Baz'art  : Des films, des livres...
5 juillet 2012

Le grand soir: demain, peut-être?

legrandsoir604-604x405Bien qu'étant de la même génération, celle qui avait 20 ans lorsque cet OVNI télévisuel est arrivé sur nos petits écrans, je ne fais pas partie de ceux  mais (j'en connais) qui sont devenus complètement fans de l'émission Groland, trouvant  l'idée  de base, et quelques trouvailles bien trouvées, mais en même temps vite lassé par un esthétisme assez laid et qui érige le glauque et le décalé en valeur étalon.

 Du coup, je suis passé à coté de l'éclosion au cinéma du tandem Kerven/ Delepine, les instigateurs de Groland. Il faut dire que d'après ce que j'avais pu voir ou lire, leurs films, Aaltra (2004) et Avida (2006), sous leurs oripeaux surréalistico-dadaïstes, et Louise-Michel (2008), prolongaient le même univers télévisuel, en essayant de proner une poésie du glauque et de la misère, d'une façon complétement décalée et assez barrée. J'avais longuement hésité à aller voir leur avant dernier opus, Mammuth, avec un Gérard Depardieu semble t- il éblouissant, mais finalement, pour celui ci aussi, j'avais passé mon tour.

Heureusement ( ou pas), j'ai eu des invitations pour voir leur toute dernière réalisation, le Grand Soir, sorti sur nos écrans le 6 juin dernier, ce qui fait que j'ai enfin pu approcher de près l'univers de ce duo choc du cinéma français.

Car, ce qui est évident à la vision de ce Grand Soir, c'est que les deux réalisateurs possèdent un univers bien à eux, peuplé de trognes  et de situations,  constamment sur le fil du rasoir ( mi burlesque, mi nihiliste). Tous les plans sont étirés jusqu'au maximum, jusqu'à ce qu'un certain malaise survient.

Dans ce grand soir en question, les deux auteurs tissent une charge à boulets rouge contre la société de consommation, et pour cela, utilise comme décor unique une de ces zones commercialies en lisière d'une grande ville ( ici Bordeaux), cele_grand_soir_2_hd_c_theo_synchro_x_04s zones bien sinistres, complétement déshumanisées où seul le portemonnaie fait sa loi. 

 En prenant comme personnage principaux deux frères, un marginal ( un Benoit Poelvorde excellent  dans le rôle du "plus vieux punk à chien d'Europe"), et son frère,  qui va le devenir, suite à son licenciement de sa boutique de literie, Delepine et Kerven nous amène du coté des opprimés, des altermondialistes radicaux. Ce genre de personnage étant peu fréquents dans le cinéma français, l'effort est à saluer,  et le début promet un film corossif et explosif en diable.

Hélas, le résultat m'a semblé assez peu convaincant, et surtout pas en adéquation avec les louanges qui pleuvent sur le tandem à chacune de leur production.

 Le scenario manque d'envergure et d'unité,  et le film donne assez vite l'impresssion de n'être finalement qu' une succession de sketches. d'assez inégale qualité. 

Le Grand soir a  surtout la mauvaise idée de privilégier l'excentricité de la saynète à la continuité du récit, et en néglige d'approfondir les personnages.  Certains d'entre eux,  comme les parents, René (Areski Belkacem) et Marie-Annick (Brigitte Fontaine), patrons du restaurant La Pataterie  qui n'accueille aucun client, sont vraiment trop biggers than life pour qu'on puisse y croire un tant soit peu.

Le tout donne plus un coté BD, une sorte de western nihiliste au message en fait vraiment déprimant (c'est vraiment no future, le leiitmotiv des punks, mais vraiment à tous les niveaux), qui donne plus envie de se pendre que de rire.

Bref, j'imagine que, si les fans de Groland accueilleront ce grand soir à sa juste valeur, les hermétiques dont je fais partie seront bien plus spectiques quant au résultat final.

 

 

Commentaires
F
@papilotte :non effectivement, mais moi j'aime plutot l'humour trash( j'ai bien aimé the dictator) donc un peu de ce genre d'humour dans le grand soir ne m'aurait pas déplu<br /> <br /> @anthony : quand je parle de poésie du glauque, je veux dire que les thèmes et les univers sont quand meme ceux des petites gens et de la précarité meme dans mammuth...bon ensuite c plus le coté trop décalé et trop surréaliste sans vrai fond qui me gène...et effectivement le coté abrupt de la fin de ce film a de quoi géner...
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A
Je suis un fan de Groland depuis très longtemps. Je trouve que ça fait du bien ce dernier espace d'humour pas nécessairement bien pensant, et qui, sous une couche un peu lourdaude parfois il est vrai, donne réellement à réfléchir sur notre société actuelle. <br /> <br /> <br /> <br /> Pourtant j'ai été déçu par Le grand soir, car même s'il y a de très bons gags, le scénario est quand même un peu bâclé. Plus précisément, ils ont oublié d'y mettre une fin (ce qui est quand même dommage pour un film). D'accord aussi sur la faiblesse des personnages secondaires, même si sur le coup ça ne m'a pas frappé (je ne suis pas aussi cinéphile que toi).<br /> <br /> <br /> <br /> En revanche, je ne suis pas du tout d'accord sur l'analyse que tu fais de leurs autres films. Humour noir, décalé, surréaliste, oui, mais glauque et la misère, non. Je t'invite en particulier à voir Aaltra, petit ovni jubilatoire à la C'est arrivé près de chez vous, ou Louise-Michel (qui aurait aussi pu s'appeler le grand soir) et bien sûr Mammuth, qui rivalise sans complexe avec d'autres films français.
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P
j'ai bien aimé le film, comme ses précédents. J'aime bien l'esprit grolandais, sauf quand il fait de l'humour trash en dessous de la ceinture, ce que ne font pas trop delépine et kerven dans leurs films je trouve...
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F
@mydiscoveries : le festival grolandais? il consiste en quoi exactement? ca doit pas etre triste tu me diras...tu nous raconteras j'imagine<br /> <br /> @delphine : ah oui c pas forcément lié, mais ca aide qd meme je pense :o)<br /> <br /> aurore : disons en plus que ces personnages m'ont pas emballé... Brigitte Fontaine qui laisse son petit fils dans une décharge publique ou un mac do, franchement j'ai un peu de mal avec ca :o)<br /> <br /> @potzina : je suis sur que tu y aurais été plus sensible que moi...ils ont leurs univers c sur et certain<br /> <br /> bonne soirée à vous 4
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P
Je ne suis pas une inconditionnelle de Groland non plus mais j'avais bien aimé Louise Michel aussi j'aurai bien aimé voir celui-là mais mon ciné n'a pas programmé assez de séances pour que je puisse le voir :( En tous cas ce film ne laisse pas indifférent, les critiques que j'ai lu sont partagées et tranchées. Je verrai ça en DVD !
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DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

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