Baz'art  : Des films, des livres...
30 janvier 2014

Fruitvale station: un premier film choc et bouleversant!!

fruitvale-station-main-thumb-630xauto-40129

Fruitvale station, sorti le 1er jour de cette année 2014 (histoire de faire coiencider sa sortie avec l'histoire qui se déroule aussi un 1er janvier),  a connu un peu, du moins dans ses prémisses, la même destinée que les bêtes du Sud  sauvages avait connu l'an passé.

Récompensé à Sundance  en début 2013 par un Grand Prix du Jury, Fruitvale Station  a fait ensuite sensation à la section Un Certain Regard lors du dernier Festival de Cannes, exactement comme bêtes du Sud sauvages. Et comme ce dernier, Fruitvale station, est également un premier long  réalisé par un jeune metteur en scène américain ( celui de Fruitvale station , Ryan Coogler, n'a que 27 ans), et traitant d'une communauté afro américaine.

Hélas, les similitudes s'arretent là concernant les destinées de ce film, notamment par rapport à leurs sorties françaises. Si le film de Benh Zeitlin a connu un bien beau succès public et critique à sa sortie en décembre 2012, Fruitvale station malheureusement n'a pas vraiment convaincu les critiques qui ont trouvé souvent le film trop larmoyant et racoleur, et pas plus le public qui l'a largement boudé dans les salles ( on était 3 à la séance à laquelle je l'ai vu, une semaine après sa sortie).

Et pourtant, alors que je n'ai pas forcément toujours envie de ne pas faire comme les autres, j'avoue avoir été plus séduit par ce Fruitvale station que par les bêtes du Sud Sauvage, qui, personnellement m'avait un peu ennuyé ( voir chronique ici même).

En effet, pour moi ce Fruitvale station  a été mon  premier vrai choc émotionnel cinématographique de ce début d'année 2014 ( j'en ai eu un ou deux autres depuis, j'espère vous en reparler rapidement) une vraie pépite de cinéma à la fois en prise avec le réel et avec un vrai langage cinématographique digne de ce nom.

 Vous le savez peut-être, Fruitvale station reprend un fait d'hiver qui avait fait sensation aux USA, notamment en entrainant pas mal d'émeutes protestant contre cette effarante bavure policière survenue aux petites heures du 1er janvier de l'année 2009, dans une station de métro de San Francisco. Oscar Grant est victime d’une balle tirée par un agent de police et il y succombera quelques heures plus tard.

 

" Fruitvale Station" retrace en effet les dernières heures de la vie du jeune homme de 22 ans. Le cinéaste choisit donc ne suivre qu'un seul protagoniste de l'histoire,  cet Oscar Grant,en le suivant au début du film, et 24 heures seulement avant sa fin tragique. Alertés dès le début du film de cette fin tragique qui l'attend, sans que l'on ne sache précisemment ce qui se passera dans les détails, on assiste ainsi de manière impuissante à l’enchaînement des événements plus ou moins anodins (des achats de crabes dans un supermarché, une fête de famille,  une dispute avec sa copine, des jeux avec sa fille, un deal de shit avorté...) menant au drame, et ce compte à rebours vers une mort annoncée rend les élements de l'intrigue, même les plus anodins, vraiment passionnants à suivre, sous la caméra alerte et rythmée de ce si jeune et si épatant Ryan Coogler.

Car  Ryan Coogler maintient ses personnages dans un cercle routinier, afin de faire de la scène finale un véritable uppercut final qui laissera KO le spectacteur, mêmesi on l'avait préalablement anticipé.

La caméra de Coogler laisse ainsi toute sa place aux différents sentiments que ressentiront les protagonistes du drame ( crainte, angoisse, espoir, solidarité), laissant une vraie empathie s'immiscer chez le spectateur(du moins les sensibles comme moi :o).

Certains choix de mise en scène ( tels que les SMS s’affichant directement sur l’écran) amplifient l’aspect humaniste de la réalisation de Coogler, et nous rendent encore plus complice de ces personnages. Une complicité d'autant plus facile à mettre en place que les acteurs sont irréprochables, la prestation de  son acteur Michael B. Jordan (qui avait notamment joué dans Chronicle que je n'ai pas vu)  est vraiment ébouriffante. Apparaissant dans chaque plan, avec la caméra qui ne le lache pas d'une semelle, il redonne une seconde vie au véritable Oscar Grant, présenté comme un jeune homme  au parcours peu sinueux,  mais ayant quand même la volonté de repartir du bon pied.

Alors, bien sûr, on pourra toujours chipoter et trouver un peu facile que Oscar Grant  est un peu canonisé, et qu'il décide justement de prendre la décision revenir sur le droit chemin quelques heures avant sa mort. On  imagine que la réalité était un peu différente,  et que l'homme était surement plus vicieux, mais on accepte parfaitement  ce parti pris assez romanesque, qui rend forcément plus attachante la destinée de ce jeune homme.
Car en vertu de cette part d'humanité primordiale à tout bon film social, Fruitvale station est un film qui revendique sa vertu militante mais qui évite le côté froid et didactique des films à thèse pour prvilégier l'émotion, et ce pari est complétement réussi.

Fruitvale Station constitue donc  une poignante expérience et  assurément un premier film prometteur pour Ryan Coogler,  qui a annoncé avoir été bouleversé à l’annonce du fait divers qui l’a inspiré et qui arrive parfaitement à nous communiquer cette émotion à travers cet excellent premier long métrage.
Commentaires
C
On est d'accord et je suis surprise que le film n'ait pas si bien marché, quel dommage et en dehors de l'histoire et du traitement, la mise en scène est vraiment chouette... Les bêtes du sud sauvage je l'ai vu en DVD et non au ciné mais pareil je me suis ennuyée au bout de 40mn de film...
Répondre
C
On est d'accord et je suis surprise que le film n'ait pas si bien marché, quel dommage et en dehors de l'histoire et du traitement, la mise en scène est vraiment chouette... Les bêtes du sud sauvage je l'ai vu en DVD et non au ciné mais pareil je me suis ennuyée au bout de 40mn de film...
Répondre
B
oui moi c'est pas qu'il fasse des trucs du quotidien qui me gène un peu ( surtout que chez les frères Dardenne que les critiques adorent, on en voit encore plus des actions totalement anodines), mais plutot qu'il décide de prendre une voie plus légale juste la veille de sa moert...je ne pense pas que la réalité soit ainsi mais tant pis c'est du cinoche :o) décidement on est finalement bien nombreux pour les betes je pensais être tout seul!! :o)
Répondre
A
J'ai été surprise par ce film, je l'ai beaucoup aimé et je ne suis pas d'accord ac les critiques qui le trouvent inintéressant sous pretexte qu'oscar grant n'a pas fait des trucs de dingue le jour de sa mort, je trouve justement dans le quotidien la puissance du message, car on sait tous qu'il va mourir.<br /> <br /> <br /> <br /> Alors par contre les bêtes du sud sauvage, j'ai vraiment pas accroché ..!!
Répondre
R
Bonjour, encore un film qui a été difficile à voir étant diffusé très peu. J'ai réussi à le voir lundi c'est bien récent donc et mes émotions sont encore là de plus je ne connaissais pas la fin. J'ai beaucoup aimé la réalisation bien faite à mon goût et il était beaucoup moins "longuet" que les bêtes du sud sauvage. Bref un bon moment de cinéma.
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 401 837
Slough Motion : FESTIVAL INTERNATIONAL DU COURT-MÉTRAGE

22 au 26 septembre 2026 à Lyon.

LE COURT-MÉTRAGE RETROUVE SON GRAND RENDEZ-VOUS À LYON.Du 22 au 26 septembre 2026, Slough Motion investira les cinémas UGC de Lyon pour cinq jours consacrés au cinéma court, à celles et ceux qui le créent et à celles et ceux qui le découvrent.Des films venus de France et du monde entier.

Des cinéastes, des artistes, des professionnels et de nouveaux regards.

Une ambition : faire découvrir aujourd'hui les voix qui feront le cinéma de demain.

 

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar

Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants.

 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

Le festival rendra hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
173 abonnés