[Critique] La Gradiva: regarder la jeunesse en face
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Ce mercredi 21 octobre, un petit film français a su tirer son épingle du jeu dans la jungle des sorties de la semaine : La Gradiva, premier long-métrage de Marine Atlan unanimement salué dans la presse.
La Gradiva premier film de Marine Atlan, prend pour cadre de récit le voyage napolitain d’une classe de terminale, dans ce film la réalisatrice regarde une jeunesse en face, respectueusement, amoureusement. Elle y sonne juste parce qu’elle apparaît telle qu’en elle-même, avec ses us, son rapport au dating, ses hymnes et ses problèmes politiques aussi que cette synchronicité relèvera plus fort qu’attendu – le dernier acte du film voyant le couperet de la stratification sociale s’abattre frontalement sur la classe à travers les attributions Parcoursup.
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Brillante chef opératrice pour de nombreux jeunes cinéastes français ou francophones (L’Engloutie, Les Reines du drame, Le Ravissement, Foudre, Nos cérémonies…) Marine Atlan réalise ici son premier long métrage.
Ne pas chercher à tricher ni imposer une volonté : c’est la meilleure attitude que l’on puisse attendre d’une ou d’un cinéaste. Son long métrage nous donne, en même temps que l’insurrection qui s’élève de façon si forte au moment de sa sortie, rendez-vous avec le présent. La “Gradiva”, titre d’une nouvelle de Wilhelm Jensen de 1903 dont la longue postérité, passée par Freud et les surréalistes, court jusqu’à ce film, est la féminisation d’un surnom de Mars qui peut se traduire, en latin, par “la femme qui marche en avant”.
Parmi les personnages principaux : un jeune cancre aux origines italiennes pour qui le voyage est initiatique, le premier de la classe sans égards pour les autres et une jeune femme en rage contre les hommes et le monde.
La question de la beauté est centrale dans le film. C’est là toute la richesse de l’écriture : savoir offrir des fenêtres où les personnages s’émancipent de leurs conditions ponctuellement, sans tomber dans une lecture sociologique individualiste. Avec ce numéro d’équilibriste, Marine Atlan et Anne Brouillet, les deux scénaristes du film, posent plus de questions qu’elles n’apportent de résolutions sur le poids du déterminisme social.
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