Baz'art  : Des films, des livres...
28 août 2025

[CRITIQUE] Miroirs No. 3 : le « Théorème » de Pasolini à l'exact inverse

 

Christian Petzold incarne depuis 30 ans le renouveau du cinéma allemand, un peu rapidement estampillé « école berlinoise », quand son cinéma ne saurait être réduit à une simple étiquette.

Le vernis ethnologique de ses premiers films cache ainsi des thrillers sophistiqués (Yella, Phoenix, avec Nina Hoss) et des mélodrames fantastiques (Ondine, avec Paula Beer) qui convoquent aussi bien le cinéma d'Harun Farocki – son mentor – que celui de Chabrol ou Hitchcock, influences revendiquées.

Habitué de la Berlinale, où il a raflé de nombreux prix, Petzold a eu les honneurs de Cannes, au mois de mai, avec Miroirs No. 3,  enfin en salles depuis hier.

On avait adoré Le Ciel rouge, précédent film de Christian Petzold passé hélas inapercu il y a tout juste deux ans et on aime aussi beaucoup  ce long métrage  sans doute moins aimable en apparence et qui emprunte son titre énigmatique à un morceau de Ravel

 

 

­

Jusqu’où faut-il chercher à réparer ce qui a été brisé? Que faire de sa douleur, de ses traumas?

Dans une atmosphère de conte contemporain,  mais aux accents assurément tchékhoviens,  Christian Petzold joue avec une grande maestria sur les non-dits et  les hors champs, ou les fantômes, vivants et morts, ombres et lumières hantent une histoire qui flirte avec le malaise mais qui finalement prône le retour au collectif et à  la résilience.

Même si on ne comprend pas de suite où le cinéaste allemand nous conduit, Miroirs n° 3 raconte l’histoire d’une famille détruite par la perte accidentelle de celle qui était la fille et sœur, une famille en morceaux que l’arrivée d’une inconnue, jouée par la toujours merveilleuse Paula Beer, muse de Petzold va peu à peu et imperceptiblement  réconcilier.  

On pense au « Théorème » de Pier Paolo Pasolini : sauf qu'ici, l'élément étranger à une famille va tenter non pas de détruire ce clan, mais de le  ressouder

 

 

 La mise en scène épurée fait merveille, notamment dans la scène pivot où Laura joue du Chopin sur le piano. familial, et s'affirme définitivement pour ce qu'il était des le départ : une  ode à la renaissance des sens et des siens.

Avec ce Miroirs No. 3 : Petzold confirme qu'il est  est un fabuleux conteur qui prend comme ses personnages les chemins de traverse pour venir in fine  à la simplicité et  à l'essentiel.

 

MIROIRS NO. 3

***

Un film de Christian Petzold

 En salles le 27 août.

Avec : Paula Beer, Barbara Auer, Matthias Brandt, Enno Trebs

 

Commentaires
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 343 267

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

Drôlement bien, Festival d'Humour en 2027 à Lyon

 

DRÔLEMENT BIEN, LE FESTIVAL D’HUMOUR NÉ À BESANÇON, ANNONCE SON EXPANSION NATIONALE ET S’INSTALLE À LYON

Après trois éditions couronnées de succès qui ont fait rayonner la capitale comtoise, le festival d’humour Drôlement Bien lance sa première édition lyonnaise du 14 au 17 janvier 2027, confirmant son statut de référence nationale.

Pour cette édition inaugurale à Lyon, Drôlement Bien investira 9 salles et proposera une programmation riche de 35 à 40 spectacles, fidèle à son ADN de festival social et accessible : « Rire ensemble, c’est Drôlement Bien!"

Festival Drôlement Bien - le festival pour rire

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
168 abonnés