Si vous suivez ce blog depuis pas mal d'années, vous pouvez être surpris qu'on fasse une chronique du 5ème volet- j'ai du vérifier car j'avoue m'être un peu paumé dans les suites et autres spin off de la franchise d'une saga, qui à l'instar de toutes les franchises hollywoodiennes nous avait totalement renduindifférents...

 Sauf que comme je vous l'ai dit vendredi dernier, on a un nouveau rédacteur sur Baz'art, et celui ci est moins sectaire que nous et adore particulièrement cette saga reconnue par pas mal de cinéphiles comme étant d'une excellente facture...

Bref, Pablo, dont vous avez visiblement pas mal aimé la chronique de la Tortue rouge en fin de semaine, a beaucoup aimé le dernier Jason Bourne sorti en plein milieu de l'été , qui voit le retour aux affaires de Paul Greengras et Matt Damon- bon là je me rappelais quand même que Matt était pas dans le numéro 4- et nous en explique de suite les raisons..

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Une hackeuse piratant des données secrètes, la CIA à ses trousses... et revoilà Jason Bourne pour ce 5e volet qui clôt (ou pas!) la saga qui fût (ou est du coup), avec Mission: Impossible, les garantes du cinéma d'action des années 2000.

Mais quel dommage d'avoir produit Jason Bourne: L'héritage (qui fait qu'il y a une grosse incohérence chronologique), qui fût en plus un ratage complet, pour finalement revenir sur ses pattes en rappelant Paul Greengrass et Matt Damon, duo complémentaire qui avait si bien marché dans deux des trois premiers volets ("La mort dans la peau" et "La vengeance dans la peau"), le personnage principal étant charismatique comme jamais dans son rôle du "loubard fou".

Quant à Alicia Vikander et Tommy Lee Jones, ils sont sobres et propres en "traqueurs déterminés", même si la première citée a un "double-jeu" très vite remarqué.

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Greengrass, de retour aux affaires, a fait un effort autour du scénario (le fait que Bourne veut reconstituer son passé, ses origines, le fruit de son existence...), mais la vérité éclate, les têtes tombent et Bourne s'en sort: "Toujours la même chose!" vous allez me dire dire...Oui, mais...

La mise en scène du cinéaste britannique (ce journaliste est très axé dans son œuvre sur le 11 septembre 2001 (Vol 93) et sur le traumatisme post-attentat (Jason Bourne)) est d'une maîtrise et d'une intensité remarquable, avec cette culture pop (positions caméras, décors...) qui manquait dans le dernier film du nom de Tony Gilroy et aussi la photographie qui est assez exceptionnelle; la nuit noire ténébreuse lors de la course poursuite à Los Angeles entre Matt Damon et Vincent Cassel (casting 5 étoiles), et c'est d'ailleurs cet étalonnage qui sauve cette scène d'action qui en fait un peu trop.

On retrouve deux couleurs diamétralement opposées dans la manifestation à Athènes, à savoir le bleu du ciel (qui représente le carré en haut à gauche du drapeau grec, signe de révolution) et l'orange des flammes (qui fait penser au rêve -Refn l'utilise aussi pour faire passé ce message-, l'utopie mais surtout la violence charnelle), qui montre le déreglement psychologique de nos vies et des codes (gouvernements nationaux passifs mais aussi les manifestants violents).

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 Et cette alchimie picturale rend, entre autre, ce script, mièvre sur le papier, indécis et très intéressant sur la surveillance de la population américaine (voir même des fois de la population mondiale!) et le refus de la soumission à l'autorité;

Si vous ne pouvez pas voir cette belle construction cinématographique qui vaut le détour, n'ayez crainte: Jason Bourne reviendra, comme toujours... 

Pablo C.

Jason Bourne (2016) - Bande Annonce Officielle [VOST-HD]