Nous avons eu la chance, grâce au dernier Club 300 d'Allociné, de voir en avant-première The Cakemaker, premier long métrage du réalisateur et vidéaste israélien Ofir Raul Graizer, un film d'une délicatesse inouie, qui sort ce mercredi 6 juin dans toutes les (bonnes) salles de France...                                   

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Thomas (Tim Kalkhof) travaille comme pâtissier au Kredenz Café, un petit café situé au coeur de la capitale allemande. Le moment où Oren (Roy Miller), un père de famille israélien en déplacement professionnel à Berlin pousse la porte de son café est le point de départ d'une liaison secrète qui durera presque trois ans entre les deux hommes. Leur idylle prend fin lorsqu'Oren meurt dans un accident de voiture. Dévasté, Thomas décide de partir à Jérusalem sur les traces de son amant, de sa vie là-bas, dans l'espoir de garder, d'une manière ou d'une autre, un lien avec lui.

Peu à peu, il pénètre dans ce qui fût le quotidien d'Oren : il se fait embaucher dans le café de sa femme Anat (Sarah Adler) pour de petits travaux, puis grâce à ses talents de pâtissier, commence à confectionner des gâteaux, ceux qu'il faisait au Café Kredenz, ceux qu'Oren appréciait tant. Il rencontre son fils, son frère, Moti (Zohar Strauss) très religieux et très méfiant à l'égard de ce jeune allemand non-juif, sa mère, découvre la maison où il vivait... Plus il passe de temps avec eux, plus il se rapproche de ces gens qu'il a l'impression de connaître depuis longtemps. Et irrémédiablement, d'Anat. 

Grâce à une écriture particulièrement subtile, Ofir Raul Grazier nous plonge dans deux univers très différents : d'un côté, Berlin, ville synonyme de liberté dans laquelle un homme peut vivre sa relation avec un autre, et de l'autre, Jérusalem, ville où la religion est omniprésente, où le poids des traditions est énorme. 

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Ofir Raul Grazier a étudié la gastronomie avant le cinéma et ça se sent. Les scènes montrant la confection des pâtisseries sont un régal, les coups de fourchette dans les parts de Schwarztwald une véritable torture pour qui a fait la bêtise de ne pas manger avant la projection.

Dire que nos sens sont constamment sollicités dans ce fort joli film est un euphémisme...

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On ne peut qu'être particulièrement bluffé par l'interprétation de Tim Kalkhof, qui incarne le personnage de Thomas avec une justesse et une pudeur absolues. On s'attache à ce jeune garçon discret, qui ne sait pas trop ce qu'il fait dans cette ville et dans ce quotidien à mille lieues du sien.

Dans ce rôle, Tim Kalkhof, davantage un acteur de télévision que de cinéma en Allemagne, est particulièrement impressionnant de sincérité et de nuances. Sarah Adler est elle aussi très émouvante dans ce rôle de veuve qui arrive à maintenir la tête haute après la mort de son mari, à défendre son outil de travail contre les pressions religieuses, à s'affirmer en tant que femme libre.

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 Vous l'aurez compris, The Cakemaker, belle et émouvante ode à la liberté est vraiment un très beau film qu'il ne faut pas rater tout le temps qu'il est à l'affiche proche de chez vous!