Baz'art  : Des films, des livres...
2 avril 2012

Jonathan Tropper : un auteur trop.... pareil?

jonathan tropperIl ne faut pas se fier aux apparences : ce n'est pas parce que les auteurs dont je vous parle souvent traitent plutôt de sujets sombres ( dernier exemple Jean Philippe Blondel qui écrit sur le deuil de sa famille) que je n'ai pas parfois envie de livres plus légers, et plus solaires.

Et lorsque j'ai envie de me détendre, je me suis tourné souvent vers un auteur qui n'a pas son pareil pour divertir de façon  légère mais intelligente, : cet auteur c'est Jonathan Tropper dont j'avais absolument adoré son premier roman, publié en France en 2005, et qui avait connu un très beau succès,  Livre de Joe.

Ce livre décrivait avec une verve absolument jubilatoire l'histoire de Joe un écrivain à succès qui revenait dans son bled d’origine pour faire face à son passé et apaiser ses relations avec son père mourant et l’amertume de son frère. Truculent, emballant, ce livre faisait penser parfois  du Woody Allen, dans sa façon de décrire, avec autodérision et beaucoup d'esprit les relations interfamiliales toujours un peu complexes.

Du coup, je n'ai pas hésité à me procurer, dès sa sortie une année plus tard, son second romantout peut arriver Tout peut arriver, qui racontait là les tribulations d'un jeune Yuppie  qui se démenait avec un père fantasque et un frère simple d’esprit. On reconnaissait son ton, et toujours cette façon d'imbriquer relations familiales et réflexions acerbes et toujours hilarantes sur les embuches du quotidien. Le livre ne se démarquait pas énormément du premier, mais cela ne m'a pas embeté, car j'étais heureux de me retrouver en terrain conquis.

Ensuite, son troisième ouvrage, Pertes et fracas narrait les déboires d'un jeune chroniqueur à succès  fait face à son veuvage, à un beau fils qui pourrait être son frère, une soeur jumelle en pleine crise de couple et un père qui perd la boule. Là, je commençais à touver que la recette avait toujours un peu les mêmes ingrédients, et qu'il était peut etre temps de la renouveller, mais tant que le plaisir de la lecture était là , pourquoi le bouder?

Et puis, il y a quelques semaines, j'ai voulu lire en poche le quatrième roman de Jonathan Tropper, C'est ici que l'on se quitte, sorti en 2009 et qui raconte les malheurs d'un type, cocufié par sa femme, et qui doit passer 7 jours chez sa famille complétement déjantée pour suivre les voeux de son père, qui vient de mourir.

Et là, je me suis dit que vraiment, Jonathan,  il fallait quand même sérieusement penser à se renouveller et qu'on ne pouvait passer passer toute sa vie à écrire des romans qui raconte toujours la meme chose. Je sais qu'un auteur se doit d'avoir des thématiques fortes ( Philip Roth et son obsession des petites étudiantes, Nick Hormby avec le rock, Modiano avec les souvenirs d'enfance), mais encore faut il les enrober différement.

Ici, Tropper ne se donne meme pas la peine de trouver un angle un tant soit peu différent, tant et si bien que pendant tout le livre, je me suis demandé si je ne l'avais pas déjà lu, alors que j'ai vérifié, ce n'est pas le cas. Du coup, je n'ai pu m'empecher d'être irrité devant ce talent gaché par paresse ou facilités (en même temps, la recette semble très bien fonctionner, les livres connaissent un grand succès de librairie  chaque fois)

Pour l'instant, aucun livre de Tropper n'est sorti depuis celui là, mais je suis sur qu'aux Etats Unis, il a du nous pondre une histoire où un gugus en proie à des doutes existentiels et devant faire face à sa famille azimutée...

Dans ce cas là ,ca sera sans moi, ce coup ci, mon cher John...

Commentaires
R
Je suis un grand fan, et autant dire que sa plume a su m'inspirer. Je viens de publier mon premier roman, dans les veines de ce que fait Tropper, disponible ici : https://dramaland.wixsite.com/monsite <br /> <br /> <br /> <br /> « Maître dans l’art de la procrastination, James Dickens, infirmier dans un service de psychiatrie au Toronto General Hospital, passe son temps à fuir ses responsabilités. Aujourd’hui, sa vie ressemble à une plaie béante sanguinolente qu’il s’est contenté de panser durant les dix dernières années. Mais à force de repousser l’inévitable, comme cette famille et cette vie passée dont il veut se détacher, James voit ressurgir tout ce qu’il ne souhaitait pas régler avant son trentième anniversaire. Pas de bol, la merde a trois ans d’avance. » <br /> <br /> <br /> <br /> Cordialement <br /> <br /> <br /> <br /> Richard James
Répondre
F
si, si tu n'as pas lu les autres, je pense que ca te plaira...c les lires tous en peu de temps qui pousse à la saturation!!!
Répondre
M
Je n'ai jamais lu Jonathan Tropper, mais j'ai dans ma bibliothèque la version anglaise de "Pertes et fracas" (d'après l'histoire, je crois que c'est celui-là) qui m'attend... Comme je n'ai pas lu les autres, j'espère que ça me plaira ;o)
Répondre
F
@sidonie: tu as commandé tout peut arriver? remarque l'avantage c'est que si tu as aimé les deux premiers, tu ne pourras de détester celui la<br /> <br /> @ptinut: on est donc completement d'accord...oui cela reste très divertissant, je l'accorde<br /> <br /> @yuko: pas forcément sans idée, mais toujours les memes qui tournent en boucle :o) j'ai lu pas mal de receuill de nouvelle de Woody Allen, excellent noveliste aussi mais je suis pas sur d'avoir lu celui la...merci de l'info
Répondre
Y
Aïe, un auteur sans idées devient difficile à suivre ...Puisque tu évoques Woody Allen dans ton article, est-ce que tu connais ses écrits "Le chantier infernal et autres nouvelles" ? Un recueil de nouvelles rempli d'idées :)
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 467 009
31e édition des 𝐑𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐜𝐢𝐧𝐞́𝐦𝐚 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜𝐨𝐩𝐡𝐨𝐧𝐞 𝐞𝐧 𝐁𝐞𝐚𝐮𝐣𝐨𝐥𝐚𝐢𝐬
 
 
 

 

Le festival des 31e Rencontres du cinéma francophone s’annonce, un peu partout en calade et dans le Beaujolais, du 10 au 15 novembre, au cinéma Les 400 Coups Villefranche bien sûr et dans nos 3 cinémas partenaires !

La programmation s’affine mais reste encore confidentielle. Comme chaque année, il y en aura pour tous les âges, avec 8 films en compétition, dont 4 pour le jury lycéen, une proposition de 3 films jeune public et familial qui seront présentés dès le 2 novembre aux scolaires du territoire et beaucoup de temps forts et de belles surprises !

ALUNA FESTIVAL 2027

Après avoir annoncé la venue de Sting, Aluna dévoile la suite de sa programmation 2027 : Orelsan, PLK, Vianney, Lost Frequencies, Suzane, Yann Muller, le collectif “Ensemble !!!”, Manon Lisa et St Graal rejoignent l’affiche. À Ruoms, près des gorges de l’Ardèche, le festival réunit les générations et les univers musicaux dans un cadre singulier : un camping cinq étoiles devenu le berceau d’une aventure musicale portée par tout un territoire.

 

 

 

ARRAS FILM FESTIVAL DU 6 AU   15 NOVEMBRE 2026

ARRAS FILM FESTIVAL DU 6 AU   15 NOVEMBRE 2026

  

 la 27e édition de l'Arras Film Festival  se tiendra du 6 au 15 novembre 2026.

Des avant-premières en présence des équipes de films, des invité.e.s d'honneur (Jean-Pierre Jeunet, Volker Schlöndorff, Yolande Moreau & Gilles Porte);  la compétition européenne;  un focus sur le cinéma belge; les Visions de l'Est; 2 rétrospectives ("Crimes à l'Italienne", avec des films de Pietro Germi, Mario Bava, Dario Argento, Elio Petri ...& "Patron, ouvriers, révolution", pour explorer un siècle de luttes sociales, de colères collectives et d’émancipation ouvrière);
Pas moins de 115 films seront présentés!! 

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
178 abonnés