Depuis mardi dernier , les 600 et quelques romans de la rentrée littéraire vont commencer à déferler dans les librairies et autres grandes surfaces.De retour d'une petite pause estivale salutaire,  de congés pour en parler, mais je ne manquerais pas de le faire à la fin du mois d'aout et d'ici là, nous vous conseillons en avant première un très beau roman qui sera à coup sur un des grands titres de cette rentrée littéraire.

Il s'agit de L’Oiseau du Bon Dieu qui a remporté en 2013 le National Book Award, le plus prestigieux des prix littéraires américains. Une adaptation cinématographique est en préparation, et Michel qui l'a lu au début de l'été, vous dit pourquoi ce roman atteint les sommets du genre. 

oiseau bon dieu

« Dans l’armée du Vieux, ceux qui pouvaient supporter le froid sont restés au campement, se blottissant les uns contre les autres sous la tente. Les autres, y compris moi, le Vieux et ses fils, on a passé l’hiver à essayer de nous tenir au chaud là où on pouvait. C’est une chose de dire que vous êtes abolitionniste, mais chevaucher pendant des semaines dans les plaines en plein hiver, sans provisions de nourriture, pour mettre à l’épreuve les principes d’un homme, c’est comme vouloir attraper des mouches avec du vinaigre. A la fin de l’hiver, quelques-uns des hommes du Vieux étaient devenus partisans de l’esclavage. »

La vie de John Brown, les états du Sud de l’Amérique comme si vous y étiez. John Brown (1800-1859), abolitionniste convaincu et enflammé, porté par une foi démesurée  en l’Eternel, parcourt le pays  avec pour mission d’éradiquer l’esclavage. Passionné, illuminé son dernier coup d’éclat : s’emparer d’un arsenal fédéral en Virginie tournera au désastre, arrêté et jugé, il est pendu le 2 décembre 1859. Cette attaque suscite un vent de panique dans tout le pays, la guerre de Sécession peut commencer.

Henry  Shackleford, petit métisse, a dix ans lorsqu’il croise la route du capitaine Brown, ce dernier l’adopte tout de suite, il faut préciser que dans une bagarre de saloon il a tué son père et son maitre. Le jeune garçon n’a d’autre solution que suivre ce vieux complétement perché. Pris pour une fille et surnommé l’Echalote, il fera partie de la garde rapprochée de John Brown, petit témoin malicieux, il rapportera dans son journal, trois années d’errance, de combats et d’espoir. Des plaines du Kansas aux salons de Boston ou de Chicago avec un détour dans un bordel du Missouri,  la vie de l’Echalote, petite cousine de Tom Sawyer, est un roman.

 James Mcbride nous livre un récit passionnant sur les années qui ont précédées la guerre de Sécession et grâce à la biographie de ce héros méconnu, il lève le voile sur un effroyable pan de l’Histoire américaine. Chanson de geste à l’écriture enlevée, tour à tour drôle, poignant et féroce, ce Western haut en couleur nous donne  à réfléchir sur l’inhumaine condition d’esclave. Formidable épopée racontée à hauteur d’enfant par un gamin qui n’a pas la langue dans sa poche, « L’oiseau du Bon Dieu » c’est Zazie au Kansas et c’est sensass.

Michel D