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9 décembre 2025

Interview de Nicolas Keitel, réalisateur du film 'Louise" '

 

Dans Louise, en salles dès demain,  Nicolas Keitel explore les blessures de l’enfance et la manière dont elles façonnent l’adulte. Inspiré par ses courts-métrages déjà centrés sur la cellule familiale Un beau  film sur la résilience, le pardon et l'amour maternel, Avec en prime le face à face déchirant entre notre chère Diane Rouxel et la grande, la très grande Cécile de France.

Nicolas Keitel etait présent dimanche dernier à Lyon pour  échanger avec le public sur Louise, premier long métrage du réalisateur et déjà plusieurs fois primé en France et à l’étranger. Ses comédiennes Diane Rouxel et Lina El Atabi étaient aussi présentes avec lui.

 


Nos questions à...
Nicolas Keitel, réalisateur du film Louise.

 

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Votre premier long, comme vos courts métrages du reste, traitent de la question des ruptures ou névroses familiales et même de la violence inter familiale. En quoi ce sujet vous inspire?

Je dois dire, sans entrer dans les détails, que c’est lié à mon histoire personnelle.

Depuis longtemps, comme je connais intimement le sujet, il me semblait important d'aller aborder ce sujet des traumatismes de l’enfance et de leurs répercussions à l’âge adulte. 

D’une part, parce que cela appartient à mon histoire familiale et, d’autre part, parce que c’est un sujet universel susceptible de trouver une résonance en chacune et chacun.

Une image initiale, fruit de mon imagination, s’est imposée à moi : celle de deux petites filles recroquevillées dans un escalier, qui entendent leur mère se faire battre. À partir de là, toute l’histoire de Louise s’est dépliée, comme si elle était tout entière contenue dans cette scène.

 

Et pourquoi avoir choisi la carte du mélodrame pour le traiter?

Le mélodrame s'est imposé à moi car c'est un genre que j’assume totalement et que je trouve très noble, parce que, bien maîtrisé, il provoque de vraies émotions. .

J’aime énormément le cinéma de Douglas Sirk, maître en la matière, par exemple.

Mais je me suis attaché à doser la charge émotionnelle, et le fait que mon film soit à la croisée de plusieurs genres y a contribué.

J’avais bien envie pour Louise de traiter des traumatismes de l’enfance et de leurs répercussions à l’âge adulte. J’ai travaillé ce drame familial comme un  mélo certes mais aussi comme un thriller psychologique, une enquête de Louise sur son passé.

 

Nicolas Keitel  Diane Rouxel, LINA EL ARABI et VALÉRIE GARCIA

 

Votre histoire s’articule autour d’un dilemme moral : révéler ou taire une vérité. Ce qui s’annonce est un deuil à déconstruire…


Pour avancer dans l’existence, mes personnages se sont construits sur des certitudes. Ce sont toutes ces histoires qu’on se raconte à soi-même ou qu’on nous raconte, comme celles du père énoncées à l’oreille de sa fille trop jeune pour y entendre la part maladive.

En enquêtant sur son passé, Louise vacille, ne sait plus qui elle est, tout ce qui la structure s’effondre.

Face à sa mère et sa soeur, elle constate que le deuil a été fait de leur côté et se retrouve confrontée à un dilemme : dévoiler son identité ou continuer à faire illusion.

Le dilemme est un sujet qui me passionne et que j’ai également traité dans mes courts métrages. J’aimais qu’il s’installe tôt dans le récit et qu’il s’amplifie tout du long...

 

Le scénario a été facile à élaborer?

Non, j’ai mis du temps à l'écrire ce scénario. Je l’ai d’abord pensé en deux parties : Louise enfant, puis adulte. Avant d’en modifier la structure et de la confirmer au montage, pour garder ces allers-retours dans le temps. C’est Louise seule qui mène cette enquête douloureuse, dont elle ne connaît pas l’aboutissement.

Elle est d’ailleurs journaliste et au fil des informations recueillies sur son passé, reconstitue peu à peu le puzzle de sa vie d’avant dans la cellule familiale.

Louise s’est forgé une carapace. Pour autant, je ne l’ai pas voulue comme une femme trop forte. Il fallait trouver un équilibre entre ce masque sombre et les émotions qui la traversaient.

 

Nicolas Keitel et Diane Rouxel, . Sortie en salle le 10 décembre.

Et côté casting comment votre choix s'est fait, est ce que vous pensez à vos acteurs dès l'écriture ?

Non, aucunement je n'avais aucune image de comédienne pendant la phase d'écriture du film. Pour Diane (Rouxel) dans le rôle de Louise, je n’ai pas hésité, pour l’intensité de son regard qui parle pour elle quand elle privilégie les silences.

Diane est quelqu'un de très solaire dans la vie, mais elle avait dévoilé dans un ou deux films un coté plus fermé plus sombre et je voulais qu'elle le développe avec un jeu de regard et de non dits?

Le parti pris esthétique consistait à filmer Diane Rouxel en plans rapprochés pour saisir chaque variation émotionnelle sur son visage.

Son personnage parle peu et ses émotions et pensées passent par ses expressions. Il fallait filmer son masque et ce qui filtre malgré ses efforts.

Sur les scènes de dialogues, nous élargissions le cadre, mais la plupart du temps, nous nous situions au plus près d’elle.

Et pour le reste du casting?

Le personnage de Jeanne, sa jeune sœur (Salomé Dewaels), est plus solaire et très en contraste avec celui de Louise.

Elle a gardé ce côté un peu enfantin, idéal pour ce rôle. Cécile de France, dans le rôle de leur mère, a très vite accepté.

Elle recherchait exactement cette typologie de rôle qu’elle n’avait jamais encore interprété. Pour les petites filles, Emma Danze (Jeanne enfant) a été retenue par un casting.

Et j’avais déjà repéré Noémie Lemaître Ekeloo, qui avait dans ses scènes une intensité et une tristesse, propres au personnage de Louise, qui m’ont beaucoup impressionné.

Retrouvez notre critique du film ci dessous : 

Quelques mots sur le réalisateur 💬


Après des études en cinéma-audiovisuel, Nicolas Keitel se tourne vers la réalisation de divers reportages et making offs avant de s’orienter en 2016 vers la réalisation de courts métrages de fiction.

Son film 𝗟𝗲 𝗯𝗼𝗻 𝗰𝗼𝗽𝗮𝗶𝗻 connaît notamment un joli succès en festivals et se retrouve qualifié dans la pré-sélection aux Oscars. Il se consacre ensuite à l’écriture de plusieurs projets dont 𝗟𝗼𝘂𝗶𝘀𝗲, qui est son premier long métrage pour le cinéma.
 

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