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24 décembre 2024

Rencontre avec Claude, l'artiste phénomène de la scène française actuelle

Il a fait des premières parties d’Eddy de Pretto, a travaillé avec l’arrangeur de Zaho de Sagazan… Le jeune chanteur Claude, 26 ans, a sorti en  octobre son premier album « In Extremis ».

Reconnaissable à ses lunettes rondes et à sa moustache, ce jeune artiste qui s’est lancé dans la musique à la faveur du confinement de 2020  propose un univers  pop en français aux influences électro, 

il  y livre une œuvre à la fois intime et ambitieuse qui s’impose déjà comme un marqueur de la nouvelle scène musicale française.

Claude  s'est vite imposé comme l’une des voix singulières de la nouvelle scène française.

Avant sa date lyonnaise le 18 janvier prochain au Marché Gare, nous avons souhaité allé à sa rencontre :

 

 

   
 

 

Vous allez vous produire le 18 janvier prochain au Marché Gare, un mois après avoir fait la première partie de Zaho de Sagazan à la Halle le 11 décembre dernier... est ce que c'est vraiment différent de chanter en première partie que de faire un concert sur son seul nom?

Ah oui quand même ce sont deux choses bien distinctes.

La Première partie de Zaho j'ai forcément moins de pression, c'est pas exactement le même type d'engagement..

Le public ne vient pas me voir moi, je ne suis pas forcément attendu.

Je connais bien l'équipe de Zaho j'ai pas mal d'amis qui en font partie, et on a aussi notre producteur (Alexis Delong) en commun je ne pouvais donc pas refuser une telle proposition.

Quand j’ai commencé la musique, je ne connaissais personne et je ne venais pas du tout de la musique.

J’ai découvert ce concept de parrainage, ultra-important dans la musique. Il y a ces artistes qui ont déjà fait pleins de choses qui ont une forme de générosité et d’intelligence d’aider des plus petits artistes pour passer des étapes et pour avoir un public.

Zaho  fait partie de ces artistes qui ont un succès énorme et qui accompagne les artistes emergeants je lui en suis tres reconnaissante.

Entre Zaho et moi, il y a un pont qui relie nos deux univers donc je pense que le public n'a pas été totalement dérouté par ma proposition.

 

Et du coup,  ce que vous allez proposer au marché Gare ressemblera à ce que vous avez proposé lors de votre première partie de Zaho?

Pas totalement, ca sera déjà forcément bien plus long...  ce que je vais proposer le 18 janvier au Marché Gare est plus dans la continuité de l'album que je présenterai en grande partie ce soir là

Au Marché gare, on est trois sur scène, avec de la musique électronique jouée par des musiciens très talentueux.

Ça permet d’emmener les morceaux ailleurs. J’adore faire ça et je trouve ça beaucoup moins stressant que si je suis tout seul derrière mes machines comme j'ai pu le faire à mes débuts.

 

Vous parlez un peu au public ou il n'y a pas trop d'interaction, en restant derrière votre machine?

Ah je parle énormément au public, si, j'ai meme besoin de cela pour me sentir à l'aise, si je n'interagissais pas avec le public je trouve que ca serait beaucoup plus stressant, j'adore en live ce moment de connexion que j'ai avec le public, et puis j'aime bien l'idée de présenter mes chansons de dire quelques mots en amont du titre.

 

Étonnamment on aurait pu penser que vous n'êtes pas très bavard sur scène ni même face aux médias..
En tout cas, cela peut être l'image que vous renvoyez de prime abord, quelqu'un de très mystérieux, qui dévoile peu de lui à part en disque, je pense notamment à ce pseudonyme Claude sous lequel vous vous cachez....

Détrompez vous, je ne suis ni mutique ni très introverti et j'aime beaucoup parler notamment aux médias, c'est important pour moi de présenter au plus grand monde ce que je fais et mon projet...

Après, c'est vrai que je souhaite conserver une part de mystère, ne pas tout dévoiler, dévoiler mon vrai patronyme n'apporte pas grand chose, mais je le ferais certainement plus tard, ce n'est juste pas le bon moment ( sourires)

 

 

Justement, par rapport à cet album, est que vous pouvez nous présenter  le projet? 

Vous savez, je suis quelqu'un de profondément  attaché au format album en tant qu’auditeur et je trouve que la meilleure manière de faire un premier album est de se présenter.

J’ai voulu à la fois me présenter dans les textes et présenter mon monde en tant qu’artiste par un choix d’instruments de morceaux, de mélodies…

Je dirais qu'en terme de l'univers mélodique , on est de l’ordre de la chanson pop avec quelque chose d’électronique.

J'exploite des machines telles que les boîtes à rythmes et le synthétiseur Roland TB-303, des instruments emblématiques de la tech house des années 80 et 90 et je colle ces ambiances là aux textes .

 

Vous écrivez vos textes avant de vous attaquer à la mélodie?

Au début de l’écriture de l’album, j’avais noté sur mon téléphone une liste de défauts, de sujets tabous avec lesquels je n’étais pas à l’aise. Je me suis dit qu’il n’y avait pas mieux pour se présenter que de parler de ses défauts.

Je les ai tous pris en essayant de faire un morceau par sujet tout en gardant des thèmes qui servent de fil conducteur et auxquels ils pourrait se greffer une mélodie ,

 

Comment s’est déroulé le processus de création  de IN Extremis ?

J’aime bien le cadre et les contraintes, ce qui me vient sans doute de mes années en classes préparatoires.

Je me suis mis des deadlines, en me donnant un an pour faire cet album. Au même moment, j’ai rencontré l’arrangeur, producteur et compositeur Alexis Delong, un artiste brillantissime.

On a fait une première session studio en mars, on est devenu très proche, et donc on a fait l’album ensemble : moi sur la partie écriture et composition et lui sur la partie composition et production.

 

 

Vos textes sont parfois sombres au niveau des thèmes abordés et ils sont parfois contrebalancés par des musiques électro presque dansantes..

 

L'album parle surtout de  solitude, une solitude que l'on s'impose un peu à soi meme

Addition parle par exemple de la peur de l’engagement ce qui aboutit à de la solitude, de  la peur de trop se désavouer en étant en couple.

Micro-onde parle de quelqu’un qui se croit très indépendant mais qui s’éloigne des gens dont il est proche.

Baisodrome”,  évoque l’apprentissage et l’angoisse liés à nos sexualités naissantes,

La question de la perte du contrôle est aussi présente dans tous les morceaux.

Tout au long de l’album, on a aussi essayé de mettre une tension, à la fois dans le texte et dans la musique, avec des structures musicales différentes.

 

 

Si on vous dit que vous avez une approche presque mathématique de la musique,  vous y arrivez à y mettre pas mal de poésie aussi, deux éléments qui pourraient paraitre contradictoire vous en dites quoi?

 

Pour moi ce n'est pas contradictoire.. quand vous regardez des mathématiciens qui commencent à présenter leurs formules ou équations vous vous dites qu'il y a une part de poésie la dedans.

Et puis je ne dirais pas que j'ai une approche mathématiques de la musique, plutôt scolaire je laisse assez peu de place à l'improvisation, tout est assez carré dans ce que je fais  même si je peux également me fier à mon instinct...

 

Il parait que vous écoutez peu de chanson française que ce n'est pas du tout vos références, alors qu'entre Sebastien Tellier ou Christophe il me semble y avoir entendu quelques influences...
Du coup, qu’écoutez-vous comme musique ?

Je vous confirme, j’écoute  très peu de chansons françaises.

Ce n' 'est pas du tout ma culture.

  Tellier pour le coup oui je l'ai pas mal écouté mais c'est plus de l'electro que de la chanson française.

Mais Christophe, je sais qu'il a fait des choses qui ressemble à ce que je fais, mais moi j'en suis resté aux mots bleus ou à Aline .

Je ne suis pas encore allé plus loin dans ma découverte de l'artiste,  mais promis,  je vais le faire ( sourires) , j'aime bien aller progressivement vers des rives que je ne connais pas forcément .

En ce moment j’ai beaucoup écouté l’album house de Jamie XX.  mais ma référence ultime reste Tyler, The Creator c'est un artiste dont le parcours et l'approche artistique m'inspire énormément, j'aime tout ce qu'il faut comment il le fait il est vraiment un vrai modèle pour moi.

Comment etes vous passé  d'étudiant à  une école de commerce à chanteur à plein de temps?

 

J’étais en effet étudiant jusqu'à peu dans une école de commerce à Paris.  Pendant le confinement, j’ai eu un peu trop de temps pour réfléchir, avec la sensation de ne pas faire quelque chose qui me rendait fier.

Je ne m’étais jamais trop posé la question de savoir si j’étais à ma place.

J’ai poursuivi mes études tout en essayant de voir si je pouvais faire de la musique, moi qui en écoute beaucoup.

Je me suis donc essayé à l’exercice de l’écriture, de la composition, de la production. J’ai partagé mon travail en ligne et des personnes de l’industrie musicale m’ont dit qu’il y avait quelque chose d’intéressant à faire. 

J’ai continué dès lorsmes études mais de manière beaucoup plus lointaine en me concentrant sur la musique et en m’entourant d’une vraie équipe de pro.

J’étais encore étudiant en janvier 2023 quand j’ai commencé à travailler sur mon premier EP "Bientôt la nuit". tout en commençant à sérieusement travailler sur" In extremis."

L’album comporte des titres personnels . Comment vivez-vous ce moment où le public se l'approprie?

 

Vous savez, il y a beaucoup de bienveillance dans les retours que j’ai et jamais de la curiosité mal placée sur les sujets abordés et il y a plein de chansons qui parlent de moi donc il y a aussi mes proches qui les écoutent.

Quand tu as un morceau qui s’appelle Baisodrome, tu appréhendes un peu la réaction de la famille…

Mais la sortie de l’album est  une période que je trouve très belle, avec beaucoup de soutien.

Je n’ai jamais craint de sortir ces morceaux-là très personnels et j'avais raison de ne pas le craindre..

 

Vous êtes en tout début de carrière. Quels sont vos envies pour la suite et vos rêves ?

Le principal objectif est de faire de la meilleure musique tout le temps.

Et bien sûr, il y a des choses qui font rêver comme l’Olympia, faire un jour un Zénith, vendre plein d’albums , me produire en festivals  un peu partout en France ou dans le monde, vous voyez je rêve un peu en grand (rires)…

 

Claude sera en tournée dans toute la France et  à Lyon au Marché Gare, le 18  janvier prochain

Lien de la billeterie ci dessous :

 

 

 

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La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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