yates1. La Fenetre panoramique, le roman de Richard Yates : April et Franck forment un jeune couple avec deux enfants sans histoire, bien sous tout rapport selon l'agent immobilier qui leur a trouvé un pavillon moderne dans une banlieue new-yorkaise. Mais par La fenêtre panoramique de leur maison, on réalise vite que sous le vernis des apparences, leur face à face est en train de tourner au cauchemar.


Entraînés dans une vie et un univers petit-bourgeois qu'ils ont toujours rejeté, nos deux héros tentent de se débattre, cherchent une issue à un quotidien abrutissant, confrontent leurs désirs et leurs renoncements. Avec une écriture au scalpel, sans jamais un mot de trop, Richard Yates nous plonge dans ce récit oppressant.
J'ai aimé l'idéalisme d'April et sa violence, la psychologie du couple tout en nuances, le soin apporté par l'écrivain à tous les personnages secondaires, le questionnement intemporel sur le couple (la difficulté de communiquer, les concessions, l'usure du quotidien).
Pas vraiment la lecture la plus joyeuse  qui soit, loin de là pour mais un véritable petit bijou sur les non dits  dans les relations de couple porté à l'écran par Sam Mendes et rebaptisé pour l'occasion Noces rebelles que j'ai également vu préalablement au cinéma.

  les_noces_rebelles_2. Les noces rebelles, le film de Sam Mendès 

Ce film qui ferait déjà l'évènement de par son casting, 12 ans après Titanic,  vaut bien plus que cela : Les "Noces Rebelles" est avant tout un des film les plus forts jamais réalisés sur le couple, dans la lignée d'"Eyes Wide Shut",des Bergman ou de "qui a peur de Virginia Woolf", qui pose des questions très dérangeantes sur ce qu'on attend de l'autre dans un couple.
Evidemment, ce film ne peut pas plaire à tout le monde, car on est d'emblée plongés  à l'intérieur de ce couple à l'atmopshère étouffante, il faut un petit temps d'adaptation avant d'y entrer, mais une fois dedans, on est bluffés par l'intelligence des dialogues, de la fluidité du récit,  des personnages secondaires bien troussés, de la qualité de la mise en scène (pas théâtrale pour un sou comme on pourrait le croire)   et évidemment celle de l'interprétation.

Par rapport au livre, le film ne perd pas vraiment de sa force , reprenant fidèlement la même thématique  et le même ton sur le fil du scalpel, presque clinique. C'est un rare exemple d'une adaptation réussie, grace à la mise en scène de Mendès,  déja auteur du superbe American Beauty et surtout à cette idée d'avoir réuni le couple mythique de Titanic en les plaçant à nouveau dans un naufrage,   même si celui- ci est moins spectaculaire et plus quotidien.