jonathan tropperIl ne faut pas se fier aux apparences : ce n'est pas parce que les auteurs dont je vous parle souvent traitent plutôt de sujets sombres ( dernier exemple Jean Philippe Blondel qui écrit sur le deuil de sa famille) que je n'ai pas parfois envie de livres plus légers, et plus solaires.

Et lorsque j'ai envie de me détendre, je me suis tourné souvent vers un auteur qui n'a pas son pareil pour divertir de façon  légère mais intelligente, : cet auteur c'est Jonathan Tropper dont j'avais absolument adoré son premier roman, publié en France en 2005, et qui avait connu un très beau succès,  Livre de Joe.

Ce livre décrivait avec une verve absolument jubilatoire l'histoire de Joe un écrivain à succès qui revenait dans son bled d’origine pour faire face à son passé et apaiser ses relations avec son père mourant et l’amertume de son frère. Truculent, emballant, ce livre faisait penser parfois  du Woody Allen, dans sa façon de décrire, avec autodérision et beaucoup d'esprit les relations interfamiliales toujours un peu complexes.

Du coup, je n'ai pas hésité à me procurer, dès sa sortie une année plus tard, son second romantout peut arriver Tout peut arriver, qui racontait là les tribulations d'un jeune Yuppie  qui se démenait avec un père fantasque et un frère simple d’esprit. On reconnaissait son ton, et toujours cette façon d'imbriquer relations familiales et réflexions acerbes et toujours hilarantes sur les embuches du quotidien. Le livre ne se démarquait pas énormément du premier, mais cela ne m'a pas embeté, car j'étais heureux de me retrouver en terrain conquis.

Ensuite, son troisième ouvrage, Pertes et fracas narrait les déboires d'un jeune chroniqueur à succès  fait face à son veuvage, à un beau fils qui pourrait être son frère, une soeur jumelle en pleine crise de couple et un père qui perd la boule. Là, je commençais à touver que la recette avait toujours un peu les mêmes ingrédients, et qu'il était peut etre temps de la renouveller, mais tant que le plaisir de la lecture était là , pourquoi le bouder?

Et puis, il y a quelques semaines, j'ai voulu lire en poche le quatrième roman de Jonathan Tropper, C'est ici que l'on se quitte, sorti en 2009 et qui raconte les malheurs d'un type, cocufié par sa femme, et qui doit passer 7 jours chez sa famille complétement déjantée pour suivre les voeux de son père, qui vient de mourir.

Et là, je me suis dit que vraiment, Jonathan,  il fallait quand même sérieusement penser à se renouveller et qu'on ne pouvait passer passer toute sa vie à écrire des romans qui raconte toujours la meme chose. Je sais qu'un auteur se doit d'avoir des thématiques fortes ( Philip Roth et son obsession des petites étudiantes, Nick Hormby avec le rock, Modiano avec les souvenirs d'enfance), mais encore faut il les enrober différement.

Ici, Tropper ne se donne meme pas la peine de trouver un angle un tant soit peu différent, tant et si bien que pendant tout le livre, je me suis demandé si je ne l'avais pas déjà lu, alors que j'ai vérifié, ce n'est pas le cas. Du coup, je n'ai pu m'empecher d'être irrité devant ce talent gaché par paresse ou facilités (en même temps, la recette semble très bien fonctionner, les livres connaissent un grand succès de librairie  chaque fois)

Pour l'instant, aucun livre de Tropper n'est sorti depuis celui là, mais je suis sur qu'aux Etats Unis, il a du nous pondre une histoire où un gugus en proie à des doutes existentiels et devant faire face à sa famille azimutée...

Dans ce cas là ,ca sera sans moi, ce coup ci, mon cher John...