur dans l'attitude de l'artiste mais il n'hésite pas à se montrer dans sa stricte impudeur parfois. Dans « Glouglou », il évoque sans détour son addiction à l'alcool. Un changement de lumière qui éveille chez Johnny Jane le besoin de s’évader, autant pour fuir ses démons que pour prendre une distance propice à la créativité.
Un leitmotiv d'un flamboyant pessimisme schopenhauerien qui chante, sans détour, que la souffrance est le fond de toute une vie, au même titre que l'expérience du désir .
On aime beaucoup sa pop faussement nonchalante, fusionnant le spleen de King Krule, l’énergie post-punk des Strokes et une électro atmosphérique qui fait écho à la French Touch.
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On est aussi beaucoup en phase avec le premier single extrait de l'album "Il Faut que tu m’attendes", une ballade aux embruns de pop psychédélique à la Bonnie and Clyde.
C’est un récit contenu qui se livre en toute sa splendeur dans un « des millions d’années reste » sur un dernier morceau où Johnny Jane se dévoile tel qu’il est avant tout : un intolérable romantique.
Même à 28 ans à peine, on voit à quel point en deux ans Johnny Jane a pu enrichir son univers d'une ligne pop affirmée et de morceaux qui gagnent en intensité en intériorité et également en profondeur.
Johnny Jane- L'Heure bleue, de Johnny Jane, Columbia/Sony Music
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