Baz'art  : Des films, des livres...
18 novembre 2019

Interview: 10 Questions à Pierre-Yves Duchesne, fondateur de l'AICOM, première école de comédie musicale en France !

 

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A l’occasion de son quinzième anniversaire, l’AICOM (Académie internationale de comédie musicale) se raconte et rend hommage à plus de 150 ans de comédie musicale au travers d’un ouvrage intitulé « Chant, danse, théâtre : la première école de comédie musicale en France », paru aux Editions de La Martinière le 26 septembre dernier. On a présenté l'ouvrage ici même 

Il faut savoir que cette première école dédiée à la comédie musicale en France et au chant a été créée par Pierre-Yves Duchesne en 2004.

Pierre-Yves Duchesne n'est pas n'importe qui : il a acquis au cours de sa carrière une expérience scénique et une technique vocale unique, qu’il enseigne avec son équipe à l’AICOM depuis le début de l'aventure. 

Nous avons voulu en savoir plus sur lui et sur sa formidable école lors d'un échange passionné et passionnant  réalisé la semaine dernière.

Rencontre avec  Pierre Yves Duchesne, créateur de l'AICOM 

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Baz'art : Qui est à l'origine de ce livre hommage à votre école et quelle en est la raison principale?

Pierre Yves Duchesne : Ah, je pense pouvoir dire, en toute modestie, que je suis le principal instigateur de ce beau livre..

Comme vous le savez, l'AICOM fête ses 15 ans en cette année 2019 et je trouvais cela chouette de célébrer cet anniversaire par un beau livre qui remettrait en perspective ces 15 années d'existence. 

Cela fait désormais 15 ans que j’ai créé cette espèce de vaisseau spatial non identifié, auquel personne ne croyait au départ, et je trouve que ce livre permet de laisser une belle trace sur ce qu'on a fait et commencer à faire un premier bilan,  même si on est loin d'être au bout de l'aventures.

Baz'art : Au départ, qu'est qui vous a donné le déclic pour créer cette école?

Pierre Yves Duchesne  : En fait j'étais à Hambourg avec une troupe de comédie musicale pour un spectacle qui s'appelle « Le Fantôme de l'Opéra » où j'avais l'énorme chance de chanter le rôle-titre, celui du fantôme, j'étais le seul membre francophone de la troupe et j'en garde d'ailleurs une immense fierté. 

Quand je suis rentré, je me suis demandé :  "mais diable, comment se fait-il qu'ils soient tous aussi bon dans cette troupe-là? »

Et la réponse était évidente : c'est bien parce qu'ils ont été tous polyformés dès leurs 18 ans, dès qu'ils sont sortis de l'école, dans une structure spécialisée.

Je me suis alors dit qu'il fallait absolument que je fasse pareil ici en France. J'ai alors mis entre parenthèses ma carrière de chanteur pour créer cette école et sincèrement , au départ, cela n'a pas été une sinécure.

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Baz'art : Mais pourquoi?  C'était si difficile que cela d'imposer en France cette idée de comédie musicale il y a 15 ans, on a un peu de mal à l'imaginer?

Pierre Yves Duchesne :  Oh, mon pauvre, si vous saviez à quel point ca a pu l'être (rires) .. on m'a vraiment pris pour un fou quand j'ai commencé à émettre cette idée... on m'a tellement dit que j'allais droit dans le mur, que ce genre d'écoles marchait bien dans les pays anglo saxons mais qu'en France on n'avait pas du tout ce genre de mentalités pour imposer des disciplines transversales dans une même école...

Au départ, quand j'ai commencé à installer mes cours au centre de danse du Marais, je n'avais qu'une vingtaine d'élèves, 25 pour être précis.

Quant aux  professeurs que j'ai enrolés, ce  n'étaient que des proches,  qui ont fait ça de manière bénévole car je n'avais rien pour les payer, heureusement qu'ils ont cru à mon projet ceux là, je leur dois vraiment une fière chandelle..

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Baz'art : Mais à l'époque, il n'existait vraiment aucune structure de ce genre? Le genre de la comédie musicale cartonnait pourtant en France avec des exemples comme "Les 10 commandements" , " Roméo et Juliette", ou bien encore "Notre dame de Paris.". 

Pierre Yves Duchesne :  Non, quand j'ai ouvert cette formation il y a dix ans, rien de ce genre n'existait.

Les comédies musicales dont vous parlez ne sont pas vraiment des "musical" comme je l'entends, malgré toutes leurs qualités, ce sont des gros shows très calibrés où les artistes ne devaient pas forcément maitriser toutes les disciplines, ce n'était pas vraiment ces exemples qui m'ont servi de référence pour créer l'AICOM.

On peut vraiment dire qu'on était une sorte de précurseurs, alors que maintenant, c'est complètement différent, il y a en a beaucoup, et tant mieux, cela fait de l'émulation, toute cette concurrence!

On a eu la grande chance que cela ait fonctionné très rapidement, et depuis,  plus de mille artistes ont été formés au sein de nos différentes formations professionnelles que l'on propose, donc je pense que j'ai eu bien fait d'insister un peu ( sourires).. 

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Baz'art : On sent une certaine fierté dans vos propos quand vous pensez à cette réussite,n'est ce pas?

Pierre-Yves Duchesne : Disons que je suis surtout fier d’avoir créé quelque chose qui, au départ, était une spécialité dont on se moquait.

Cela a vraiment changé car on peut voir aujourd’hui que beaucoup de jeunes talents apprécient  énormément cette formation et sont même très demandeurs.

Voys savez, on a même ouvert l'an dernier un campus de 1500m2 à Créteil et l'école a pris une envergure encore plus impressionnante.

A ce jour, l'AICOM est la première école européenne, en terme de réussite, de nombre d'élèves formés, et du nombre d'élèves qui jouent sur toutes les scènes internationales .

Baz'art : Du coup on peut dire qu'il n'y a pas que les anglo saxons qui savent faire ce genre d'école dédiée à la comédie musicale, n'est pas?

Pierre-Yves Duchesne : Tout à fait ; depuis plusieurs années, on sent bien que la comédie musicale devient culturelle en France et, de toute façon, je vais même aller plus loin, je ne pense pas du tout que les anglo-saxons soient les pionniers du genre, mais bien les Français qui ont inventé les prémisses de la comédie musicale avec les opérettes!

Offenbach,  il n'était ni anglais ni américain, à ce que je sache (rires) ..

Baz'art : Quels sont les principales disciplines que l'on peut retrouver dans le programme de l'AICOM?

Pierre-Yves Duchesne : Les trois gros piliers qui sont à la base de la formation à l'Aicom sont le chant, la danse et le théâtre. Car, La comédie musicale, c'est un art qui regroupe ces trois disciplines fondamentales que sont la danse, le chant et le théâtre.

Et là-dedans, vous avez du rock, de la pop, du classique., ainsi que tout un tas de  toutes les disciplines connexes, c'est-à-dire le solfège, l'histoire de la comédie musicale, la danse de salon, la danse orientale.....

C'est pour cette raison que les acteurs de comédies musicales doivent être encore plus complets et techniciens que les autres parce qu'ils doivent avoir une idée du style de chaque ouvrage pour lequel ils chantent ou ils auditionnent..

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Baz'art : Si on reste sur votre discipline phare, le chant, vous êtes le créateur d'une méthode  "PY 3/14",  que vous enseignez à l'AICOM, en quoi consiste t- elle exactement pour les néophytes que nous sommes ?

Pierre-Yves Duchesne : Oh, calmons nous si vous voulez bien, jeune homme (rires) : je n'ai rien crée du tout, j'ai plus simplement compilé plusieurs méthodes qui existaient déjà. 

Sincèrement, ce n'est pas de la fausse modestie de ma part, mais je n’ai rien inventé à ce sujet. 

PY 3.14 – la Méthode est le fruit d’une expérience de vie, un mélange de techniques, aussi diverses que complémentaires que j'ai acquis au gré mes rencontres et expériences professionnelles.

Elles m’ont toutes nourri et permis de développer une technique hybride, résultat de plus de vingt-cinq années consacrées à la maîtrise de cet instrument bizarre qu’est la voix.

Disons que je propose un enseignement sans douleur, sans artifice, qui doit amènera chacun à trouver sa différence et sa signature vocale, mais c'est l'élève qui est le moteur de cet enseignement et qui doit s'approprier la méthode .

 

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Baz'art : J'ai cru comprendre que "directeur de l'AICOM" n'était pas votre unique casquette, et que vous multipliez les différents rôles, c'est vrai? 

Pierre-Yves Duchesne : C’est exact, j'ai la chance de diversifier mes activités, on va dire..  

Moi, je danse, je joue, je chante , de la direction artistique de la mise en scène, du stand-up. Là encore, en France, on a un peu trop tendance à mettre des étiquettes à tout le monde et c'est pas évident à intégrer cela pour tout le monde.  

L’artiste formé à l'ACIOM doit être à l’aise et assurer le show et aussi s'il le peut, mettre son enseignement au service de la pédagogie. J'ai d'ailleurs des anciens élèves qui ont ouvert des écoles, aux quatre coins du monde, comme en Asie, en Amérique du Sud, je ne peux qu'encourager ce genre d'initiatives.

Me concernant,  avant d'être directeur de l'école, je suis surtout enseignant en technique vocale à l'AICOM,  j'enseigne aussi dans le cadre de cours privés, j'ai eu la chance d'être coach vocal pour des artistes aussi divers  et renommés que Lara Fabian, avec qui je travaille depuis de longues années et qui m'a toujours soutenu, ou bien le chien fou mais extrêmement doué Amir que tout le monde connait.

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J'ai également assuré la direction vocale de différents spectacles musicaux (Chicago, Grease), des mises en scène d'autres spectacles (Madiba, Anne, le musical, Clemenceau…). et suis directeur artistique sur certains spectacles, comme l'an passé avec « Il était une fois… Broadway » dédié aux standards de la comédie musicale américaine.

J'ai pu également travailler comme expert vocal sur des émissions comme " La France a un Incroyable Talent ou " Popstars".

Et enfin et peut être surtout, je continue de chanter sur les scènes mondiales dès qu'on fait appel à moi et je vais même vous avouer quelque chose : j'aime beaucoup être un simple interpréte, cela me repose (rires) car je n'ai pas à me soucier de tout le reste. 

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Baz'art : J'ai un peu de mal à vous croire, cher Pierre Yves : à voir votre parcours, il semblerait que le repos n'est pas un mot qui fasse partie de votre vocabulaire, je me trompe?

Pierre-Yves Duchesne : Ah ça c'est certain, je ne suis pas un contemplatif, ce n'est pas du tout dans ma nature.

Je dors très peu et j'avoue d'ailleurs que je préfère m'accompagner de gens qui ne dorment pas beaucoup non plus, c'est mieux  s'ils veulent un peu suivre le même rhytme que le mien (rires)..

Après, j'ai désormais 52 ans et je commence à ressentir le besoin de ne travailler que 10 heures par jour, mais vraiment, c'est plus une envie qu'autre chose, car pour le moment j'en suis très loin (sourires).

Je suis un impulsif, je n'ai jamais eu de plan de carrière ni longuement réfléchi avant de prendre une décision, ce qui m’a construit, ce sont les claques dans la gueule, les portes qui se ferment et la capacité de rebondir très vite après, tout en sachant rester humble ...

L'humilité et la faculté de réagir après un échec font partie d'ailleurs des valeurs de base que j'enseigne à mes élèves et je pense qu'ils ont pas mal intégré la chose, vu le début de carrière qu'une bonne partie de ses élèves ont commencé  à réaliser...

A croire qu'ils ont été à la bonne école, si je peux dire (rires) ...

 

 
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Le livre  "Chant danse théâtre, Aicom, première école de comédie musicale en France " publié aux éditions de La martinière  et toutes les informations concernant  l'école sont  dispnibles sur le site de l' AICOM  .

Crédit photo: AICOM 

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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