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7 février 2025

Interview de Milena, jeune chanteuse franco-arménienne de Lyon

Milena , c’est un mélange de chansons pop folk mélancoliques inspirées de sa culture d’origine arménienne, une touche de rythmes funky à la Matthieu Chedid et des textes doux-amer à la Francis Cabrel. Ce qu’elle aime, c’est raconter des histoires, en évoquant toute une palette de sentiments, portées par une voix sensuelle et douce doublée de sa guitare folk.

présentation de l'artiste sur son site officiel

On l'a découvert en première partie de Rose le 17 janvier dernier sur la petite scène du Tout Bout de chant.

A pas encore 25 ans,  Milena Moutafian, qui se présente sous son seul prénom d'artiste,  dégage une vraie maturité, portée par un vécu riche et une voix limpide qui nous enveloppe dans une atmosphère intime, joliment teintée de mélancolie.

D’Erevan à Grenoble en passant désormais par Lyon, cette jeune artiste a grandi avec la musique et le chant. Aujourd’hui, elle écrit ses propres mélodies et raconte en chansons ses doutes et passions d'aujourd'hui, comme elle nous l'a expliqué dans un récent échange téléphonique dont nous vous livrons un petit compte rendu ci dessous.

Avant tout je souhaiterais m'excuser, avant de vous découvrir en première partie de Rose,  je n'avais jamais entendu parler de vous alors que cela fait pourtant déjà quelques années que vous vous produisez en tant qu'artiste dans la région d'après ce que j'ai vu une fois rentré chez moi...

Vous êtes tout excusé (rire), en fait, cela fait quelques temps seulement que je "sévis" sur Lyon.

Il faut savoir que j'ai été pendant longtemps grenobloise avant d'écumer les salles lyonnaises depuis deux- trois ans seulement...

Sur Lyon, vous avez travaillé avec quelques structures culturelles importantes, comme le Laboratoire du conservatoire de Lyon, n'est ce pas?

Oui tout à fait :  quand je suis arrivée sur Lyon, j'ai travaillé avec le conservatoire de Lyon pendant deux ans qui m'a bien accompagné sur pas mal de scènes.

C'est beaucoup grâce à eux que j'ai pu jouer pas mal sur Lyon.

Cette collaboration a pris fin l'année dernière.

Désormais je suis accompagnée par la salle la Belle électrique à Grenoble, avec un accompagnement un peu similaire à celui que j'avais sur Lyon..

Ce qui veut dire que vous gardez encore pas mal d'attaches sur Grenoble, votre ville d'adoption et de cœur..

Oui j'avoue qu'étant un enfant du coin, ca m'aide pas mal, en tant que grenobloise travailler sur une si belle salle est un vrai plus...

Et comme je ne  réside pas sur Paris, je suis un peu obligée si je veux vivre de ma musique d'avoir des liens forts avec ces structures culturelles de ma région... 

Concrètement,  avec la Belle électrique, je fais des formations, des résidences, ils m'aident sur des vidéos et ils me programme parfois en première partie d'artistes divers et variés.

Concernant vos prestations scéniques, j'ai vu que vous proposiez deux configurations différentes, une seule en acoustique comme vous avez produit en première partie de Rose et une autre moins minimaliste avec plusieurs musiciens...

Cette dernière configuration avec plusieurs musiciens, je l'ai un peu mise de coté récemment pour des raisons artistiques.

J'essaie de plus en plus de me conforter dans cet univers très intimiste. 

Proposer deux formules sur scènes demandait pas mal d'énergie, donc sur 2025, je reste que sur une configuration en solo, on verra pour les années futures si j'étoffe un peu mes prestations scéniques notamment pour les festivals...

En parlant de festival, vous allez faire prochainement le beau festival des chants de mars où vous partagez l'affiche avec Lisa Ducasse

Oui c'est une date prévue le 27 mars prochain à la Salle des Rancy.

Ma prestation devrait ressembler à ce que j'ai fait Au tout bout de chant en première partie de Rose, mais avec quelques nouvelles chansons que je n'ai pas encore chanté sur scène, j'ai vraiment hâte d'y être...

Dans ces nouveaux morceaux, il y a comme chaque hiver, que vous sortez en single ce 7 février...

Oui c'est pertinent que je sorte ce morceau à ce moment là de mon parcours,  je vous disais que je voulais orienter ma direction artistique vers une voie plus intimiste, or ce titre est fait juste en guitare voix, donc il va complètement dans ce sens là...

Cela prend un peu de temps de trouver sa véritable direction artistique, on essaie des choses, parfois ca correspond moins à ce que vous êtes réellement, et parfois comme ici, ca y ressemble plus..

Cela prend du temps, et en même temps vous êtes encore toute jeune..même pas 25 ans...cela étant vous avez commencé très jeune à faire de la scène j'ai même vu que vous aviez fait The Voice quand vous aviez 17 ans...Qu'avez vous tiré de cette expérience?

 

Oh;  j'en ai tiré beaucoup de positif, même si j'étais tres jeune comme vous dites( rires)...

Je faisais déjà des compositions en guitare voix, finalement, déjà à l'époque...

J'avais failli faire the voice kids à 15 ans, mais on m'avait conseillé d'attendre The Voice adulte et ça avait pris rapidement...

A contrario, il y aussi l'étiquette de l'émission à décoller dans l'esprit des professionnels et du public, non?

Ah oui, totalement...cela n'a pas été forcément évident pour moi de la décoller, je vous l'avoue surtout à 17 ans...

J'ai fait cette émission assez insouciante sans me poser trop de questions, mais c'est après coup que je me suis rendu compte que c'était dur de me détacher de l'émission...

Je pense que j'y suis assez arrivé à partir du moment où j'ai commencé à écrire mes propres chansons... 

 

Vous écrivez les paroles et les musiques de tous vos morceaux? Vous faites tout toute seule?

 

Presque tout toute seule... je suis aidée parfois par mon guitariste Romain Amardeil, qui m'accompagne depuis pas mal d'années..

C'est lui qui est intervenue dans toutes les  parties guitares de comme chaque hiver notamment ...

D'autres musiciens viennent aussi me prêter main forte de temps en temps sur d'autres compositions..

 

Par contre les textes c'est 100% vous..personne ne vient y apporter un regard extérieur...

Non à part sur des ateliers comme aux rencontres d' Astafort où j'ai pu écrire de manière collective, mais sinon les textes c'est vraiment quelque chose de personnel que je préfère écrire toute seule..

 

Par rapport à ces textes, vous alternez quasiment à 50-50 chansons en français et chansons en arméniens, c'est quelque chose que vous faites de façon naturelle au départ?

 

J'ai toujours chanté en arménien car j'ai toujours parlé cette langue avec mes parents...

Donc c'est venu assez naturellement de chanter aussi dans cette langue.. L'arménien prend parfois le dessus car je vois que c'est ces morceaux là qui marquent le plus le public.

Je ne pensais pas vraiment au départ que c'était ces chansons là qui allaient le plus séduire, mais je m'en rends compte en fait que si...

C'est quelque chose qui me fait forcément très plaisir, le fait de faire découvrir aux gens la beauté de ma langue natale..

 

Concrètement, c'est la langue qui détermine le thème? J'ai l'impression que vos morceaux en arménien sont plus intimes que ceux en français, plus sociétaux...

Disons qu'en arménien je vais naturellement plus parler de ma famille, de mes parents, de mes souvenirs d'enfance notamment dans un morceau comme Im Kaxak où je rend  hommage. à ma ville natale, Erevan.

 

 

Alors qu'en français je vais a priori plus parler de mes préoccupations de jeune femme d'aujourd'hui dans la société française, mes amours, mes espoirs, mes doutes...

Bon je vous dis cela, et en même temps, dans le nouveau morceau "Comme chaque hiver" qui est en français je parle de ma grand mère arménienne qui habite en Arménie, donc tout n'est pas forcément aussi simple (rires)..

 

La volonté de défendre vos racines arméniennes  dans votre répertoire est quelque chose que vous avez depuis que vous avez commencé à faire de la musique?

 

Disons qu'il y a eu un avant et un après mon voyage en Arménie en 2019 ..

Je n'y étais pas retournée depuis 15 ans , quand je s'y suis retournée je me suis sentie encore plus attachée à ces racines là...

Par exemple, quand j'ai fait The voice, deux ans avant ce retour aux sources j'avais refusé de chanter en arménien comme il pouvait en être question car j'avais refusé qu'on me colle cette étiquette là, et que j'étais dans un univers plus pop anglo saxon- j'avais notamment repris Billie Jean, c'était vraiment ce que j'écoutais à l'époque...

C'est arrivé un peu plus tard cette volonté d'affirmer plus intensément mes racines, avec l'âge et mon évolution en tant que femme..

 

Oui, d'autant plus que jusqu'à preuve du contraire, peu d'artiste femme franco arménienne ont vraiment percé sur la scène musicale, si?

 

Non, en tout cas personne  qui chante dans les deux langues en alternance comme je le fais, il y en a pas beaucoup c'est sur..

C'est d'ailleurs pour cela aussi que j'avais quelques hésitations au départ, mais rapidement je me suis dit qu'il fallait s'écouter, , ce qu'on a vraiment envie de faire du plus profond de soi..C'est quelque chose d'instinctif ...

Moi c'est évident que chanter en arménien peut avoir un coté réducteur, on va avoir envie de me classer dans la catégorie " musique du monde" ce qui n'est pas vraiment mon projet.. 

Et en même temps la difficulté qu'on peut avoir de me catégoriser est aussi un avantage: je peux tout autant me produire en première partie de Joe Bel que de Souad Massi ce qui est cool c'est que j'aime toutes les deux..

 

Cette diversité, elle est présente dans vos références assumées... M ou Cabrel chez les français et des artistes arméniens, que vous ne citez pas forcément sur la page officielle de votre site d'ailleurs..

 

Je ne les cite pas car on ne le connait pas forcément si on est pas arménien mais si vous le souhaitez je vous les dis sans problème,

En Arménie,  il y a pas mal de chanteurs  qui font de la chansons plutôt à textes : je pense  à  un artiste comme FORCH qui écrit de beaux textes, Robert AMIRKHANYAN  avec qui j'avais collaboré quand j'avais 16 ans  ou encore le formidable Ruben HAKHVEDYAN, j'en passe et d'autres..

Et du coup, est ce que la communauté arménienne  de France vient vous voir chanter?

Ah oui de plus en plus en effet.. en France je le remarque vraiment depuis quelques années...

Et puis j'ai eu la chance de chanter la bas deux fois en 2022 et en  2024 ...

La petite française qui chante en français et en arménien, ils adorent... quand je chante en français beaucoup et quand je reprends des grandes chansons du répertoire arménien encore plus, forcément ( sourires)..

Crédit photo : Olivier Blaisa; Fabrice Buffart

Ecoutez l'interview dans son intégralité dans le podcast suivant

Retrouvez l'artiste notamment sur les réseaux suivants

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Youtube :    / @milena.officiel   
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All links : https://linktr.ee/MilenaMM

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