Baz'art  : Des films, des livres...
18 octobre 2025

Je rêvais d’un autre monde au Théâtre du Ranelagh, sur la sensibilisation à l’autisme.


 
Je rêvais d'un autre monde

Le théâtre a cette faculté rare : celle de nous transporter hors de notre quotidien, de nous faire ressentir mille émotions, de nous bousculer. Et même s’il est par nature éphémère, il laisse parfois une empreinte durable — surtout lorsqu’il nous amène à réfléchir, à voir le monde autrement.

C’est précisément ce que propose la pièce Je rêvais d’un autre monde, présentée au Théâtre du Ranelagh, en partenariat avec  l’UNAPEI92, association engagée dans la sensibilisation à l’autisme.

Souvent méconnu, parfois caricaturé par des clichés, le spectre de l’autisme est ici placé sous les projecteurs.

Un monde inversé

Imaginez un monde en crise : politique, économique, sociale, écologique. Un monde au bord du gouffre, fruit des décisions des « neurotypiques » — ces personnes non concernées par les troubles du spectre autistique.

Dans cette réalité renversée, on décide de confier le pouvoir aux personnes autistes, pour voir si elles sauraient mieux diriger l’humanité.

Dès leur arrivée, ces nouveaux dirigeants prennent une mesure radicale : un salaire universel égal pour tous, non plus fondé sur la performance, mais sur la valeur intrinsèque de chaque individu — un salaire pour ce que l’on est, non pour ce que l’on sait faire.

Monde imaginaire, absurde, presque enfantin : la pièce aborde le handicap avec humour et finesse, tout en soulevant des questions profondes.

Une satire de notre société

Sous un ton léger, la pièce interroge : Sommes-nous prêts à imaginer un autre monde ? À renoncer à la domination, à l’enrichissement personnel ? À reconnaître la richesse des différences ?

La mise en scène, inventive, intègre des écrans et des projections donnant accès aux pensées intérieures des deux protagonistes autistes.

Le bunker où se déroule l’action, posé au bord d’un gouffre, symbolise à la fois la dérive de notre société et le fossé entre autistes et neurotypiques.

 

Il évoque aussi « l’enfermement mental », trop souvent associé aux personnes autistes, pour mettre en lumière celui plus insidieux d’une société qui cherche sans cesse à normaliser ce qui ne lui ressemble pas.

La pièce devient ainsi une mise en abyme : lorsque les autistes prennent le pouvoir, ils finissent par reproduire les mêmes travers que leurs prédécesseurs. Et si, finalement, nous étions tous simplement humains, à reconnaître « ce que nous sommes plutôt que ce que nous ne savons pas faire » ?

Entre participation et témoignage

Avant la représentation, des ateliers immersifs invitaient le public à expérimenter, le temps d’un instant, certaines perceptions propres aux personnes autistes.

Après la pièce, le témoignage de Camille, femme autiste, mère d’un enfant également sur le spectre, a offert un éclairage authentique et émouvant sur la réalité du quotidien.

Rappelons que l’autisme touche plus de 700 000 personnes en France, dont près de 100 000 enfants et jeunes de moins de 20 ans.

Un théâtre de l’absurde au service du sens

S’inspirant d’une interview de Josef Schovanec, philosophe, écrivain et militant autiste engagé dans la sensibilisation à l’autisme, Benjamin Oppert signe un texte qui s’inscrit dans la lignée du théâtre de l’absurde.

Schovanec plaide pour la dignité et l’inclusion des personnes autistes, notamment dans le monde du travail, à travers ses ouvrages, conférences et interventions médiatiques. Le texte d’Oppert, à travers des paradoxes et des situations insolites, remet en question les conventions sociales et linguistiques, et invite le spectateur à interroger sa propre perception de la normalité.

Une empreinte durable

Je rêvais d’un autre monde n’est pas qu’une fiction : c’est une expérience sensible et intellectuelle.

Une pièce qui éclaire, émeut, et laisse cette trace rare — celle d’un théâtre qui ouvre les consciences et fait bouger les lignes.

 

 

 

Rédacteur : Maxime Dorian

Je rêvais d’un autre monde

Auteur : Benjamin Oppert

Mise en scène : Benjamin Oppert

Commentaires
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 360 677
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
170 abonnés