Baz'art  : Des films, des livres...
28 octobre 2013

A La merveille : Une merveille (uniquement) visuelle...

 à la merveilleJe compte vous en parler très prochainement, mais ceux qui me suivent sur Facebook sont déjà au courant : depuis une quinzaine de jours, j'ai franchi le clan des irréductibles cinéphiles, depuis exactement le jour où ma compagne m'a fait la surprise de m'offrir un lecteur Blu Ray sur lequel je commençais à sérieusement loucher dessus.

Et comme Nico de Cinétrafic,  qui gère l'opération Un DVD contre une chronique sur Cinétrafic, suit  régulièrement ma page Facebook, il a très sympathiquement transformé mes demandes de DVD en Blu Ray (du coup l'opération devrait s'appeller un Blu Ray contre une chronique, non?)...

Et c'est ainsi que le tout premier Blu Ray que je puis mettre dans mon lecteur fut le film que j'avais placé en première position dans ma liste de souhaits, à savoir le dernier film de l'immense Terence Malick, A La Merveille,édité en DVD et donc également en Blu-Ray depuis le 2 octobre dernier par la mythique Metropolitan Filmexport.

 

C'est un film que je voulais absolument voir à sa sortie, et que j'avais d'ailleurs mis en très bonne place dans une nouvelle liste, celle des 10 films les plus attendus de 2013 (je m'aperçois d'ailleurs que je les ai tous vus, à part "The Immigrant",LE James Gray, pas encore sorti, et l'Ecume des Jours qui me branche finalement pas beaucoup).

Comme je le disais dans ce billet prévisionnel, j'ai toujours trouvé que les films de Terence Malick valaient bien plus par la beauté des images et de sa mise en scène que par le scénario et les thèmes qu'il abordait et qui n'étaient pas forcément ceux qui me sont proches. Et d'ailleurs, bien que celui ci ait eu la Palme D'or et qu'en général, je ne rate pas les films palmés de l'année, j'avais boudé Tree Of live, un peu craintif devant le délire mystico philosophique que certains déploraient.

Mais je fondais énormément d'espoir sur ce "A La merveille", parce que je me disais qu'en filmant avec sa virtuosité légendaire une histoire d'amour passionnée et déchirante,  ce qui est le premier   film d'amour  de Malick pourrait bien être ce qu'a a été pour moi Two Lovers de 2008 ( petit exercice, citons le plus possible James Gray par mois :o), un film incontestable et déchirant sur ce sujet oh combien eternel qu'est la passion amoureuse.

  Et puis je me disais aussi avant vision du film que la puissance esthétique  du maitre Malick était idéale  afin de  me convaincre  de définitivement de  la supériorité des qualités visuelles du Blu Ray sur le DVD...Bref, tout était fait pour que ce "A La Merveille" soit placée tout en haut de mes e mes merveilles de 2013...

Alors, pour ceux qui me connaissent un peu, vous vous doutez qu'en présentant ainsi le contexte, les choses ne se sont pas exactement présentées ainsi.

 

a-la-merveille-8

Ben Afleck et Rachel Mac Adams font front commun

De ce fait, commençons, si vous le voulez bien par les choses positives, et notamment sur le dernier argument que j'ai pu développer en faveur du film. Je n'ai bien sur pas pu comparer avec le DVD (Cinétrafic ne me l'a pas envoyé, et euh, de toute facon pas sur du tout que j'ai le courage de revoir le film à la suite en DVD cette fois ci)  mais il est incontestable que l'image du Blu Ray de "To The Wonder" ( A La merveille en vo) est une pure merveille. Que ce soit par la qualité du moindre détail, la parfaite restitution des couleurs ou des contrastes, l'ensemble est un ravissement de chaque instant, et évidemment met parfaitement en valeur la mise en scène  de Malick ,et encore plus particulièrement la perfection de la photographie, A la merveille (qui fait aussi allusion au surnom du Mont Saint-Michel où les deux héros ont vécu l'acmé de leur passion)  est donc un plaisir visuel de tous les instants.

Si je veux rester sur un plan purement technique, je dirais qu'en revanche, j'ai été déçu par les potentialités sonores du Blu Ray, avec visiblement un gros problème de mixage : alors même si je ne peux mettre le son trop fort, parce qu'ai des marmots, qui pioncent juste dans la pièce d'à coté, j'ai eu beaucoup de mal à entendre les voix et si je montais un peu trop fort le son,  c'était les pistes musicales qui hurlaient, donc la balance n'était vraiment pas ça...

Est ce du à ce Blu Ray précisemment ou bien à mon lecteur? Trop tôt pour le dire... Ce qui est certain, c'est que je me suis dit que ce que j'aurais du faire, c'est finalement de voir le film sans le son, En effet, A la Merveille, comme les autres films de Malick se veut être entre le poème et la prière, et du coup, le fond ne présente pas énormément d'importance, seule importent les qualités formelles et les émotions qu'elle nous fassent ressentir en nous.

Sauf que je suis peut-être chiant (si si, vous pouvez le penser), mais personnellement, j'ai vraiment besoin que l'oeuvre, aussi belle soit elle, fasse sens, car si j'ai l'impression que tout ce qui se déroule devant mes yeux n'a pas de réelle signification, le procédé va vite me lasser. Et c'est ce qui m'est rapidement arrivé avec ce "A La merveille"...

Passées disons les 20 premières minutes où j'ai été  envouté et emporté par la beauté des images, j'ai commencé à m'agacer devant cette absence cruelle de fond, car cette très vague réflexion sur l'amour, avec en toile de fond un questionnement mystique assez incompréhensible, représenté par l'excellent Javier Bardem qu'on a jamais vu aussi perdu, m'a paru très vite insignifiante, pour ne pas dire complètement ridicule et consternante. 

Car le film nous noie très vite sous une overdose de voix off ( j'adore généralement les voix off au cinéma, mais là, Malick m'en a presque dégouté à jamais), égrenant une litanie de questions opaques et prétentieuses, demeurées  jusqu' au bout du film sans réponse. La voix off ânonnée et récitée de la magnifique mais pas très bonne actrice Olga Kurylenko empêche de croire ne serait ce qu'un moment à ses déchirement et tourments intérieurs.

L'autre problème du film est que la caméra de Malick nous place toujours dans un rapport très particulier aux personnages, qui nous rend complètement  détachés et extérieur à ce qu'ils traversent.. Or, comme ils sont déjà décrits de façon très elliptique, on finit par s’en désintéresser totalement.

Encore une fois, le lyrisme de Malick ,qui pourrait me séduire de prime abord car je suis plutôt client au départ, vire bien trop vite à  de l'esbroufe et de la grandiloquence,  et surtout, le film donne le terrible sentiment de tourner  complètement à vide,  de virer à l'artifice, et pire d'enfoncer des portes ouvertes avec ces questionnements qui, lorsqu'on les comprend,  frappent par leur inanité et leur mièvrerie ( et pourtant je suis cucul comme garçon).

 

a-la-merveille-5

Les acteurs dans les bonus du film nous racontent qu'ils ne connaissaient rien au scénario en tournant le film et que le cinéaste a choisi au montage uniquement les centaines d'heure de rush qu'il allait tourner,  et cela se ressent énormément dans le jeu des acteurs (le pauvre Ben Affleck semble se demander ce qu'il fait là pendant tout le film) et dans la dramaturgie du film, totalement absente du reste.

Manquant de chair et de souffle épique, "À la merveille" vire bien trop vite au pensum indigeste et non pas au magnifique film romantique que j'aurais aimé qu'il soit.

Pour résumer, disons que le film m'a subjugué dans les 20 premières minutes, contrarié les 25 suivantes, bien ennuyé la demi heure d'après puis fait souffler d'exaspération la dernière demi heure ( le film dure 1h55, le compte devrait y être:o))... .

Pas sur que Malick, qui a prévu désormais d'accélerer ses rythmes de tournage ( lui qui a mis 20 ans entre Les Moissons du Ciel et la Ligne Rouge) me donne envie de retenter l'éxperience de son cinéma, avec ou sans mon nouvel ami, j'ai nommé le lecteur Blu Ray!!

 


 Côté bonus, le meilleur est certainement l''entretien avec Olga Kurylenko qui s'exprime dans un français parfait et qui du coup nous donne des indications sur son personnage qu'on aurait bien aimé voir à l'écran. A noter que dans le making off, l'absence totale du cinéaste qui continue d'entretenir le mythe!!

 

Commentaires
I
Je réponds un peu tard...<br /> <br /> Mais si, l'oeuvre fait sens, et même s'intègre avec une infinie continuité dans le sens de toute l'oeuvre de Malick, tout en en révélant, comme pour le précédent film, de nouvelles facettes (et du coup les précédents films prennent de nouveaux reflets, qui étaient déjà présents mais que nous ne voyions pas et que le film révèle)<br /> <br /> <br /> <br /> Il y a de si innombrables mais discrètes et intelligentes références, que c'est peut-être, quoiqu'on en dise, un de ses meilleurs films.. C'est d'ailleurs un film meilleur à chaque vision, comme tous les grands films.. Je m'arrête là, je pourrais détailler mais je crains d'en écrire un pavé...
Répondre
P
Ben Affleck semble se demander ce qu'il fait là mais c'est comme ça dans tous ses films, non ??? Rooohhh, je suis méchante avec Benny ;) Je n'ai pas vu cette merveille qui n'en est pas vraiment une et je ne le regrette pas du tout ! <br /> <br /> Merci pour cette belle chronique filou, bonne soirée !
Répondre
C
Et bien alors que j'avais détesté The Tree of life, celui là m'a vraiment emballé. Visuellement mais pas que. La poésie des images, les relations complexes de couple, j'ai trouvé qu'il ne manquait pas autant de fond que j'aurai pu le penser!
Répondre
I
Pour faire court : je suis entièrement d'accord avec vous ! Et pourtant moi aussi, c'était un de mes films les plus attendus de 2013, et j'ai bien été le voir au cinéma à sa sortie...
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 367 386
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
171 abonnés