francesOn continue avec ma série de 3 chroniques en une, et comme hier, malheureusement, ce n'est pas forcément pour dire beaucoup de bien des oeuvres en question...

En même temps, c'est un peu normal: lorsqu'un film me plait, j'ai tendance à vouloir lui consacrer un billet en entier tandis, que dans le cas contraire, il ne sert à rien d'en faire des tonnes et autant la mettre avec d'autres, même si ca donne un peu l'image du mec qui critique à outrance....

Les films en question, je les ai vus il y a maintenant quelques temps déjà, c'était cet été, avant de partir en Bretagne, et ils ont en commun d'avoir beaucoup plu à la critique, ou au public, ou parfois aux deux, mais pour ma part, ils m'ont dans l'ensemble laissé un peu spectique.. Et du coup, plutôt que de rédiger une chronique longue et finalement déceptive, j'ai préféré attendre de voir d'autres films qui m'ont laissé un peu mi figue mi raisin pour les regrouper ensemble :

1. Frances Ha

Dans un été assez mortel ( pas dans le bon sens du terme) pour le cinéma un tant soit peu exigeant, Frances HA fut considéré comme l'excellente surprise de cet été 2013 en connaissant un beau succès public, mais surtout critique. Devant ce concert de louanges entendu un peu partout, je me suis dit qu'il fallait vraiment que je le rattrape, et je l'ai donc vu mi aout dans mon cinéma de prédilection, le Comoedia.

Et comme j'avais beaucoup aimé les films précédents du cinéaste Noah Baumbach( surtout Les Berkman se séparent), je pensais être en terrain conquis, or, sans avoir évidemment detesté l'oeuvre, je dois dire que je n'ai pas été aussi soufflé que prévu.


Je comprends largement que le film ait plu à la critique parisienne, car tout, des références appuyées à la Nouvelle Vague, des personnages un peu barrés,  à ce noir et blanc, est fait pour cela, mais ces ingrédients mis bout à bout m'ont semblé être un peu artificiels et un peu poseur, et surtout l'ensemble donne l'impression d'une suite de sketches  parfois assez délectables, mais sans vraie cohérence entre elles.

Frances Ha ,jouée effectivement avec beaucoup d'investissement par l'actrice principale Greta Gerwig, qui a collaboré au scénario et qui du coup forcément s'est donné le beau rôle, celui de cette fille toujours un peu à coté qui choisit toujours la décision contraire à celle qu'il faudrait, est un beau personnage.

Cependant , à coté d'elle, les autres personnages manquent de consistance, et semblent être des personnages factices, des archétypes qu'on s'attend totalement à voir dans ce genre de films indépendants new yorkais ( le cinéaste friqué et indolent, les bourgeois condescendants...).  Et le film, qui se voudrait à la fois leger et mélancolique, a du mal à être convaincant dans cette seconde voie, car la dérision permanente latente pendant tout le film plombe le coté potentiellement émouvant du film... Un film qui se regarde sans déplaisir mais sans réel enthousiasme non plus...

 

michael

2. Michael  Kohlhaas

Ce (très) long métrage  là, je l'ai vu en avant première quelques jours avant sa sortie, et déjà, la bande annonce ( qui me faisait bailler en  moins de deux minutes) et ce que j'avais pu entendre lors de sa présentation au Festival de Cannes ne laissait présager rien de bon, mais en même temps, je me disais que l'histoire pouvait me fasciner...Hélas, à l'écran, au bout de presque 2h 15 d'un film qui en parait 5 fois plus, mon impression d'avant film est largement corroborée, et même au delà.

J'ai  toujours eu un peu de mal avec le cinéma radical, trè exigeant qui ne fait rien pour se faire aimer du spectacteur, et là on est  quand même dans la caricature même 'un cinéma "supra austère".

L'histoire, tirée d'un classique de la littérature allemande de Keist,  est plutôt belle et ingénieuse sur le papier, en ce qu'elle dit sur la justice sociale vu d'un pont de vue moral, ( l'histoire au 16ème siècle,  d'un vendeur de chevaux qui subit une injustice de la part du seigneur du coin) ,mais la version qu'en a fait Arnaud de Pallières est vraiment des plus incongrues et ratée, à mes yeux pratiquement de bout en bout. Certes, le manque de moyens est criant et la reconstitution historique est vraiment réduite à peau de chagrin, mais ce n'est pas une raison pour multiplier les gros plans sur les visages qui empechent totalement d'être émus et touchés et parfois de comprendre l'action qui se déroule sous nos yeux.


Quant aux  ( très rares) dialogues prononcés, ils n'arrangent pas vraiment  l'affaire, du moins je parle des dialogues qu'on arrivent à comprendre (certains sont prononcés sans qu'on voient les personnages qui les disent), à commencer ceux prononcés par un Mads Mikkelsen assez monocorde et ne dévoilant pas une immense palette d'expression (mais les autres acteurs sont encore bien pires).

Lent, terne, et vraiment plombant, ce Mickael Kohlass, qui a quand même eu quelques fans lors de sa projo à Cannes ( c'est pour cela que je me forcais à y croire avant de le voir), était pour moi pas loin d'être une purge. Bien trop épuré et manquant vraiment de rythme, le film, d'un esthétisme radical qui peut effectivement en séduire quelques uns, m'a de mon coté, profondément barbé.

 

une-place-sur-la-terre-28-08-2013-7-g3. Une place sur la terre

Voilà un film que j'aurais aimé adorer, plus au départ dans ma mouvance que le film précédent, et d'ailleurs c'est un long métrage que j'avais beaucoup soutenu avant sa sorties, notamment lors du jeu concours autour du film que j'avais organisé. J'avais notamment fondé d'énormes espoirs sur le sujet et sur le jeu de l'immense Benoit Poelvoorde  qui incarne un photographe désabusé.

 A ce niveau là, la promesse est largement tenue : Poelvorde, qui visiblement, a beaucoup d'échos avec son personnage, livre une partition bouleversante de sincérité et de fragilité. A ses cotés, la jeune Arianne Labed, vulnérable et sensible apporte un contrepoids interessant.

La première partie du film, qui voit se rencontrer ces deux êtres à la dérive qui n'arrivent pas à trouver leur place dans cette société, convainc par ce mélange de sensibilité, de tristesse, et d'une certaine fièvre, notamment dans les scènes d'espionnage photographique, ces scènes, où le souffle court, Antoine prend à l'insu de sa voisine, des photos qui le remettront  sur le chemin de la guérion.

Hélas, ce chemin de la guérison tarde à venir, et le film donne le sentiment de faire dangeureusement de faire du surplace à mi parcours. Les scènes s'étirent alors un peu trop, et les promesses que le film donnait au début, et notamment dans ses personnages, ne sont pas tenues...la relation entre ces deux êtres au bout du rouleau aurait pu être encore plus belle, plus tranchée, et en l'état,  l'ensemble donne un sentiment d'inabouti qui déçoit un peu.

 Vous l'avez donc vu, ce verbe est celui que j'ai le plus utilisé pour ces chroniques car j'attendais beaucoup de ces films et en fin de compte forcément, la déception était au rendez-vous...hélas!! Mais promis, mon prochain billet de trio sera quand même bien plus positif!!