Baz'art  : Des films, des livres...
7 octobre 2013

3 films de 2013 de grands réalisateurs US rattrapés en DVD

master Ma semaine spéciale des billets groupés est déjà loin derrière moi, et pourtant, vu qu'elle a pas mal marché dans l'ensemble, je me dis que ca serait bête de ne pas continuer sur cette lancée.

Et comme en plus, dernièrement, j'ai eu l'occasion de visionner plusieurs DVD de films que j'avais raté en salles lors de leur sortie au cours du premier semestre de 2013 alors que j'avais bien envie de les voir, je me suis dit que ca serait pas mal d'en regrouper certains dans un seul billet. Et notamment trois d'entre eux, car ce sont tous les trois des films sortis en salles lors du premier semestre 2013.

Et ces trois films ont en commun d'avoir été réalisés par des cinéastes américains reconnus par à peu près tout le monde (du moins chez les cinéphiles) comme de grands cinéastes, aux films souvent consacrés par un grand Festival et qui ont quand même tous les trois au moins un ou deux chefs d'oeuvre dans leurs filmographies.  Et du coup,  si vous voulez savoir ce que je pense de leurs opus 2013 à ces grands cinéastes, je commence tout de go :

1. The Master ( DVD  sortie 15/ 05/2013; Metropolitan Film Exports)

De quoi ca cause THE MASTER  est un portrait d’êtres à la dérive, en quête de sens, dans l’Amérique d’après-guerre. Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui…Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe…

Qui est aux manettes?  : Paul Thomas Anderson (à ne pas confondre avex Paul Ws Anderson, réalisateur de nanars style Résident Evil ou Alien vs Prédator) , ni plus ni moins que le cinéaste rare et ultracélébré un peu partout pour ses films sommes et très ambitieux ( de Boogie Nights à Magniolia mes préférés, en passant par There were be blood, westernmoderne sur le pétrole avec Daniel Day Levis). Pour The Master, il a rçu le prix du Meilleur Réalisateur à Venise et son film, racontant l'ascension d'un chef religieux charismatique dans les années 1950, s'inspirant de la création de l'église de .et  a globalement récolté pas mal de louanges à sa sorties en salles. Une sortie salles la toute première semaine de 2013, devant la durée longue du film ( 2h20), j'ai raté le coche, et le visionnage du DVD test  a été fait cet été à Saint Malo

Et j'en ai pensé quoi?  :  Vendu justement sinon un film sur le début de la scientologie, à défaut  une simple histoire d'emprise d'un gourou sur un disciple, The Master n'est finalement ni l'un ni l'autre, et cette difficulté à la ranger dans une cause qui constitue sa qualité et son défaut en même temps .

On est assez fasciné pendant toute la durée du film, esthétiquement très beau ( soin énorme sur le cadrage, la lumière et la photo) , comportant quelques scènes assez magnifiques, et porté par un duo d'acteurs forcément exceptionnels ( les terribles scènes de face à face sont les vrais morceaux de bravoure du film), mais à l'issue du film, on s'interroge  sur la nature exacte du  propos de Paul Thomas Anderson qui s'avère un peu confus ? Ni vraiment une critique du fonctionnement d'une secte, ni réellement non plus une évocation elliptique du malaise existentiel de la société américaine  d'après guerre, le film ne prend jamais vraiment partie et laisse quelque peu dubitatif.

Le film semble justement tellement soigner la forme avec cette immense  sophistication technique (cadrage, photo, bande-son, décor,...)  qu'on se demande si ce n'est pas volontaire pour masquer le peu de fonds du film.  On aimerait ressentir plus de chair dans les relations entre les personnages, plus de sens dans certaines scènes clés,  mais Paul Thomas Anderson veut tellement éviter le manichéisme et lespassages obligés que du coup, l'émotion reste figée.  Beaucoup de talent pour à l'arrivée un film qui nous échappe et nous laisse circonspect...dommage!!

promised 2 Promised LandEtoile rouge Etoile gris ( sorti le 04/09 chez TF1 Vidéo)

 De quoi ca cause ? : 

Steve Butler, représentant d’un grand groupe énergétique, se rend avec Sue Thomason dans une petite ville de campagne. Les deux collègues sont convaincus qu’à cause de la crise économique qui sévit, les habitants ne pourront pas refuser leur lucrative proposition de forer leurs terres pour exploiter les ressources énergétiques qu’elles renferment. Ce qui s’annonçait comme un jeu d’enfant va pourtant se compliquer lorsqu’un enseignant respecté critique le projet, soutenu par un activiste écologiste qui affronte Steve aussi bien sur le plan professionnel que personnel…

Qui est aux manettes? :

Gus Van Sant, palmé à Cannes pour Elephant, que d'aucuns (mais pas forcément moi) considèrent comme un chef oeuvre ultime,  je vous en ai parlé lors de son précedent film Restless, en faisant remarquer qu'il avait la particularité à Hollywood d'alterner un arty trés difficile d'accès ( Jerry, Last Days) à  des films bien plus commerciaux peuplés de stars  et au scénario  plus balisé ( Will Hunting, joué et écrit par Matt Damon et Ben Afleck ou Harvey Milk, avec Sean Penn dans une grande fresque historique). Ici après un Restless peu apprécié par la critique mais beaucoup par ma pomme, le cinéaste reste dans un cinéma accessible et plutot mainstream en abordant le genre du film dossier  avec une intrigue qui veut nous parler des dangers du gaz de schiste, un film que j'aurais pu voir en salles plusieurs fois, mais dont j'ai finalement préféré attendre la sortie vidéo.

Et j'en ai pensé quoi? :

Un film dossier sur les méthodes dont use un grand groupe d'exploitation de l'énergie pour parvenir à ses fins, à savoir forer sans vergogne les terres d'un coin perdu de l'Amérique afin d'y puiser du gaz de schiste, ca a de quoi faire un peu peur. On peut craindre le film déja vu,  manicheen,  avec les méchants industriels d'un coté et les gentils écolos de l'autre.


Mais  heureusement, Gus Van Sant dépasse très vite le simple  film de dénonciation, ne serait ce que parce que l'intrigue est vue du coté des supposés méchants, des êtres honnêtes qui tentent de faire du mieux possible leurs boulots.  Steve et Sue ( belles scènes de  complicité  entre Matt Damond et Frances Mac Dormand) sont de vrais et beaux  personnages qui ne sont pas seulement les porte-paroles d'une idée, mais bien des êtres de chair que l'on prend plaisir à accompagner dans leurs déambulations et dans leurs questionnements, d'autant plus que Steve,ancien enfant de la campagne, voit ces certitudes ébranlées sans que cela ne soit lourdement démontré. A la fin du film, rien ne sera ni tout blanc ni tout noir, et ce souci de la nuance est assez rare dans le cinéma hollywoodien.

 Par ailleurs Gus Van Sant montre un vrai talent à filmer l'Amérique dite profonde, loin des grandes aglomérations, une facon de la peindre  sans fioriture, mais avec une vraie sincérité et une vraie sensibilité. Une bien belle surprise!!

 

dvd-effets-secondaires3. Effets secondaires ( DVD sorti le 17/09 chez ARP) :

De quoi ca parle :

Jon Banks est un psychiatre ambitieux. Quand une jeune femme, Emilie, le consulte pour dépression, il lui prescrit un nouveau médicament. Lorsque la police trouve Emilie couverte de sang, un couteau à la main, le cadavre de son mari à ses pieds, sans aucun souvenir de ce qui s'est passé, la réputation du docteur Banks est compromise

Qui est aux manettes?

Steven Soderbergh, plus jeune réalisateur palmé à Cannes avec son premier long sexe, mensonges et video est un vrai  stakhavonniste du cinéma américain qui a sorti sur nos écrans, 5 films en 2 ans, de Contagion à Ma Vie avec Liberace, sorti en salles il y a 15 jours ( dont je pense vous parler bientôt) et qui pourrait, si on le croit être son tout dernier film. Comme Gus Van Sant, il alterne avec une certaine maestria films commerçiaux avec stars et projets plus personels, voire experimentaux. 

Quelques mois après un Magic Mike tout à fait séduisant, le nouveau Soderbergh, sorti en avril dernier est un thriller machiavélique, sous fond de charge contre l'industrie pharmaceutique; un film, qui dans l'ensemble a séduit et critiques et grand public, et que j'avais  hate de rattraper en DVD.

Et j'en ai pensé quoi?

Là aussi, on pouvait craindre un film à charge contre les dérives de la surconsommation d'antidépresseurs et le jeu vicieux mené par les industries pharmaceutiques.  Et si le film aborde effectivement ce sujet, ce n'est jamais sous l'angle du film à thèse, puisque le but de Soderbergh est de nous perdre sur des chemins à chaque fois différents.

Car Effets secondaires commence comme une chronique minutieuse et assez fascinante de la dépression et des bienfaits de la thérapie. Puis, le film se transforme en une dénonciation des pratiques des multinationales pharmaceutique, cette première demi heure est assez éblouissante, et la mise en scène racée, super classe, aux images bien léchées  de maitre Soderbergh nous mène sur des chemins  où on ne l'attend pas.


Usant de plans serrés sur les acteurs, on n'a d'yeux que pour la fantastique Rooney Mara, que je ne connaissais pas encore, et qui est ici saisissante de vérité et de désespoir dans son interprétation.

A mi parcours, le film quitte ces rives là pour aller du coté du thriller cérébral, et basé sur la manipulation du spectacteur. Si l'intrigue, machiavélique a souhait est toujours parfaitement tenu, on peut un peu regretter, cette  "finalité thriller"  un peu plus attendue, avec coup de théâtre obligatoire  dans les 10 dernières minutes, même si force est de reconnaitre que ce coté thriller reste quand même diablement efficace. Un (très) bon cru Soderbergh, dans la lignée de Magic Mike, en esperant la passe de 3 avec Liberace...


Dans l'ensemble, malgré mes réserves, surtout sur The Master, trois films de bonne, voire d'excellente tenue qui montre que ces grands cinéastes n'ont pas perdu leur maestria.

En revanche, au niveau de leur édition DVD, notons qu'il n'y pas grand chose à se mettre sous la dent niveau bonus, c'est très très maigre ( surtout pour Promised Land ou effets secondaires) avec aucune itw des réalisateurs...dommage que ces bons films ne soient pas plus mis en valeur lors de leur sorties DVD!!

Commentaires
B
ah cinéphile comme tu es j'imagine que la programmation de tes deux cinéma te frustrent quand même pas mal je pense...après impossible de tout rattraper en DVD!! bisous Potz..
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P
Je n'ai vu aucun des 3. Je me souviens que mon ciné de quartier n'avait programmé The Master que sur 6 séances ! Du pur délire :( Il faudra que je pense à les louer parce que j'avais envie de tous les voir.<br /> <br /> Merci pour ton avis filou.
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A
Je n'ai vu que le 1er, au ciné, et si j'ai adoré la prestation des acteurs, j'ai trouvé le film assez plat, lent et ennuyeux ...<br /> <br /> Je verrais bien Promised Land aussi !
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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

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mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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