[CRITIQUE] Rose de Markus Schleinzer: Sandra Huller, tout genre dehors !
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On ne présente plus Sandra Hüller. L’actrice allemande de 47 ans, révélée par le film Toni Erdmann (2016), héroïne de Anatomie d’une chute (2023) et de La zone d’intérêt (2023), est d’une femme du 17e siècle qui se fait passer pour un homme dans le film Rose de Markus Schleinzer.
Dans ce drame historique, le réalisateur autrichien raconte l’histoire d’une jeune femme contrainte de se faire passer pour un homme pour survivre dans une société profondément patriarcale au lendemain de la Guerre de Trente Ans (1618-1648).
Le film, tourné en noir et blanc avec une mise en scène épurée, sort en salles le 9 septembre et on a pu le voir en avant première.
Au milieu du XVIIème siècle, un soldat balafré, usé par la guerre de trente, ce conflit religieux qui dévasta l'Allemagne, arrive dans un village isolé. Il a sur lui des papiers qui le certifient héritier d'une ferme que les villageois pensaient abandonnée.
Si il n'est pas le bienvenu, sa force de travail, son sens du devoir dans la communauté, le font rapidement accepté. Un riche propriétaire voisin lui offre même sa fille ainée en mariage. Impossible de refuser sans semer le doute ou la suspicion dans la petite bourgade, car ce soldat balafré a un secret, il s'appelle Rose.
Une femme en pantalon ou, le retour de Martin Guerre en Queer.
Formidable reconstitution de la vie d'une petite communauté protestante très à cheval sur les traditions dans l'Allemagne rurale de Westphalie.
Un noir et blanc sublime, des images composées comme des tableaux et une mise en scène naturaliste et austère qui rappelle Haneke (forcément, il fut son assistant sur " Le ruban Blanc", palme d'or à Cannes de très bonne mémoire ) pour nous raconter que le patriarcat a, en Europe, des racines profondes. Des racines encore vives qui contaminent toujours les esprits faibles de notre monde contemporain.
Un très beau film où, est-il besoin de le signaler, Sandra Hüller est une nouvelle fois épatante.
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