autobiographieParmi les ( très sympathiques) maisons d'éditions qui ont accepté de m'envoyer des livres de la rentrée afin que j'alimente mes chroniques, figure la très interessante et dynamique Seuil qui présente plusieurs ouvrages passionnants sur le papier,  telle cette Autobiographie des objets de François Bon,  qui, disons le de suite,  ne ment pas vraiment sur son titre. Là où en revanche, on pourrait tiquer, c'est sur le terme de "roman" mis en exergue sur la couverture, tant on est plus proche du récit, de l'essai que de la fiction, même  comme toujours chez Bon, il existe une part de narration évidente.

En effet, dans cette Autobiographie des objets, François Bon, romancier journaliste essayiste dont j'avais lu la passionnante biographie des Rolling Stones s' attache à définir  à travers différents objets de sa jeunesse, dans les années 50  aux années 80, bref tous les objets de sa période avant qu'il ne vive de sa plume. Soit trente ans, durant lesquels le gros des Trente Glorieuses déferle sur la France : autoroutes,  machines à laver, machines à écrire , téléviseurs, transistors, disques vinyles de rock’n’roll, livres de Joseph Kessel, cafetière…

A l'heure où la dématérialisation se fait de plus en plus présente, où les livres sont remplacés par les liseuses, les disques par des téchargements, ect, François Bon interroge le rapport de l'homme aux objets qui l'accompagnaient dans sa vie d'avant, même si en même temps, c'est sa propre biographie à laquelle l'auteur se livre nà travers l’évocation de divers et hétéroclites objets qui ont peuplé sa vie “avant l’écrit”,

L'écriture de Bon est très belle, et tous ces objets, dont certains sont a priori anodins, prennent avec lui une force et une présence manifeste. Le début est très joli, et force indibutablement le lecteur à s'interroger aussi sur les objets qui restent associés à sa jeunesse et à les voir défiler devant ses yeux pendant la lecture du livre. Ainsi, pour moi dans le désordre, un arbre magique, une boite de PEZ, le minitel, une citroen, un prisunic, un photomaton, un projecteur de diapo....)
bon

Malheureusement, assez vite, malgré la fluidité du récit, on commence à se lasser de ce catalogue d'objets qui se succède les uns aux autres, et surtout on y voit une critique un peu éculée de notre société de consommation .

Les objets dont parle Bon avec tant d'amour dans la plume sont forcément vieux, rouillés, sans grande utilité fonctionnelle,et en parrallèle on ne peut que penser à nos objets technologiques si utiles et si design, mais en même temps dépourvu de la moindre âme. Peut-être ne suis je pas forcément de la bonne génération, et que les lecteurs de celle de l'auteur seront plus touchés que je nel'ai pu l'être, étant même un peu agacé par des relents un peu réactionnaires que j'ai pu déceler ici et là...

Par exemple, pour l'auteur, les biens de consommation actuels remplacent peu favorablement  les objets recyclables à l’échelle de générations, comme il le  dit lui même dans un de ces chapitres : De deux ans en deux ans, il faut se débarrasser de l’ancien et remplacer par ce qui est tellement mieux.»

Bref, un livre nostalgique, ce qui est bien, mais aussi un peu moralisateur, ce qui est plus facheux.