Critique : MAGELLAN (Lav Diaz) : le hors champs du film d'aventure
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On était présent la semaine passée sur Paris à l’avant-première du film Magellan de Lav Diaz -
On a été sous le charme de cette relecture de la colonisation par la contemplation, placée sous le regard souverain de la nature.
Magellan de Lav Diaz ne relève pas du cinéma d’aventure.
Aucune bataille ni affrontement spectaculaire n’y sont montrés.
Le film privilégie la lenteur, le silence et le hors-champ.
Il demande une attention soutenue et une réelle disponibilité.
À déconseiller aux amateurs de rythme et de spectacle.
À recommander aux spectateurs curieux d’un cinéma exigeant et politique.
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Magellan n’est pas un film d’aventures.
Lav Diaz, cinéaste philippin connu pour ses longues fresques contemplatitves, refuse toute dramaturgie épique et toute glorification de la conquête. Aucune bataille, aucun affrontement spectaculaire n’est montré. La violence est ailleurs : hors champ, diffuse, persistante.
Il ne reste que des hommes sur le sol, parfois marqués de légères traces rouges.
Des signes discrets, presque abstraits, qui suffisent à dire la mort. En refusant l’image choc, Diaz retire à la colonisation son imaginaire héroïque.
La nature occupe une place centrale.
Le vent traverse les plans et fragilise les corps. Il rappelle l’impuissance de l’homme face à son environnement.
L’eau structure le film : la mer devient un espace d’épuisement, tandis que la rivière s’inscrit dans un territoire vivant, indifférent à l’Histoire.
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La mise en scène accentue cette violence diffuse.
Les plans s’enchaînent sans transition fluide, créant des ruptures brutales. Le montage devient une expérience de fracture.
Le cadrage frontal, souvent centré, participe de cette dureté.
Là où le cinéma classique recherche l’équilibre, Lav Diaz impose une frontalité rigide, presque oppressive.
Magellan n’est pas un film confortable.
Il demande du temps et une réelle disponibilité. Mais il propose une relecture radicale de l’Histoire, débarrassée de tout héroïsme.
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Rédacteur : Maxime Dorian
Magellan de Lav Diaz
Le 31 décembre au cinéma
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