Baz'art  : Des films, des livres...
13 avril 2014

Les chèvres de ma mère : encore un bien beau documentaire à voir en salles!!

 les-chevres-de-ma-mere-affiche-5331a33505bf5Pour mon avant première du dimanche soir, j'ai choisi, sur les 3-4 films que j'ai pu voir avant leurs sorties mercredi prochain (je vois de plus en plus d'avant première, chouette!!) un film qui m'aurait permis, s'il avait été tourné quelques années plus tôt, d'avoir un bien meilleure note à un oral de culture générale à un concours administratif.

En effet, je me souviens avoir tiré au sort une question sur les difficultés actuelles du monde agricole français, et répondre à cette problématique fut alors pour moi un grand moment de souffrance, tant je ne connaissais rien sur le sujet et que, sous la pression, je me suis à enchainer piteusement lieux communs et arguments complètement foireux.

Et je peux vous dire que si j'avais vu "Les chèvres de ma mère", ce documentaire de Sophie Audier à l'affiche dès mercredi prochain, j'aurais eu beaucoup plus d'arguments à faire valoir à mes interlocuteurs.

 En effet, ce premier long métrage nous raconte pas mal de choses sur le secteur agricole, que ce soit le rapport à la fois magique et délicat avec les animaux, mais également les difficiles démarches administratives que doivent faire les jeunes agriculteurs pour s'installer (avec notamment cette DJA, une subvention aidant au financement de la reprise d'une exploitation agricole, mais particulièrement difficile à obtenir), sans oublier,   plus généralement, les évolutions d'un monde agricole qui ne laisse plus aucune place à la liberté et à l'improvisation de l'éleveur; le moindre détail de sa démarche d'exploitation étant strictement réglementé, et cela, le film, aux vertus pédagogiques évidentes, nous le montre assez précisemment.

 Cette évolution entre le secteur agricole d'aujourd'hui et celui de demain est au centre même du récit, puisqu'on y suit le quotidien de Maguie Audier, qui est, comme le titre du film, l'indique littérallement- la propre mère de la cinéaste, ancienne citadine devenue, depuis mai 68, éleveuse de chèvres pendant plus de  40 ans, dans le hameau de Saint-Maymes (commune de Trégance, Var), dans les gorges du Verdon.

Ce plateau isolé et cette retraite quasi monacale ont permis à la fromagère de faire perdurer une tradition d'élevage sur le point de disparaître. Le film commence de ce fait, au moment où l'agricultrice décide d' assurer la transition avec une jeune agricultrice fraichement diplomée, qui vient récupérer le troupeau et la bergerie juste avant que Maguide décide de prendre sa- modique pécuniairement parlant- retraite.

Les "chèvres de ma mère "est donc, avant même d'être un document passionnant qui nous apprend plein de choses avec pédagogie et subtilité sur le monde agricole, un beau film sur la transmission.

Car, même si Maguie dit à un moment du film récuser le terme car, pour elle, "l'uniformisation de la société actuelle ne prend pas assez en compte le bien être de l'animal", il est bien question de transmission dans ce film: un passage de flambeaux entre l' "ancienne" et la jeune professionnelle qui passe non seulement par les mots, mais aussi et surtout par les gestes et les silences entre Maguie, qui éprouve visiblement énormément de peine à l'idée de perdre son bien le plus précieux, et cette jeune professionnelle qui tente de le récupérer avec des méthodes (basées sur des enseignements plus traditionnels, plus scolaires) et des personnalités forcément différentes.

Pour se faire le témoin de ce relais, la caméra de Sophie Audier sait se montrer à la fois discrète et bien présente, sans jamais chercher à prendre parti ou à juger l'un ou l'autre des deux protagonistes de ce film qui est aussi, incontestablement, et selon ses propres intentions dévoilées dans le dossier de presse, sinon un hommage à sa mère, et en tout cas une façon pour la réalisatrice de se soulager du poids de la culpabilité de ne pas avoir repris le flambeau familial.

Bref, voilà là un bien beau film, qui, quelques semaines après La cour de Babel et Dancing In Jaffa, confirme l'excellente qualité des documentaires sur grand écran de ce premier semestre de 2014.

Commentaires
A
Dancing in Jaffa est sorti ??<br /> <br /> Bon, il doit être très beau mais je ne pense pas que j'irai le voir. Pourtant mes grands parents étaient agriculteurs et le sujet m'interesse mais peut être pas assez pour m’attirer en salle. A voir !
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 353 638
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
169 abonnés