Baz'art  : Des films, des livres...
5 janvier 2016

L'épatante Sophie Divry en deux livres..

 

divry_sophie

Petit jeu de mot foireux pour vous parler d'une romancière dont nous avons lu deux romans coup sur coup: non Sophie n'est pas d'Ivry en région parisienne mais de Lyon, et c'est pour cela en premier lieu qu'on a bien envie de la défendre et aussi et surtout car c'est une romancière prometteuse qui parvient à insuffler une certaine poésie dans son univers qui pourrait sembler un peu banal en premier lieu.

1. Quand le diable sortit de la salle de Bain- Notabilia

9782882503848-4af1c

" Déguster un café, quand on est chômeur, cela devient une occupation sérieuse. Dans un bar, on peut lire le journal, écouter les conversations, regarder travailler les serveurs, suivre la moitié audible d’une dispute au téléphone portable..et se sentir, par ces saynètes, participer à un corps social vivant".

  Foutraque, déjanté, Quand le diable sortit de la salle de bain, son dernier roman en date publié à la dernière rentréé littéraire,  nous plonge dans la peau de Sophie, une jeune chômeuse qui tente très difficilement de joindre les deux bouts.

Une chômeuse, romancière en devenir, en certitude d'écriture mais il reste à convaincre un éditeur et à vaincre la page blanche et la famille peu convaincue....

Ce qu'on aime dans le roman de Sophie Divry,  c’est cet espèce d’humour du désespoir, un peu à la Woody Allen. La vie de Sophie n’est pas franchement rose : elle a faim, elle a froid dans son petit studio mal chauffé, elle vivote comme elle peut et arrive à garder sa capacité à rire de tout cela.

Le roman dit aussi très bien cette honte d’être pauvre et cette fierté à ne rien dire sur la gravité de la situation pour garder la tête haute. L’angoisse vous ronge mais pas question de la partager et de se prendre en pleine face la pitié des autres. Divry parvient aisément à peindre le portrait de cette génération sur-diplômée qui paie au prix fort les rêves auxquels elle n'a pas envie de renoncer.

On regrette un peu un excès d'effets de rhétorique à travers des   digressions, ses figures de style, ses longues énumérations dont l'auteur semble abuser, cassant un peu le rythme et l'énergie d'un récit qui reste assez singulier et divertissant à la fois.

 2. La condition pavillionaire, J'ai lu 

condition pavillonaire

 « Tu pouvais bien lutter ; tu pouvais acheter des crèmes anti-âge, aller plus souvent chez le coiffeur, nager, partir en voyage, cet engourdissement triste te reprenait toujours, désagréable et tenace comme une odeur de frigo dont on n’arrive pas à se débarrasser."

Changement de tonalité pour ce roman écrit quelques années auparavant et beaucoup plus sombre, voire désespéré, qui prouve la capacité de l'auteur à se renouveller et proposer un univers différent et tout autant, voire même plus convaincant.

"La condition pavillonnaire" relate la vie d’une femme depuis son enfance jusqu’à sa mort des années 60 à nos jours. Une vie en apparence parfaite avec un mari aimant, des enfants, une belle petite maison. Pourtant, celle que l’on appelle tout au long du livre M.-A. en référence à Emma Bovary, si elle a tout pour être heureuse, s’ennuie profondément. Le temps passe, tous les jours se ressemblent inlassablement. Son insatisfaction est totale et va la pousser à trouver toutes sortes d’exutoires pour échapper au quotidien parmi lesquels l’adultère ou l’humanitaire.

Sorte de relecture moderne de Madame Bovary, le roman prend soin de nous peindre un personnage féminin socialement coincé, psychologiquement insatisfait et surtout, même si elle ne se l'avoue jamais vraiment, terriblement frustrée.

Le gros atout du livre, doté d'une intrigue déjà lue ici et là et d'être écrite à la  deuxième personne du singulier qui apporte un trouble, un  coté inéluctable  au temps qui marque son sceau sur cette destinée ordinaire.  Le style d’écriture original, bourré d’incises disposées ça et là renforce l’impression de ces  années qui défilent à toute allure et sur lesquelles on n'a finalement peu de prise . ( Après le travail, tu te voyais en train de faire les courses, toute seule à l’hypermarché, passant devant certains rayons sans t’arrêter, reposant le panier avant la caisse, faisant toujours les mêmes gestes, à l’arrivée chemin des Pins, fermer la voiture, chercher tes clefs, ouvrir la porte de la villa. »)

A chaque moment de sa vie, le personnage dissèque son ordinaire qui en définitive est le quotidien de la grande majorité de nos contemporains. Dans le pavillon qu’elle acquiert avec un mari qu'elle n'aime qu'avec raison plus que passion,  M.A. rencontra les affres de l’angoisse et de la frustration.

Prise de conscience sur le non-sens de la recherche de son bien-être dans le confort d’une petite vie rangée,  analyse froide et pertinente de  la routine avec ses tâches répétitives, et ; la nostalgie du passé ; l’envie d’ailleurs et d’une autre vie,  d'une vie somme toute  profondément ennuyeuse, l'auteur a l'intelligence de mettre  ce destin de femme sans destin en parallèle avec l’évolution de la société,et de porter sa réflexion sociétale où où le bonheur à crédit est assez impossible à mettre en place.

 Un roman qui peut donner le sentiment d’étouffer comme son héroine le fait entre les quatre murs de son pavillon,  mais qui touche intensèment par sa justesse et son intensité

Commentaires
H
Je viens de terminer Quand le diable sortit de la salle de bain et je partage votre enthousiame!<br /> <br /> https://lc.cx/4Sj2
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 475 305
31e édition des 𝐑𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐜𝐢𝐧𝐞́𝐦𝐚 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜𝐨𝐩𝐡𝐨𝐧𝐞 𝐞𝐧 𝐁𝐞𝐚𝐮𝐣𝐨𝐥𝐚𝐢𝐬
 
 
 

 

Le festival des 31e Rencontres du cinéma francophone s’annonce, un peu partout en calade et dans le Beaujolais, du 10 au 15 novembre, au cinéma Les 400 Coups Villefranche bien sûr et dans nos 3 cinémas partenaires !

La programmation s’affine mais reste encore confidentielle. Comme chaque année, il y en aura pour tous les âges, avec 8 films en compétition, dont 4 pour le jury lycéen, une proposition de 3 films jeune public et familial qui seront présentés dès le 2 novembre aux scolaires du territoire et beaucoup de temps forts et de belles surprises !

ALUNA FESTIVAL 2027

Après avoir annoncé la venue de Sting, Aluna dévoile la suite de sa programmation 2027 : Orelsan, PLK, Vianney, Lost Frequencies, Suzane, Yann Muller, le collectif “Ensemble !!!”, Manon Lisa et St Graal rejoignent l’affiche. À Ruoms, près des gorges de l’Ardèche, le festival réunit les générations et les univers musicaux dans un cadre singulier : un camping cinq étoiles devenu le berceau d’une aventure musicale portée par tout un territoire.

 

 

 

ARRAS FILM FESTIVAL DU 6 AU   15 NOVEMBRE 2026

ARRAS FILM FESTIVAL DU 6 AU   15 NOVEMBRE 2026

  

 la 27e édition de l'Arras Film Festival  se tiendra du 6 au 15 novembre 2026.

Des avant-premières en présence des équipes de films, des invité.e.s d'honneur (Jean-Pierre Jeunet, Volker Schlöndorff, Yolande Moreau & Gilles Porte);  la compétition européenne;  un focus sur le cinéma belge; les Visions de l'Est; 2 rétrospectives ("Crimes à l'Italienne", avec des films de Pietro Germi, Mario Bava, Dario Argento, Elio Petri ...& "Patron, ouvriers, révolution", pour explorer un siècle de luttes sociales, de colères collectives et d’émancipation ouvrière);
Pas moins de 115 films seront présentés!! 

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
178 abonnés