perfectionDepuis lundi dernier, Roger Federer est devenu  le recordman du nombre de semaines passées en tête du classement mondial. En effet, pendant plus de 287 semaines (non consécutives mais quand même),il a été classé numéro 1 du classement ATP des meilleurs joueurs de tennis. Ne lui déplaise, il peut déjà être considéré comme le plus grand joueur de l’Histoire, et tout amateur de tennis ne peut que se régaler de le voir jouer, tant son jeu semble venir d'une autre planète .

Et forcément, en tant qu'ancien joueur de tennis amateur, et grand fana de ce sport devant l'éternel, je n'ai pas hésité lorsque Babelio, dans le cadre de l'opération Masse critique, m'a proposé de lire et de chroniquer une biographie de ce champion incontesté du tennis.

Cette biographie, appellé Roger Federer, la quête de la perfection, écrite par René Stauffer, un journaliste suisse spécialisé dans le tennis, et qui  suit  Federer depuis l'âge de 15 ans, se propose de retracer tout le parcours du numéro un mondial, vainqueur de 17 grands chelems, depuis ses premiers coups de raquette chez les juniors jusqu'à aujourd'hui ( l'ouvrage a en fait été écrit en 2007, mais quelques chapitres ont été rajoutés, suite à une réédition de l'ouvrage en 2011).

Si je vous rappelle que le dernier ouvrage que j'ai lu consacré à un tennisman était l'autobiographie d'André Agassi, Open, je dois dire qu'hélas, la comparaison entreroger_federer les deux ne plaide pas du tout en faveur de ce livre sur Federer, alors même que j'aurais nettement tendance à préférer, de prime abord, le joueur (et l'homme)  hélvétique au kid de Las Vegas.

Mais c'est peut- être justement parce que Federer arbore un coté trop lisse, trop gentil que la biographie qui lui est consacrée manque d'aspirités, et tourne trop à l'hagiographie. Je pense sincérement que Federer est un type aussi élégant qu'il est sur un court du tennis et qu'il n'y a rien d'horrible à écrire sur lui, mais du coup, cette biographie est trop prévisible, et surtout, elle ne m'a pas appris grand chose, par rapport aux articles de l'Equipe ou aux interviews que j'ai lu sur lui.

Certes, l’auteur décrit  avec moults détails et précisions comment Federer a su, à partir d’un tempérament colérique au début de sa carrière , contrôler ses émotions pour devenir ce joueur impassible qui est arrivée à une maitrise totale qui a certainement grandement contribué à  son succès

Roger Federer, WimbledonMais l'ouvrage ne fait qu'empiler chronologiquement les tournois joués par Féderer, et les comptes rendus de ses matches les plus importants, sans jamais vraiment parvenir à nous faire rentrer dans sa tête (comme Open, écrit du point de vue d'Agassi arrivait si bien à le faire). Federer reste, à la fin de notre lecture, totalement insaissisable, jamais nous avons eu l'impression de rentrer dans l'intimité et l'affect d'un champion de cette catégorie.

Et autre bémol important de ce Federer, la quête de la perfection : le livre accumule les imprécisions et les petites erreurs qu'un connaisseur de tennis ne peut laisser passer : ainsi, plusieurs fois un joueur mène sept jeux à 2 ou à 3, ou bien passe 3 tours d'un tournoi de grand chelem pour arriver à un 16ème de finale (au lieu de 8ème). Ce qui ne serait pas grave si le livre était autre chose qu'un témoignage sur le tennis, comme l'était ( décidement, on s'en sort pas) Open, grand roman sur les USA.

Bref, un ouvrage honnête, qu'on lit sans déplaisir, mais qui n'est assurément pas à la hauteur de l'athlète phénoménal qu'est Roger Federer.

Cela dit,  il paraitrait qu' un film documentaire évènement sur Monsieur Federer est actuellement en préparation.  Peut -être apprendrons nous plus de chose sur ce champion.  Et d’ici là, Federer aura peut-être ajouté une nouvelle ligne à son palmarès avec les JO de Londres, un des rares titres qui échappe encore à sa boulimie de victoires.