victoriafilm"Victoria", film du réalisateur allemand Sebastian Schipper, a remporté  le Grand Prix de la 7e édition du Festival international du film policier de Beaune et comme je l'avais dit lors de mon bilan du festival, ça aurait pu être mon tout premier film de festival, mais je suis arrivé une minute trop tard la faute à mon train qui a un peu trop tardé) ,  et je m'étais juré d'aller le rattraper en salles ce film  réali­sé par Sebas­tian Schip­per, ce que j'ai fait à sa sortie le 1er juillet dernier.

Je savais que la parti­cu­la­rité du film est d’avoir été tourné en un seul et unique plan séquen­ce, mais en un seul plan séquence et non pas plusieurs comme Birdman le dernier chef d'oeuvre d'Innaritu, mais je pense que pour encore plus apprécier le film il ne faudrait pas connaitre ce tour de force cinématographique.

Car  si « Victoria » vaut le coup, c’est assurément pour l’exercice de style auquel il nous invite : un long plan séquence de 2h19, le film dure exactement le temps du tournage, donc,entre quatre heures et six heures du matin  assurément le plus long plan séquence de l’histoire du cinéma  pour un travail en amont absolument ahurissant!C’est simple, la durée du tournage équivaut à celle du film, soit 2h14.

Victoria n’est donc au final qu’une seule et unique scène. Le résultat s'avère donc techniquement vraiment  bluffant : la gestion de l’espace,  du cadre, du temps avec notamment la lumière du jour qui se lève progressivement, tous ces éléments  sont parfaitement maitrisés  et on a donc l'impression d'être totalement immergé dans cette histoire de ces cinq jeunes, 4 allemands, et une jeune espagnole, embarqués dans cette folle aventure.

Malheureusement, et c'est là ou le bat blesse, on a quand même du mal à croire vraiment à cette aventure, car le scénario, et les dialogues, basés énormément sur l'improvisation des acteurs, restent assez faiblards et peu crédibles.Comme au théâtre, les acteurs ont d’abord répété pendant deux mois, avant de se lancer dans les représentations/prises.

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Cette absence totale de coupe pendant près de 2h20 oblige les acteurs à offrir un jeu intense, naturel, mais dont les dialogues sonnent parfois un peu creux et l'intrigue a tendance, surtout dans sa première heure, à patiner, avant de s'accélerer dans la dernière heure, au détriment de la crédibilité du scénario ( la scène de la boite de nuit après le braquage. On a également un peu de mal à s'attacher aux personnages, et à trouver de l'empathie pour cette Victoria dont les motivations restent assez absconces.

On atteint  ainsi la limite du procédé: aucune coupe, donc on garde tout, même ce qui n'est pas interessant, et  le tournage en caméra à l'épaule, parfois un peu nauséux, ne donne pas la poésie nécessaire  pour transcender le projet.

Cela dit, malgré ces réserves, cette expérience unique et sensorielle , cette sorte de Fureur de vivre des années 2010, mérite d'être vue.

Bande-annonce : Victoria - VOST