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11 octobre 2026

 Festival Lumiere 2026- Tsui Hark : Hong Kong star

Le Festival Lumière,  qui a commencé hier avec une belle cérémonie d'ouverture, on y revient rapidement, accueille à Lyon une  figure majeure du cinéma hongkongais : Tsui Hark. L'occasion idéale de revenir sur sa carrière, sa spécificité, et ses films les plus emblématiques.  Car cet artiste hyperactif, souvent rapidement qualifié de « Spielberg asiatique » (il a commencé lui aussi à fabriquer des films en Super 8 adolescent), a changé à lui seul le paysage du cinéma hongkongais,  il est le producteur, réalisateur et visionnaire ultime qui a fait basculer Hong Kong dans la modernité.

 

 Tsui Hark n’est pas seulement un cinéaste, c’est un ouragan. Il a redéfini les arts martiaux, ressuscité le fantastique, et poussé le montage dans ses derniers retranchements cinétiques. Si John Woo est l’architecte du polar et Wong Kar-wai le poète de l’errance, Tsui Hark est l’empereur du chaos créatif.   L’ouragan Tsui Hark prouve que le cinéma peut être à la fois un laboratoire d’expérimentation avant-gardiste et un pur objet de divertissement populaire. Il est l’antidote parfait contre l’ennui et le conformisme visuel.

Le cinéma de Tsui Hark est un feu d’artifice, une profusion de couleurs, d’images, de per sonnages. Personne ne tient en place, tout le monde se transforme en permanence, qu’il soit un guerrier mythique, ou une jeune femme pleine d’allant. 

Les films de Tsui Hark sont avant tout des histoires merveilleuses, magiques, bouleversantes, souvent très drôles, toujours exemplaires, fréquemment tragiques et évidemment d'une beauté qui dépassent les mots. Avec une maîtrise que les américains peuvent lui envier, avec une intelligence d'écriture que les européens peuvent toujours continuer à chercher, avec une perfection digne des plus grands artistes, Tsui Hark a créé une œuvre cohérente, extrêmement riche, parfois inégale mais tellement foisonnante que les défauts sont noyés dans un déferlement d'images extraordinaires et de personnages fabuleux.

 

 

 

 

 

La signature stylistique : comment reconnaître un film de Tsui Hark ?

 

 

Une impression de chaos total

 

C'est un des aspects les plus attachants de son œuvre, donner l'impression du chaos, de l'improvisation, du bricolage, de la spontanéité, tout en fignolant chaque plan, chaque séquence. Un technicien à nul autre pareil, un auteur qui ne cherche jamais à imposer son ego à l'écran tout en demeurant unique.


Regarder un film de Tsui Hark, c’est ainsi accepter de se faire essorer. Sa grammaire visuelle est une agression (positive) permanente de la rétine. Il rejette la contemplation au profit d’une frénésie absolue.

Le montage épileptique et l’hyper-cinétisme : Chez Tsui Hark, la caméra ne s’arrête jamais. Plongées, contre-plongées démentielles, objectifs grands angles déformants… Le montage est tellement rapide qu’il défie parfois la logique spatiale, créant un rythme hallucinatoire où le mouvement prime sur le réalisme.

 

 

La révolution du « Wire-fu »

Hark  a modernisé les chorégraphies martiales en abusant des câbles de manière théâtrale et spectaculaire. Ses combattants volent, virevoltent, et transcendent les lois de la gravité, transformant les affrontements en estampes virevoltantes.

 

Le travestissement et les figures féminines fortes :

 

Bien avant que cela ne devienne un cahier des charges hollywoodien, Tsui Hark imposait des héroïnes surpuissantes et androgynes. L’exemple ultime reste Brigitte Lin dans Swordsman II (1992), incarnant L’Invincible Asia, un personnage changeant de sexe au gré de sa puissance martiale.

 

L’obsession technologique :

 

Toujours à l’avant-garde, il est l’un des premiers à intégrer massivement les effets spéciaux numériques (CGI) dans le cinéma hongkongais (Zu Warriors en 2001) et a été l’un des rares à utiliser la 3D avec une véritable intelligence de mise en scène dans les années 2010.
L’Expérience Hollywoodienne. Comme John Woo, Tsui Hark cède aux appels de l’Occident à la fin des années 90, juste avant la rétrocession de Hong Kong. Mais son style frénétique et son absence totale de compromis narratif s’accordent très mal avec les exécutifs américains.

 

Le retour aux sources et l’héritage


Revenu sur ses terres, Tsui Hark frappe fort en l’an 2000 avec Time and Tide, un polar urbain d’une virtuosité technique qui ringardise instantanément tout ce qui se fait en Occident à la même époque. Par la suite, comprenant que l’avenir commercial se trouve en Chine continentale, il adapte son cinéma aux méga-productions sino-hongkongaises.

Un cinéaste marquant pour l'international 

 

S’il navigue aujourd’hui entre les commandes patriotiques (The Taking of Tiger Mountain en 2014) et la fresque fantastique avec la franchise Detective Dee, il reste un expérimentateur acharné, poussant toujours plus loin les limites des effets spéciaux asiatiques. Son influence est gigantesque, particulièrement sur la façon de filmer l’action aérienne et fantastique. Des cinéastes comme Wachowski ou Gore Verbinski lui doivent énormément.

 

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Notre top 3 des films incontournables de Tsui Hark 

 

Once Upon a Time in China (1991)
À la fin du 19ème siècle, le légendaire maître d’arts martiaux Wong Fei-hung affronte les puissances occidentales et les gangs locaux pour protéger son école. 

 Alors qu’il réinvente, en produisant des films pour des tiers, le noir, le wuxia et le fantasy, il garde pour lui le kung fu movie qui revient à la vie avec cette saga luxuriante mené par un Jet Li extraordinaire. Filmant en scope, son format de prédilection, TsuiHark travaille de somptueux plans larges


The Blade (1995)
Un jeune forgeron manchot, consumé par la vengeance, crée une technique de combat à une main inédite pour affronter des bandits sanguinaires. Une relecture crasseuse, sauvage et hystérique du film de sabre.  Une fresque vengeresse hallucinante de rage et de violence. Un film de sabre, chef-d'oeuvre du genre, anxiogène et choc.

Time and Tide (2000)

 


Un jeune barman devient garde du corps et se retrouve pris au piège dans une guerre urbaine entre des mercenaires sud-américains et la police locale. :Oubliez la narration classique : c’est un shoot d’adrénaline pure, un trip visuel incandescent où la caméra défie les lois de la physique urbaine.

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