COUV_TOSCAN

"Contrairement à ce que ses goûts pour les vieux meubles pouvaient laisser entendre, mon père n'était pas si nostalgique que cela. La nostalgie est un frein, il était un homme de mouvement. L'amoureux de création aurait vu dans toutes ces mutations une ouverture plus large à la créativité et d'autres supports pour les artistes. Sans doute aurait-il même repéré certains blogueurs ou débauché des "showrunners" de série télé. Je veux croire qu'il aurait senti le vent tourner, ou même qu'après un vent d'hésitation, il aurait été assez malin pour raccrocher les wagons."


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  Il y a quelques années, le journaliste spécialisé Jean Marc le Souarnec avait consacré une biographie dense et sérieuse ( parue aux éditions Seguier) au producteur esthète et très médiatisé qu'était Daniel Toscan du Plantier, un homme de l'ombre mais très médiatisé, consacré définitivement par une hilarante parodie des inconnus et dont la mort brutale en février 2003 en plein festival de Berlin aura forcément ému tous les cinéphiles du monde entier.

Pl
us de 15 ans après sa mort, c'est sa fille Ariane, qui,  comme son père l'a fait à un moment de sa vie, travaille chez Gaumont Fils (comme directrice de la communication et du patrimoine) qui consacre un livre à son père.

Un livre  forcément plus centré sur l'émotion et des souvenirs partiaux et affectifs que celui de le Souarnec , même si de son aveu même, Toscan Du Plantier était plus doué pour ferrailler avec les grands manitous du 7e art que pour ses liens filiaux.

Daniel n'était sans doute pas le père parfait, trop absent, trop coureur, trop singulier, trop radin, cynique parfois (notamment au mariage de sa fille où celle ci jugea son discours catastrophique) , mais Ariane n'est pas là pour régler des comptes, le temps a passé, les cicatrices se sont refermées, et c'est la tendresse et l'admiration qui prédomine de ce beau récit mené avec la toujours formidable Guillemette Odicino ( la plume de Télérama et chroniqueuse sympathique du Cercle Cinéma) .

Ariane est aussi la fille de Marie Christine Barrault, une des nombreuses comédiennes dont le producteur émérite et charismatique a séduit et forcément «Cousin, cousine», produit par Toscan  peu de temps avant leur divorce  a un souvenir particulier pour leur fille .

Il faut dire que Toscan du Plantier a eu une destinée assez incroyable, mariée plusieurs fois, avec notamment Sophie, sauvagement assassiné en en Irlande en 1996(ce qui donne lieu à un passage émouvant du livre où Ariane a enfin réussi à créer un vrai lien avec son père).

Évidemment, le livre de sa fille ne se propose pas d'en raconter ne serait-ce que le centième mais tenter juste de  nous faire connaitre une facette d'un Toscan du Plantier plus intime et qui reste avant tout un homme qui comptera dans l'histoire du cinéma.

 «Toscan, papa et moi» d'Ariane Toscan du Plantier (avec Guillemette Odicino), Editions de la Martinière (152 pages, 17,90€, parution le 2mai).