Critique cinéma : TATAMI : le long métrage iranien qui met un Ippon à la rentrée
En salles dans tout juste un mois, on a vu en avant première Tatami, le long métrage inspiré d'une histoire vraie et qui fait joliment écho avec les exploits de Teddy Riner aux JO de Paris
Un film co-réalisé par la franco-iranienne Zar Amir (Prix d’interprétation #Cannes2022 avec Les Nuits de Mashhad) et par l’américano-israélien Guy Nattiv (#Oscar2019 du Meilleur court-métrage avec Skin).
La judoka iranienne Leila et son entraîneuse Maryam se rendent au championnat du monde de judo avec l'intention de ramener la première médaille d'or de l'Iran.
Au milieu de la compétition, elles reçoivent un ultimatum de la République islamique ordonnant à Leila de simuler une blessure et de perdre. Sa liberté et celle de sa famille étant en jeu, Leila est confrontée à un choix impossible : feindre une blessure et se plier au régime iranien, comme Maryam l'implore de le faire, ou les défier tous les deux et continuer à se battre pour remporter l'or.
Unité de temps, unité de lieu, unité d'action, les vies de Leila et de Maryam vont se jouer dans les quelques heures intenses d'un championnat de judo.
Thriller politique et féministe puissant dans une mise en scène tendue qui nous emporte dans les cercles sombres et infernaux d'une dictature qui broie les individualités.
Un noir et blanc soyeux enveloppe les deux héroïnes dans le décors froid d'un gymnase.
Tiré d'une histoire vraie, Zar Amir Ebrahimi, coréalisatrice franco iranienne que l'on sait formidable actrice depuis son prix d'interprétation pour " Les nuits de Mashhad " à Cannes en 2022, et Guy Nattiv coréalisateur israélo-américain signent un film au suspens intense sur le combat d'une femme pour sa liberté et celles de toutes les femmes.
Les mauvaises langues pourront rétorquer que le film reste assez classique et sans surprise coté scénario, mais on pourra rétorquer à ces mêmes mauvaises langues les dictatures sont aussi malheureusement classiques et sans surprise coté traitement de l'individu......
Ce qui est certain c'est que l'enceinte d'un gymnase dont on ne quasiment sort pas fait aussi tout le charme et surtout toute la force du film....
A voir absolument même si, comme moi, vous êtes hermétiques et insensibles aux huchi mata, soto-maki-komi, sutemi-waza et autres galipettes sur tatami.