Baz'art  : Des films, des livres...
3 avril 2015

Olivier Adam au cinéma et en livre : des hauts...et des moins hauts!!.

Il y a environ deux ans, j'avais dit à quel point je considérais le romancier Olivier Adam  comme un des tous meilleurs romanciers français, si ce n'est le meilleur, en activité.

Certes, ses bouquins ne figurent pas parmi les plus gais de la littérature française (doux euphémisme), mais le fait est que j'apprécie beaucoup sa plume,  située quelque part entre lyrisme romantique et noirceur de l'âme, avec toujours en moteur principal des personnages souvent complètement paumés qui cherchent leur place dans une société en chute libre, a ce don incroyable pour rendre les choses de la vie quotidienne d'une grande beauté, parfois d'une profonde tristesse ou mélancolie. 

Adam possède avant tout ce don incroyable pour rendre les choses de la vie quotidienne d'une grande beauté, parfois d'une profonde tristesse ou mélancolie. Ils sont parfois sonnés, écorchés par la vie et pourtant ils sont tous d'une incroyable force. Et cette façon de sonder l'intimité de ces personnages à travers leurs difficultés à trouver leurs places socialement m'a souvent complétement épaté. La lecture du dernier roman en date de l'auteur et la vision en DVD d'un film tiré d'une de ses nouvelles ont malheureusement fait un peu modifié cette perception que j'ai de l'auteur...

1. Passer l'hiver : quand une jeune cinéaste adapte-trop mollement- la prose d'Adam

passer-lhiver-packshotLes personnages d'Adam , encore plus écorchés par la vie que ceux qu'on voit d'habitude, sont en même temps tous animés d'une  force assez incroyables, et en ce sens, peuvent constituer d'excellents personnages de cinéma.

 D'ailleurs les cinéastes ne se sont pas trompés, tant, entre Philippe Lioret (Je vais bien ne t'en fais pas) et Jalil Lespert ( Des vents contraires), en passant par Jean Pierre Améris ("Poids Léger "ou "Maman est folle" pour la TV), de bons réalisateurs français ont eu envie d'adapter à leur manière la prose énergique et désespérée en même temps d'Olivier Adam.

Dernier exemple en date avec la jeune cinéaste Aurélia Barbet, qui pour son premier long métrage,  Passer l'hiver,  a librement adapté  Nouvel An, une nouvelle d'Olivier Adam tiré de son recueil de nouvelles justement intitulé Passer l'hiver.

Ce film, que  j'ai pu voir en DVD grâce à Ciné Trafic et son opération un dvd contre une chronique  (il est sorti le 6 janvier dernier chez Shellac distribution)  emprunte donc la trame de cette nouvelle, l'histoire d'une  caissière d'une station service vissée à sa caisse un soir de jour de l'an, du moins part de ces  personnages usés par la vie, et  en quête d'eux mêmes.

 Etonnament, le fillm de Barbet s'inspire aussi - pour le personnage de Gabrielle Lazure et de l'épreuve qu'elle a traversé du  magnifique roman d'Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne.

Malheureusement ce mélange entre   deux univers littéraires assez différents pour un même personnage ne marche pas très bien, et contrairement au roman d'Adam, les personnages n'existent pas vraiment, faute de chair et d'incarnation.

 passer_l_hiver_photo_1-d0885Ce n'est pas la faute des actrices , la trop rare Gabrielle Lazure et la jeune Lolita Chammah étant plutot convaincantes, mais plutot  la faute d'un excès de non dit  et de scènes sans dialogues,  qui rend le long métrage un peu indigeste et trop lourdement démonstratif.

Du coup, malgré la courte durée du film (1h20), "Passer l'hiver" peine à interesser le spectateur qui a beaucoup de mal à vraiment se passionner au destin de ses personnages.

Dommage car, en quelques scènes, la jeune cinéaste faisait montre d'un vrai talent  pour planter  un décor ( la station service de nuit existe bien ) et instaurer une ambiance. Visiblement, Aurélia Barbet ,venue des courts métrages ( d'ailleurs plutot intéressants et présents dans les bonus du DVD) est plus à l'aise pour le format court que pour faire tenir une intrigue sur la longueur, mais sans doute est ce un défaut qui se corrigera si la réalisatrice a la chance d'en faire d'autres...

"PASSER L'HIVER"

2. Peine Perdue, quand Olivier Adam s'essaie au roman choral

 

peine-perdue

Et peut-être qu'un( ou une) autre cinéaste adaptera aussi "Peine Perdue", son dernier roman à ce jour,  publié  à la rentrée dernière  chez Flammarion et que j'ai lu à la fin de l'année dernière ?

Il est trop tôt pour le dire, ce qui est sur c'est qu'avec ce nouveau roman, olivier Adam opère un petit changement de braquet. En effet, délaissant la Bretagne, décor habituel de ses romans,  pour la cote d'Azur, il en profite également pour livrer un roman plein d'ambition pour se décentrer sur  22 personnages différents, et non plus un seul ( souvent son double inversé) comme il le faisait jusqu'à présent.

C’est à vingt-deux personnages, hommes et femmes, jeunes – pour la plupart – ou plus âgés qu’il donne la parole dans un roman choral où chaque chapitre illustre, éclaire le mystère qui agite la petite station balnéaire de la côte méditerranéenne où tout se déroule.

L'intrigue se concentre sur les vies gâchées ou rêvées de ces 22 personnalités. Un roman puzzle qui recompose la vie de ses personnages vus à travers le regard des autres.

Une perception intéressante qui pourrait paraitre  inégale et pas toujours très crédible (manque de nuance et de palettes différentes dans la vision de ces personnalités radicalement différentes), et le portrait du riche mafieux du est dépeint  de façon caricaturale. Peine perdue a beau agacer  un peu par sa tendance à amplifier la détresse des existences, il ne se lâche pas pour autant facilement. 

Il faut dire que le livre est parfaitement construit, car chaque chapitre répond à l'un ou plusieurs des précédents et fait avancer l'intrigue avec souplesse, comme dans les films d'Altman ou d'Inarritu, les références du genre.

Bref, "Peine perdue "n'est pas vraiment le meilleur livre de son auteur, mais reste quand même un roman solide, très bien foutu qui une nouvelle fois peut parfaitement expliquer pourquoi Adam séduit autant les cinéastes et les scénaristes en mal d'inspiration.

Commentaires
M
D'Olivier Adam, je n'ai encore lu que Falaises mais je compte bien y remédier...<br /> <br /> Concernant Passer l'hiver, j'en retiens surtout la composition de Gabrielle Lazure.
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S
Bonjour, je te rejoins lorsque tu écris qu'Olivier Adam est l'une des meilleures plumes françaises actuelles. Je range parmi les tous meilleurs romans que j'ai pu lire, Des vents contraires. On n'est pas loin du chef-d’œuvre, tant c'est fort et bien écrit.
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LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

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