Baz'art  : Des films, des livres...
10 mai 2015

Une femme iranienne : l'autre film iranien du moment

femme iranienne

Même s'il a été réalisé quelques années avant le film de Jafar Panahi "Taxi téhéran",  sa sortie- et son beau succès critique- un mois après risque de faire de l'ombre à "Une femme iranienne",  beau film de la réalisatrice Negar Azarbayjani qui sort mercredi prochain et dont j'aimerais parler dans mon avant première du dimanche soir. 

Ce film, qui a été diffusé sur Lyon lors du dernier festival Ecrans Mixtes, est distribué par l'excellente société de distribution Outplay films (éditeur aussi de la superbe série suédoise Snö dont je vous reparle prochainement) raconte l’histoire, qui se situe dans l’Iran actuel, d’une rencontre et d’une amitié entre une mère et épouse « traditionnelle »  et Eddie, un garçon trans qui attend désespérément son passeport pour quitter le pays.

 femmeira

Personnellement, j'ai vu le film quelques jours à peine après "Taxi Téhéran" et je n'ai pu m'empêcher de comparer les deux longs métrages, ne serait ce que parce que au début de ce femme iranienne on voit une femme conduire un taxi dans les rues de Téhéran  (on peut se dire que la voiture, comme dernier rempart contre les atteintes sociétales  sert de procédé narratif  idéal, dans le cinéma iranien).

Cette femme  chauffeur de taxi, c'est Rana, jeune mariée qui va être obligée de devenir conductrice de taxi pour rembourser les dettes de son époux emprisonné, et qui ainsi faire la rencontre, totalement par hasard, de ce Eddie, qui n'est autre qu' une fille Adineh (incarnée par la charismatique et impressionnante Shayesteh Irani qu’on avait déjà pu remarquer chez Panahi dans Hors jeu, cqfd), en attente d'un passeport pour pouvoir quitter l'Iran et se faire opérer pour devenir un homme, ce que sa famille, très riche, et adepte des convenances, n'admet évidemment pas.

iran

Car s'il n'est déjà pas facile pour les  des personnes transgenre de se faire accepter dans n'importe quelle société, on imagine bien que cette question est encore plus douloureuse en Iran, pays où la condition de la femme prête à débats.

"Une femme iranienne" a donc l'immense mérite de suivre le parcours de deux personnages plutot hors normes dans la société iranienne, et interroge  la peur de la différence et des conventions sociales, très fortes dans ce pays, et qui est à la source d'une grande majorité de discriminations, raciales, religieuses ou sexuelles. On pense un peu sur la même trame au film "Noor", un film pakistanais sorti l'année dernière.

 Un film qui présente avec douceur la difficulté de poser la question du « genre » en Iran, en osant  la rencontre  forcément fragile et pleine d'incompréhension d’une femme traditionnelle indépendante avec celle d’une frondeuse,  ancrée dans la réalité sociologique iranienne, une relation qui aboutira à une très belle relation d'amitié.

 Porté par deux interprètes formidable, ce film, en dépit de quelques maladresses dans l'écriture et un léger manque de rythme dans la mise en scène, touche par sa sensibilité et son humanité, et à la fin de ce beau voyage, on est heureux d'avoir fait la rencontre de ces deux êtres à la fois ordinaires et hors du commun.

Ce  film iranien devrait sortir sur une trentaine d'écrans  de cinéma français, il n'y a donc pas de raison pour que vous passiez à coté dès mercredi prochain en salles, et ce, en dépit du début du festival de Cannes qui risque de tout écraser sur son passage.

 Bande-annonce : Une Femme Iranienne - VOST

Commentaires
A
Ce film est noté pour jeudi, car de toute façon il pleut et outre les cartons, un ciné pour voir "Une femme Iranienne" me parait totalement approprié !<br /> <br /> Merci pr ton avis !
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 254 320

 

Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
169 abonnés