Baz'art  : Des films, des livres...
12 novembre 2012

Les ambitieux premiers pas de Sandrine Bonnaire dans la fiction

photo-J-enrage-de-son-absence-2011-2Dimanche de la semaine passée, alors que je pouvais voir avec ma mère et mon fils le tout dernier Asterix, j'ai décliné l'invitation ( fort dommage, n'est ce pas?) et suis allé, à la place, voir un film dont le sujet est à des années lumières des aventures comico-loufoques des irréductibles gaulois.

Car, après avoir lu l'année passée plusieurs histoires autour d'une mort d'enfant (Le fils de Michel Rostaing, Tu Verras de Nicolas Fargues et d'autres encore), j'ai du me dire que cette année, j'avais pas eu assez mon lot de ce genre de fictions, et qu'après les romans, il fallait voir du coté du cinéma.

Car l'histoire de J'enrage de son absence, la première fiction réalisée par l'actrice Sandrine Bonnaire (après son documentaire très remarquée sur sa soeur, Elle s'appelle Sabine"), est en effet tournée entièrement autour d'un décès d'un enfant, celui du petit Mathieu, 4 ans, mort à 4 ans dans un accident de la route, neuf ans avant le début de l'histoire.

De retour en France pour enterrer son père, Jacques, le père de cet enfant, retrouve celle qui fut sa femme, Madeleine,qui s'est remariée, a eu un autre fils, Paul.

Et c'est sur lui que la passion de Jacques se fixe, désespérée, dévorante, absurde. Une déraison, que le spectacteur peut bien sur plus facilement comprendre qu'une folie d'un psychopathe (car celle ci ne possède pas de repère rationnel auquel s'accrocher), n'est pas, pour autant, confortable à regarder, notamment dans le dernier tiers du film où l'existence de Jacques, déjà très tenue, ne se raccrochera qu'au lien avec cet enfant, celui qui vit encore, et qui servira à Jacques de bouée de sauvetage, à défaut d'être l'enfant de substitution dont il révait d'avoir.

Cette dernière partie, dérangeante à souhait, qui se passe pratiquement constamment dans la pénombre d'une cave où Jacques a pris place, n'est malheureusement pas assez forte et maitrisée pour susciter l'interet du spectacteur. La tension est là, palpable, mais l'intrigue est vraiment trop ténue pour captiver vraiment.

Cela est d'autant plus dommage que Sandrine Bonnaire avait largement réussi son examen de passage durant la première d'heure, d'excellente facture. Les premières scènes, en peu de mots, et de gestes, arrivent parfaitement à nous retranscrire l'acuité des sentiments et des douleurs enfouies entre ce couple qui se sont aimés follement, avant que la tragédie ne les bouleverse.

William Hurt, l'ex mari de Sandrine Bonnaire, livre notamment une prestation très impressionnante de fantôme qui ne vit que sur les souvenirs, et dont chaque parole semble être une souffrance et ses scènes avec Alexandra Lamy, dans  ce qui est sans contexte un de ses meilleurs rôles (avec peut -être ssa prestation dans le volet des Infidèles) sont très réussies. Par ailleurs, le petit garçon du film, d'une émotion incoyrable, est 100 fois plus convaincant que la plupart des gosses de cinéma.

En revanche, le personnage du mari actuel, joué plutôt fébrilement par un Aurélien Legrand (temporairement?) sorti de ses combats avec les Don Quichotte est moins convaincant, Bonnaire et Jérome Tonnerre, les coscénaristes ayant visiblement voulu resserer le film autour des 2 personnages principaux, cet être dévasté par le chagrin et ce petit garçon qui pourrait lui redonner gout à la vie, et les autres personnages semblent du coup être un peu sacrifiés.

En fin de compte, à cause de cette dernière partie ambitieuse, mais hélas un peu ratée, les premiers pas de Sandrine Bonnaire dans la fiction ne sont pas une complète réussite, mais reste tout de même à saluer pour l'ambition  et  l'intelligence de son sujet.

Commentaires
F
@mylittledisoveries : tu semblais plus enthousiaste que moi quand meme :o)<br /> <br /> @potziina :ah ca doit etre frustrant pour une cinéphile tous ces films qui ne sortent jamais danston coin...deja que je peste parfois sur Lyon,,, bisous...bonne soirée à toi...
Répondre
P
Il n'est pas sorti chez moi et j'enrage de ça ! ;) Même s'il n'est pas parfait, je suis très intriguée par le sujet. J'espère que je pourrai le découvrir en salles !
Répondre
M
Tu as vu mon avis, ce film n'est pas parfait mais il est intéressant.<br /> <br /> Et comme toi, j'ai trouvé le petit garçon acteur particulièrement convaincant!
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 427 935
L'ACID revient au Comoedia de Lyon
 

 

 

DU 2 AU 4 OCTOBRE
🎥 L'ACID revient au Comœdia 🎥

Depuis 1993, l'Association Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID) propose une programmation parallèle au Festival de Cannes. Organisée par une quinzaine de cinéastes membres de l'association, cette sélection reflète la joyeuse diversité des approches, des mises en scène et des narration dans le but de promouvoir les films indépendants. ⭐️

📆 Au programme : des rencontres et des avant-premières en compagnie des cinéastes ainsi que les équipes de films !

Festival Lumière 2026

 

 

Le festival Lumière fait son grand retour du 10 au 18 octobre avec une édition plus flamboyante que jamais ! 430 séances : rétrospectives Norman Jewison, Ettore Scola…
Des invités d’exception Zhang Ziyi, Tsui Hark, Todd Haynes, Agnès Jaoui, Abel Ferrara… Et quelques surprises !
Ciné-concerts, master class, expositions, avant-premières, séances géantes – et l’émotion d’une grande cérémonie : le Prix Lumière sera remis cette année à Joel et Ethan Coen.

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

Le festival rendra hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
178 abonnés