La dernière vagun-homme-amoureux-une-histoire-damour-fou-dixit-diane-kurys_prev_0255523ue de restauration Pathé  du 11 avril dernier a été l'occasion de mettre en lumière quatre petits bijoux du cinéma quelque peu oublié des années 50 à la fin des années 80.

On a le premier volet de l'une des sagas les plus célèbres des années 50-60 (La Môme vert-de-gris), un drame méconnu d'Henri Decoin avec le formidable Louis Jouvet (Les amoureux sont seuls au monde), une superbe histoire d'amour de Diane Kurys avec un casting international (Un homme amoureux) et un grand polar servi par une brochette d'acteurs remarquables (Symphonie pour un massacre).

Restaurés, ces films ont désormais retrouvé leur splendeur d'origine sont sortis en combo DVD/Blu-ray le 11 avril 2018.

Nous avons pu voir les deux derniers d'entre eux : nous vous les chroniquons de suite.:

 Commençons par  Un homme amoureux, 4ème film de Diane Kurys et acessoirement son seul film tourné en langue anglaise avec un casting international, présenté en ouverture du 40ème festival de Cannes en 1987

Après sa nomination aux Oscars pour Coup de foudre en 1983, Kurys avait le grand désir d'aller réaliser  un projet international,dans sa distribution, dans sa production et son sujet et après plusieurs projets avortés va tourner cette  belle histoire d’amour autour d'un  d’un acteur connu épris de deux femmes.

Désirant depuis longtemps tourner sur le cinéma et le métier de comédien qui la fascine, Diane Kurys tourne d'une certaine manière sa  Nuit américaine à elle.

Il faut savoir que le film  de François Truffaut, est une de ses  références énormes. Ainsi  Diane Kurys tisse une intrigue centrée autour d'un couple de comédiens venus d’horizons différents, lui - Peter Coyote, vraiment formidable dans ce rôle d'un   célèbre acteur de cinéma au sommet de sa gloire;  elle, Gretta Sachi ( une actrice qui n'a pas forcément eu la carrière qu'elle méritait),  débutante forcément moins experimentée et un peu innocente qui n'a perdu ses illusions sur l'amour et les choses de la vie .

 

Magnifiée par une photographie superbe,  cette  romance passionnelle incandescente s'avère  de surcroit terriblement esthétique ( la Toscane y est superbement filmée, bien avant Call me by your name),  assez bien  dans l'esprit du cinéma italien de l'époque. 

Le film de Kurys vaut aussi pour son casting composé d’acteurs exceptionnels : les américains Peter Coyote, Jamie Lee Curtis, John Berry et Peter Riegert, les italiennes Greta Sacchi et Claudia Cardinale et notre français Vincent Lindon alors à ses tous débuts .

Un homme amoureux, réalisé en 1987, et qui reste très sous estimé pour les cinéphiles- le film avait été remontré l'an passé au Festival Lumière lors d'une rétrospective de la cinéaste d'ailleurs lyonnaise- retrouve toute sa splendeur dans le cadre de cette belle politique de restauration du catalogue Pathé.

 

Bonus du combo DVD/ Blu Ray / un  entretien inédit d’une trentaine de minutes avec la réalisatrice qui  revient sur l'origine, la production, le tournage et la sortie de ce long métrage.

 

 

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Ce n'est pas forcément le film le plus connu d'un des grands noms du polar français qui a notamment réalisé Borsalino, La Piscine ou Le marginal mais, Symphonie pour un massacre  notre seconde restauration Pathé du jour, vaut plus que le coup d'oeil .

 Une bande de malfrats prépare un sale coup et doit réunir pour cela une grosse somme d’argent. Chacun s’observe, ne se faisant pas vraiment confiance.

Deux vieux de la vieille, Claude Dauphin et Charles Vanel et trois jeunes plein d’avenir, José Giovanni, Michel Auclair et un Jean Rochefort surprenant dans ce qui est certainement un de ses rares rôles de salaud, peut-être même le seul ( à part aussi dans Ne le dis à personne de son pote Canet 40 ans plus tard) pour ,  son premier grand rôle de cinéma, totalement à contre‑emploi de ses prestations comiques à venir, du moins si quelques lecteurs veulent bien décortiquer sa vertigineuse filmographie.
Symphonie pour un massacre c'est un  film noir simple et efficace mais une mise en scène d’une étonnante modernité, pas de gras, pas de superflu, peu de dialogue, on suit le méchant et fourbe traite Jean Rochefort dans la machiavélique arnaque tout roule comme prévu mais....

 Que c’est bon de retrouver notre bonne vieille et grise France des années soixante.

La France des DS Citroën, ou des 403 Peugeot, la France des trains de nuit pour aller de Paris à Lyon, la France où l’on peut laisser sa voiture trois jours durant devant la gare Perrache sans débourser un centime, la France de la Nationale 7, la France des demoiselles du téléphone, Paris où l’on se gare en bas de chez soi  sans faire trois fois le tour du quartier.

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Imaginez surtout un  bon film noir au scénario bien huilé, que certains réalisateur actuels ferait bien de revoir. Ha oui! j’oubliais il y a aussi le beau visage triste de Michelle Mercier.
Un très très bon Deray.

En bonus de cette belle édition , notons  La partition de Symphonie pour un massacre par François Guérif (auteur de deux ouvrages sur le cinéma policier français et le film noir américain) et Jean‑Philippe Guérand (journaliste et biographe, auteur de Jean Rochefort, prince sans rire) (30 minutes)