clarika

Il y a quelques années de cela, le magazine Télérama (vous ai-je déjà dit que c’était un peu une bible en matière de culture ? s’amusait à classer les artistes phares de la chanson française en douze familles différentes, et parmi elles la famille femmes libérées qui avaient pour aînée Barbara, Anne Sylvestre et Véronique Sanson et pour membres une dizaine de chanteuse mi rebelle mi poétique, qui ont réussi à s’extirper des codes masculines de la chansons de Jeanne Cherhal à Emily Loizeau..

Dans ce groupe figurait aussi Clarika et la Grande Sophie, deux artistes que j’ai découvert plus ou moins grâce à cet article de l’époque et qui sont revenues particulièrement en force ces dernières semaines avec deux albums parmi les plus enthousiasmants de la scène française actuelle 

Avant de revenir prochainement sur le choc constitué par l’album de la grande Sophie, un petit mot sur Clarika,  dont la filiation avec la Grande Sophie  est assez évidente- les deux artistes sont amies et collaborent régulièrement sur scène- et de sa  plume à la fois si  élégante et si fragile. Après son album Joker paru en 2005 qui lui a permis de se faire connaître  mais pas vraiment du grand public, Clarika  avait surtout fait parler d’elle avec son album Moi en mieux en 2009, à l’écriture moderne et élégante. 

Mais pour moi Clarika  c'était surtout  "Garçons dans les vestiaires, de la pop amusante et frétillante,  mais quand même un peu trop lègere et superficielle à mon gout,le genre de morceau qui fait sourire mais qu'on oublie assez vite.

 

Clarika - Les garçon dans les vestiaires

       Mais, après quelques années plus difficiles, Clarika  est revenu en forme et en force en ce début 2016 avec son septième album De quoi faire battre mon cœur – ca sonne un peu titre à la Beaupain, ca- marqué par une rupture amoureuse,  rupture qui donne le ton de tout cet album triste mais sans aucun pathos.

 Plaquant comme les plus grands savent le faire des textes tristes  et mélancoliques sur des mélo­dies souvent pop et sautillantes, Clarika nous parle d'absence de solitude et surtout de cette thématique à la fois éculée et sans cesse renouvellée de l'amour qui s'en va avec de morceaux aux titres édifianfs comme  La vie sans toi, ou bien encore  Il s’en est fallu de peu

clarika-1_5514189

Réalisé par l’arrangeur Fred Pallem, Clarika intègre pour la première fois des cordes dans son univers etoublie- pour un temps la légereté un poil forcée de ses débuts en faisant  sonner  mélancolie et l’amertume avec sa poésie habituelle, pour ce qui est à mes yeux constitue son plus bel album à ce jour.

Une sensibilité féminine à fleur de peau pour chanter les failles et les fêlures d’une fin d’histoire amoureuse et deux duos avec la Maison Tellier et Alexis HK pour une dose de masculinité qui vient apporter un contrepoids idéal.

Un opus doux amer d’où scintille quelques perles étincelles, dont le premier extrait le formidable Je ne te dirai pas", très touchant et très vibrant point de départ d'une nouvelle vie après une rupture douloureuse.

Site officiel de l'artiste : http://www.clarikaofficiel.com/

A noter pour les parisiens sous le charme de mon article-et de l'artiste  que Clarika sera aussi en concert le 12 avril 2016 à la Cigale..