Avignon Off 2025: 4 coups de❤️ spécial seul (e) en scène
Seuls sur scène, ces comédiens ou comédiennes ont eu envie d'en découdre avec le public, ou de réaliser un rêve, de tester leur art.
Un humour noir qui pique, qui bouscule, et qui rassemble.
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Comment commencer cette critique sans tomber dans le piège de la catégorisation ? Faut-il parler “d’humour noir au féminin” ? Comme si l’humour avait un genre, une saveur genrée, une façon d’exister différente selon qui le manie. Non, oublions cela. Sarah Anna casse ces codes-là d’entrée de jeu.
Ancienne infirmière, elle connaît les corps, les douleurs, les tabous – et elle les tord avec une précision chirurgicale pour en extraire un rire grinçant, parfois dérangeant, mais toujours salvateur. Sur scène, elle enchaîne avec une aisance bluffante des punchlines sur les hommes trop insistants, l’écologie militante, les nouvelles mamans débordées… Rien n’est épargné. Et surtout pas les idées toutes faites.
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Avec son visage angélique et son sourire espiègle, Sarah Anna balance des vérités acides et des horreurs délicieuses, comme on lance un bonbon pimenté à un public pris de court. On rit. Parfois jaune. Souvent fort. Et l’on pense. Car c’est là toute la force de “Salé” : faire rire tout en allumant des feux de réflexion.
Son humour noir n’est pas gratuit : c’est une arme, un miroir, un révélateur. Elle s’en sert pour scruter les absurdités sociales, pour désosser les stéréotypes, pour bousculer les certitudes. Le spectacle va au-delà du simple divertissement. Il convoque ce qui, en nous, résiste encore au changement, à la tolérance, à l’autodérision.
Et ce qui frappe, au final, c’est sa capacité à réunir. Sarah Anna parvient à dépasser les clivages idéologiques, à désamorcer les crispations politiques, pour créer un moment commun. Le rire devient alors un acte de communion. Une respiration collective dans un monde souvent trop tendu.
“Salé” est une ode à l’acceptation de nos contradictions. Une pépite pour les amateurs d’humour noir, intelligent et profondément humain.
Théâtre de la Tâche d’encre – 21h
Du 5 au 26 juillet. Relâche les 10, 17, 24 juillet
Compagnie : Coeur de Scène Productions
Autrice : Sarah-Anna Lamandé
Rédacteur de l'article : Maxime Michallet
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Un one-man-show qui dynamite les apparences et les certitudes
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Pierre Emonot a une tête à être de droite. C’est lui qui le dit — et c’est aussi le point de départ de son spectacle. Peut-on vraiment avoir une “tête” de droite ? Un look, une posture, un ton de voix qui trahiraient un bulletin de vote ? Et d’ailleurs, a-t-on encore le choix de voter à gauche… maintenant que la gauche a explosé en plein vol ?
Dans Face au peuple, Pierre Emonot explose tout : les postures, les étiquettes, les discours creux… et surtout la politique. Il flingue à tout-va, sans se poser en donneur de leçons, préférant se moquer de tout — y compris de lui-même. Ce n’est pas un “spectacle engagé” au sens habituel, c’est un miroir tendu à notre société, déformant juste ce qu’il faut pour que le reflet nous fasse rire… jaune.
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L’apparence, le jugement, les clichés, la société du soupçon : tout y passe. Et l’habit fait-il vraiment le moine ? Pas sûr, surtout depuis certaines révélations médiatiques, même sur… l’abbé Pierre. Pierre Emonot n’épargne rien ni personne — pas même nos figures sacrées.
C’est cash, c’est drôle, c’est brillant. Pour les amateurs d’humour politique, c’est le spectacle à ne pas rater au Off d’Avignon cette année. On pense à la verve d’un Thierry Le Luron, à l’ironie cinglante du Théâtre des Deux Ânes… mais version 2025 : plus speed, plus mordant, plus libre.
Un spectacle à voir, sans œillères aucune.
Rédacteur de l'article : Maxime Michallet
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Un grand moment de vie par un Pierre Richard d'aujourd'hui
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Xavier Guelfi ne joue pas : il plane, il percute, il désarme. Et nous, on rit, on pense, on s’envole.
Un de ces instants suspendus où le théâtre cesse d’être un simple spectacle pour devenir une expérience, un envol, une suspension lumineuse au-dessus du quotidien.
Xavier Guelfi signe ici une pépite, un bijou de finesse et de grâce, un objet scénique non identifié où se côtoient, avec une justesse bouleversante, l’humour et la poésie, la philosophie et l’absurde, le réel et l’imaginaire. Son spectacle, à la fois simple et profondément sophistiqué, désarme autant qu’il enchante.
Seul en scène, mais habité par mille voix, mille questions, mille élans, Xavier tisse un lien invisible avec nous dès la première seconde. Il ne joue pas : il partage, il propose, il nous invite. C’est un funambule des mots et des idées, qui avance sans filet, sur le fil fragile de notre attention – et jamais il ne trébuche.
Avec une aisance déconcertante, il brasse l’air… mais pas pour rien. Il le sculpte, il l’anime, il en fait naître des éclats, des étincelles, des éclaircies de lucidité et d’émotion.
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Chaque geste, chaque silence, chaque mot est choisi, pesé, et pourtant délivré avec une grâce aérienne. Il plane au-dessus de la scène comme une pensée légère, un rêve éveillé. On pense à un Petit Prince tombé sur scène, maladroit mais lumineux, observant nos vies avec tendresse et perplexité. Il y a aussi du Candide en lui : un être désarmant de sincérité, projeté dans un monde trop vaste, trop rapide, trop absurde. Il observe, il s’interroge, il trébuche sur les questions existentielles, s’emmêle dans ses propres méandres… et pourtant, toujours, il avance.
Et parfois, dans certaines situations cocasses ou délicieusement absurdes, il nous évoque irrésistiblement Pierre Richard. Même gaucherie désarmante, même capacité à transformer l’embarras en poésie, la maladresse en grâce burlesque. On rit de ses dérapages, mais on rit avec lui, jamais contre. Il transforme ses chutes en envolées, ses silences en révélations, ses hésitations en éclats de lucidité.
Ses idées s’emballent, se croisent, s’entrechoquent. On rit, beaucoup. On pense, souvent. On rêve, surtout. Et peu à peu, derrière ce désordre apparent, un fil rouge se dessine : celui d’une quête. Une quête de sens, de joie, de légèreté. Une tentative sincère, presque enfantine, de comprendre comment être heureux. Et surtout, une envie généreuse de nous emmener avec lui dans cette recherche.
Xavier nous attrape dès les premières secondes, et ne nous lâche plus. Il nous embarque dans ses questionnements, ses éclats de rire, ses envolées intérieures. On est pris dans les mailles d’un filet — mais quel filet ! Un filet tissé de charme, d’intelligence, d’humanité. Il nous tient, oui. Mais surtout, il nous élève.
Et lorsque, à la fin, il s’envole — littéralement ou symboliquement — on le suit, sans hésiter. Le cœur battant. Le sourire aux lèvres. Les yeux un peu humides, aussi.
Un grand moment de théâtre. Un grand moment de vérité. Un grand moment de vie.
Merci pour ce voyage.
La Scala – 10h05
Du 5 au 26 juillet. Relâche les 7, 14, 21 juillet.
Compagnie : Les productions Scala
Auteur : Xavier Guelfi
Mise en scène : François Rollin
Rédacteur de l'article : Maxime Michallet
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Sincère et délicat
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Derrière l’éclatant sourire de la fleuriste se cache une histoire sensible. Avec drôlerie et émotions, elle évoque son passé et invente son avenir.
Celui d’une femme moderne, en accord avec son passé et qui va apprendre à lâcher prise
CHLOE FLEURIT - Avignon. Théâtre Notre Dame 17h
Rédacteur du dernier : Philippe HUGOT
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