CRITIQUE – “My Way” : un crooner, une légende… et une planète à sauver
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Un crooner franco-écologique qui mêle Sinatra, humour et transition verte : My Way réinvente le show à l’américaine… à la française.
Entre comédie, concert et récit initiatique, My Way est un spectacle inclassable — et c’est précisément ce qui le rend si irrésistible. Willy, crooner au charme malicieux, nous embarque dans un voyage atypique, quelque part entre Las Vegas et Paris, entre mythe familial et engagement écologique.
Dès les premières secondes, le ton est donné : un écran géant nous montre Willy en coulisses, maquilleuse et coach respiratoire à ses trousses. C’est drôle, décalé, parfaitement rythmé. On comprend immédiatement que le spectacle ne se prend pas au sérieux, mais prend les spectateurs très au sérieux.
Autour de lui : quatre musiciens (deux guitares, piano, batterie), deux choristes tout de rose vêtus, des lumières façon Vegas et une scénographie qui assume sa dimension show. Et au centre, un récit aussi touchant que fantasque. Sa grand-mère aurait rencontré Sinatra en 1934, juste après l’arrivée des Américains en Italie. Neuf mois plus tard, naissait sa mère.
Willy serait donc le petit-fils de Sinatra. Ou pas.
Dans la famille, dit-il, on ne vérifie jamais une légende — comme les yaourts : regarder la date de péremption, c’est prendre le risque de la gâcher.
Autour de cette fable délicieuse, Willy déroule son histoire : son amour pour les crooners, son arrivée à Paris, sa rencontre avec sa femme, la naissance de sa fille… et surtout sa prise de conscience écologique, devenue le véritable deuxième pilier du spectacle.
Avec humour, sans jamais culpabiliser, il raconte sa transition personnelle, ses contradictions, nos incohérences collectives. On rit souvent, on réfléchit parfois — mais toujours avec légèreté.
Comme Sinatra combattait le racisme, Willy a choisi son combat : la planète.
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Musicalement, le spectacle navigue entre standards revisités, clins d’œil à Prince ou Eddy Mitchell, refrains en anglais à l’accent français parfaitement délicieux, et textes en français qui construisent un fil narratif très incarné.
La mise en scène, les projections, les jeux de lumière créent un écrin cohérent pour ce crooner écolo qui n’a peur ni des paradoxes, ni de l’absurde, ni de la tendresse.
Le final, porté par une dernière vidéo malicieusement symbolique, laisse le public dans un sourire doux et sincère. Une question demeure :
Les lumières de Las Vegas se sont-elles vraiment éteintes quand Sinatra est monté au ciel ?
Ou est-ce une légende de plus que Willy nous invite à garder vivante ?
Qu’importe : on ressort du Théâtre des Champs-Élysées avec l’impression d’avoir partagé un moment rare, drôle, bienveillant, et secrètement inspirant.
Aller voir My Way, ce n’est clairement pas une erreur. C’est même une belle chance.
Rédacteur : Maxime Dorian
Théâtre de la tour Eiffel
Le 3 décembre 2025
Production : Stradius Prod et Monadia
Auteur : Alexis Cadrot
Mise en scène : Caroline Marcos et Marc Duret
Avec : Willy Mansion
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