bordasPour inaugurer cette prolifique rentrée littéraire 2011-et participer à la même occasion au challenge 1% rentrée littéraire proposée par Hérisson- , j'ai choisi  un livre passé assez étrangement totalement inaperçu. Il faut dire que chaque année, c'est la même rengaine:  exception faite d'une dizaine de livres, la plupart du temps édité par les plus grosses maisons d'éditions, dont la presse nous rabache les oreilles- à juste titre ou pas- les autres sortent dans un anonymat plus ou moins relatif. Heureusement que certains blogs ou certains médias vont à contre courant de cette hégémonie et essaient de nous dénicher la perle rare dans cette jungle littéraire.

Et c'est ainsi, que, grâce au prix version fémina, j'ai pu faire connaissance avec le second roman d'une très jeune romancière, de 24 ans, Camille Bordas, qui avait visiblement connu un certain succès avec son premier roman écrit à 22 ans, les 13 desserts, même si personnellement, je ne me souviens pas du tout en avoir entendu parler.

Quoiqu'il en soit, pour son second livre, Camille Bordas est partie d'une très jolie idée : appliquer à la lettre l'expression "les murs ont des oreilles". En effet, le personnage principal de ce livre n'est pas un être humain, mais une maison de campagne normande qui va nous raconter l'histoire de ses différents habitants, sur 100 ans. Cette maison entend, ressent, et parfois même lance des signaux à ceux qui veulent bien l'entendre. Rassurez vous, rien d'horrifique dans ce récit, il ne s'agit pas d'une maison hantée qui fait peur aux villageois , bien que, forcément, en 100 ans, des résidants y laisseront leur dernier souffle.

Dans cette maison,y vivront donc 3 générations d'une même famille, puis les petits enfants décideront de la vendre à un directeur de théatre qui la trouvera tellement singulière qu'il va vouloir en faire le décor unique de sa pièce. Ainsi, sa troupe au grand complet n'aura de cesse d'abord de la restaurer, puis de l'aménager comme lieu de représentation théatrale, avant que les spectacles puissent se jouer, à la toute fin du livre.

Nous sommes donc ici dans un roman choral où les narrateurs varient ainsi donc d'une période à l'autre , exception faite de la maison en elle même qui vient régulièrement nous confier ses états d'âme.

Ainsi le récit passe d'une certaine gravité à une vraie légereté en fonction de ces narrateurs et de ce qu'il traversent. Mais l'auteur arrive toujours, tout au long du récit, à instiller une vraie fantaisie et une tendresse certaine, le roman faisant penser parfois à du Agnès Desarthe (Mangez moi) ou à du Anny Duperey

Tout n'est pas forcément complétement abouti, et la dernière partie notamment, racontée par  le metteur en scène  m'a semblé plus faible que les autres, mais ces réserves balayées, Partie commune ( qui figure cependant dans la sélection finale des adhérents de la Fnac) reste un très joli livre qui laisse augurer d'un (trés) bel avenir pour son (trés) jeune auteur.