L’auteur de bandes dessinées des « Théodore Poussin », sort son premier roman le 13 février.

Michel qui a lu toutes ses BD et  même son roman jeunesse ne pouvait manquer cette occasion de découvrir ce roman événement en avant première . Verdict?  

cantina« Grisé par cet accueil chaleureux, Louis-Marie enchaine avec « Papa Oom Mow Mow », des Rivingtons, puis « In the Midnight Hour », de Wilson Pickett. On chante avec lui « Mountain of Love », du très blanc Harold Kenneth Dorman, et « Alley Oop », des non moins blancs Hollywood Agyles. Louis-Marie s’arrête un instant, littéralement enivré par le succès et le cannabis conjugués.

Il cherche à nouveau Rita du regard. Ils se regardent tous deux. Louis-Marie l’interroge des yeux, et Rita, avec un fin sourire, baisse lentement les paupières en signes d’assentiment.

Louis-Marie respire un grand coup, reprend sa guitare bien en main et enchaine les premiers accords, do, la mineur, mi bémol et do mineur. Puis, fragile, d’abord, sa voix monte doucement vers la voute céleste, au milieu d’un silence religieux. Il chante « The Warmth of the Sun » pour Rita. »

Une cantina perdue dans le désert mexicain. Une solitude à deux pour Louis-Marie et son serveur Felipe, brave et dévoué Vendredi. Chaque jour Louis-Marie, devenu amnésique, va se confier à Ferdinand un cactus de plus de quinze mètres de haut. Un confident sincère et discret qui écoute sans contredire. Ferdinand aurait-il des antennes célestes ?

Mais cette belle ordonnance, faite d’ennui et de tranquillité quelque peu mortifère,  est troublée par l’arrivée d’une vieille Oldsmobile avec à son bord la belle Rita et Juan son amant. Tout est en place, l’harmonie d’un quotidien improbable troublée par un élément perturbateur. Le théâtre de l’absurde peut commencer.

 1967, l’époque où les baby-boomer prenaient leur destin en main. Adieu l’Amérique à la papa, fini la guerre froide paranoïaque, welcome  Summer of Love in America.  «La  Cantina » devient  la vision nostalgique d’une époque et d’une Amérique rêvée.

Franck Le Gall nous ouvre les portes de la perception pour un retour vers le futur réjouissant. De son écriture colorée il nous fait ressentir la touffeur poussiéreuse du désert, sa luminosité incandescente et l’érotisme moite des peaux brulées par le soleil.

Avec Les Beach Boys en bande son, Le Gall vient d’écrire les mémoires psychédéliques d’un amnésique, accompagnons le dans sa drôle de psyché.

 

I Get Around - the Beach Boys

  La Cantina », de Frank Le Gall, chez Alma Éditeur, 296 pages. En librairie le 13 février. Prix : 19 €.