Critique / «Les Misérables» : Fred Cavaye pas le (Hu)goa(t) des adaptations de classiques de la littérature?
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Plus personne ne l'ignore vu le matraque promotionnel que cette sortie impose , porté par la vague de grandes adaptations cinématographiques de classiques de la littérature française dont Le comte de Monte Christo est le point d'orgue, le chef-d’œuvre de Victor Hugo revient sur grand écran: Les Misérables est à nouveau adapté au cinéma, dans une fresque de 3h mis en scène par Fred Cavayé (Pour elle, Le jeu).
Bénéficiant d’un casting 5 étoiles (Vincent Lindon, Tahar Rahim, Noémie Merlant, Camille Cottin, Benjamin Lavernhe…) que vaut ce blockbuster à la français ?
Ce pavé publié en 1862 par un Victor Hugo en exil dans les îles anglo-normandes a très naturellement inspiré une foule d’adaptations littéraires, cinématographiques et musicales avec une dernière mouture musicale qui nous avait plutôt emballé il y a quelques mois sur Lyon.
Et c'est vrai qu'on avait encore en mémoire ces Thenardier et Jean Valjean qui chantaient et dansaient à tue tête, donc il a fallu un petit temps d'adaptation pour se mettre dans l'ambiance de cette adaptation beaucoup plus sérieuse et terre à terre sans y penser même si le monument hugolien ,n’a évidemment au départ rien d’un futile divertissement. et que Cavayé est forcément plus dans l'esprit du projet initial.
Fred Cavayé n'oublie rien en trois heures des péripéties de la vie de Jean Valjean, de sa libération du bagne jusqu’à sa mort, croisent celles des ouvriers, des femmes malmenées, jusqu’aux émeutes républicaines de juin 1832.
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Hélas le film ne fait jamais vraiment dans la dentèle et ce, dès son ouverture : il commence par un traveling en drone d’un Paris reconstitué à l’IA typique de l'esthétique Netflix et la mise en scène ira toujours en force, avec moultes scènes d'action rythmées mais filmée sans patte visuelle un peu singulière.
Le scénario met en valeur la modernité et les valeurs universelles du texte d’Hugo (qui résonne d’autant plus au lendemain des manifestations du 17 octobre en France) et c’est là le point fort de ce projet.
Mais si cette volonté de mettre en relief ses résonances contemporaines est plus que louable elle passe hélas par des dialogues trop démonstratifs.
Ainsi, l’affrontement entre un Valjean et Javert apparait trop manichéenne et schématique. Ca manque par trop de souffle romanesque qu'on était en droit d'attendre .
Quant au casting, si Lindon qui livre exactement ce qu'on attend de lui en Jean Valjean, fatigue un peu dans son coté chevalier blanc- il sera prochainement plus intéressant en patron salaud dans le nouveau Stephane Brizé- Tahar Rahim en Jabert et Camille Cottin en mère Thenardier, livrent des compositions plus étonnantes et convaincantes.
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Bref, un blockbuster honnête- c'est le minimum syndical qu'on est en droit d'attendre du projet de base- mais pas forcément indispensable .
On est de fait, très loin, de l'immense réussite de « l’Illusion perdue » de Xavier Giannoli, sans doute le sommet indépassable du genre.
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