Baz'art  : Des films, des livres...
14 novembre 2022

Blanc : Sylvain Tesson à la recherche de l'immaculé...

 

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« La neige embellit ce qu’elle touche, révèle à l’œil ce qui suffit. Elle tombe sur les villes, les villes sont belles. Elle redessine le réel, rectifie le monde, selon l’expression alchimique. Magique, elle emplit les vides de substance invisible, annule l’imperfection, conserve le saillant. La blancheur pardonne. Elle masque l’inutile, taille à l’essentiel. J’étais parti chercher une dissolution de moi-même, par l’effort, dans des formes abolies. La traversée blanche serait ma définition du voyage absolu, une flottaison dans une idée de paysage. »

En lien avec le très beau livre que Michel Pastoureau a consacré aussi à cette couleur blanche, Sylvain Tesson  nous fait la promesse d'un long voyage, rempli d'errance à la recherche du blanc le plus pur.  

Il raconte, de sa plume alerte, plusieurs hivers passés dans la blancheur immaculée de la grande poudreuse, un un périple alpin sur plusieurs saisons passés avec son fidele ami Daniel Du LAC.

Chaque année, en février ou mars, les deux amis (bientôt rejoint par un troisième larron) partent pour vingt à trente jours de périple.

Son épopée alpestre  devient une ode fougueuse à la nature virginale, aux paysages enneigés et isolés, à la littérature et à la liberté.

Tesson comme à son habitude réussit son coup en beauté, son récit émaillé de rencontres humaines et de réflexions philosophiques et métaphyqiues est un vrai bijou

Dans cet ilot de reflexion qui donne à repenser la place de l'homme malmenée par la civilisation actuelle.,  chaque phrase, chaque mot chaque réflexion vaut son pesant d'or (blanc?): 

“Le Blanc ne constituait pas un milieu naturel, encore moins un paysage, mais une substance. Rapportée au monde abstrait, une substance s’appelle l’universel. Sa traversée s’appelle un rêve”.

 "Nous aimions relier des lieux inaccessibles par des endroits infranchissables."

Dans le Blanc tout s’annule - espoirs et regrets. Pourquoi ai-je tant aimé la pureté ?

Livre - Le blanc de « Blanc » de Sylvain Tesson - Le Point

'Pour moi c’est plus qu’une couleur : une substance, et plus qu’une substance : un état. Comme s’il y avait une blancheur intérieure, composée à la fois d’un oubli de soi et, pour de simples raisons de survie, d’une grande attention au monde, dans une alternance permanente entre l’aguet et le repli intérieur. Cette blancheur spirituelle se double d’un sentiment de dissolution totale du temps et de dilatation de l’espace L’empire du blanc, du vide, de l’altitude. C’est un système, le système blanc. Paul Morand avait intitulé ses réflexions sur le voyage « Rien que la terre », là c’est « rien que le blanc ». Rien d’autre.

Difficile de ne pas savourer la quintessence des écrits de Tesson. et ce  besoin d'évasion loin de la modernité ambiante ! Une traversée des Alpes à ski (2018-2021), Blanc, Sylvain Tesson, Gallimard.

 

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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