Baz'art  : Des films, des livres...
20 février 2025

Ariane Labed : "Je suis passionnée par les personnages de femmes au cinéma !"

Ariane Labed était de passage à Lyon le lundi 17 février pour présenter le film au cinéma Le Comoedia de Lyon.©Eric Séveyrat

Ariane Labed était de passage à Lyon le lundi 17 février pour présenter le film au cinéma Le Comoedia de Lyon.©Eric Séveyrat

Ariane Labed : "Je suis passionnée par les personnages de femmes au cinéma !"

 

Vous êtes française et vous avez tourné en anglais en Irlande…

Le roman de Daisy Johnson que j'ai adapté se déroule en Angleterre, nous aurions dû aller sur les côtes anglaises pour tourner, mais la boîte de production se trouve en Irlande. Ces paysages se ressemblent et collent bien au film. L'autrice du livre m'a laissé entière liberté.

Je suis française, mais j'ai vécu plus de temps à l'étranger qu'en France. Je vis en Grèce, la co-production est anglaise, irlandaise, allemande. Je me sens un peu étrangère un peu partout. De plus, je voulais que les femmes soient racisées, les Indiennes étant peu représentées dans le cinéma.

 

Le titre anglais September says est différent du titre en France, September &July …

Oui, certaines personnes entendaient September "seize", comme le chiffre, mais j'aime aussi le titre pour la France. On voit bien que ce sont des mois, qu'elles n'ont que 10 mois de différence. Avec July plus solaire, et September plus automnale, à l'instar de leurs personnalités.

 

Pendant les scènes de harcèlement, on a l'impression qu'aucun adulte n'est présent pour prévenir ou protéger September et July…

Oui les adultes sont assez incompétents dans le film (sourire). C'est déjà un peu présent dans le roman Soeurs de Daisy Johnson. Les adultes passent souvent à côté de grandes souffrances des adolescents.

July est également en danger du côté de sa sœur, qui exerce une emprise toxique, et la met en danger. Mais personne n'y voit rien, même pas leur mère.

Adultes, on porte un regard réducteur sur l'adolescence en parlant de "crise". C'est au contraire un temps porteur de tous les possibles, tant dans la joie que la morbidité.

Pour moi c'est une période fondatrice, j'ai peut-être du mal à en sortir, c'est peut-être aussi pourquoi je fais ce métier.

 

La scène de sexe est très drôle…

C'est la scène de comédie du film. J'ai voulu montrer un rapport d'égal à égal femme-homme au lit. Je suis ouvertement féministe et militante.

Les hommes sont plutôt doux et bienveillants dans le film, même s'ils n'ont que très peu de place dans le film. C'est réjouissant de désacraliser le sexe, le sortir des clichés ou de la performance.

 

Vous insérez peu de dialogue dans le film...

Je n'ai pas beaucoup de confiance dans les mots dans le cinéma. Je ne mets pas beaucoup de plans dans chaque scène. Je comprends que cela puisse déranger.

Ma référence absolue c'est Chantal Akerman. Le choix de la place de la caméra et le regard sont primordiaux. Je viens de la danse et du théâtre, j'ai un rapport très physique et très concret au jeu, je ne fais pas de travail psychologique avec les actrices et acteurs.

Tout est question de rythme et d'énergie des corps dans l'espace et pas de ton. Je n'emploie pas de mots comme la colère, la frustration, etc. dans le travail avec les acteurs.

 

Votre sortez votre premier film à quarante ans, c'est le film dont vous rêviez ?

Le rencontre avec ce roman ma fait prendre un petit virage car je crois que je n'aurais pas fait le choix d'une cellule familiale, c'est trop complexe, en revanche ce sont bien les personnages féminins qui me passionnent et cela sera aussi le cas aussi dans le prochain.

 

Vous avez des projets, un prochain film ?

Je vais travailler comme actrice parce que cela m'a manqué et j'espère pouvoir monter un prochain film qui sera un film choral de femmes. Je ne mettrai pas en scène, je ne pourrai pas me regarder.

 

Vous allez tourner en français le prochain ?

J'irai tourner là où il y a l'argent (rires). La nationalité des films m'importe peu. La position d'étrangère un peu partout m'apporte une contrainte productive.

Merci au cinéma le Comoedia de Lyon ( rencontre réalisée le lundi 17 février 2025) et au distributeur New Story films

Voir  ci dessous notre critique du film September et July en salles depuis le 19  février

 

 

 

 

 

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Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

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La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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