[CRITIQUE] PROMIS LE CIEL : en attendant je suis sur la terre, à ramer...
/image%2F1371318%2F20260121%2Fob_b7fd3a_unnamed-2.png)
En salles le 28 janvier prochain, "Promis le ciel " raconte l’histoire de migrants subsahariens en Tunisie à travers trois points de vues féminins distincts.
En l’occurrence, selon le regard de trois Ivoiriennes installées en Tunisie depuis quelques temps : une pasteure (Aissa Maiga, dans un de ses meilleurs rôles) une étudiante (Laetitia Ky) et une mère célibataire (Debora Lobe Naney, débutante absolument épatante)
Trois femmes , pour trois visions à la fois différente et convergente de la femme : Marie, pasteure d’une église protestante évangélique et ancienne journaliste, porte une ambition à la fois personnelle et collective. Naney, jeune mère ayant laissé sa fille en Côte d’Ivoire, hésite entre tenter la traversée vers l’Europe, entreprendre en Tunisie ou rentrer. Jolie, étudiante, vit une réalité plus privilégiée.
/image%2F1371318%2F20260121%2Fob_634770_3-copyright-manekifilms-heniaprod.jpg)
Mais cette œuvre chorale, où ces portraits de ces femmes fortes : complexes, vivants, ambigus, se ditingue vaut aussi pour les hommes qui les côtoient - un Tunisien complice mais lâche de Naney, un journaliste ivoirien non voyant qui paradoxalement prodigue des conseils à la fois lucides et bienveillants. - et le quotidien anxiogène qu'il décrit tout en gardant pas mal de douceur et de poésie.
La Franco-tunisienne Erige Sehiri qui a vécu longtemps dans la région lyonnaise et qu'on avait remarqué pour son premier long Sous les figues , charmant marivaudage rohmerien») vient du documentaire et cela se sent : si son film, tourné dans des conditions difficiles dans une Tunisie sous embrasement, manque parfois un peu d'éclat dans sa mise en scène, il épate durablement par sa direction d'acteurs et par son scénario, subtilement agencé.
Le film questionne aussi avec intelligence la question de la séparation Nord- Sud dans le continent africain, et cette ambiguïté là est résumée dans une scène lorsque le propriétaire tunisien de la maison où loge Marie s'interroge lorsque cette dernière lui fait gouter une pâtisserie " c'est un gâteau africain?" et que la pasteure lui rétorque : " pourquoi vous n'êtes pas africain?", montrant qu'il y aurait deux Afriques à l'intérieur d'un même continent..
.
/image%2F1371318%2F20260121%2Fob_5976f4_2-copyright-manekifilms-henia-pro.jpg)
A noter que le titre, "Promis le ciel," trouve son origine dans la chanson du trio Delgres qu'on entend dans le générique de fin.
Son refrain, « On m’a promis le ciel, en attendant je suis sur la terre, à ramer. », mêle à des accents tragiques l’exigence fougueuse du combat pour tenter de s’extirper du marasme. Une belle illustration de la condition éternelle de l’existence humaine.. amour, désespoir, espoir, tous ensemble.
Ce message est ainsi une illustration idoine du parcours semé d’embûches et d'espoir dans un seul et même élan de ces trois fortes et belles héroïnes de ce film à voir dans une semaine en salles.
Promis le ciel , Erige Sehiri, le 28 janvier 2026 en salles
/image%2F1371318%2F20260204%2Fob_515b1d_1000063170.jpg)
/image%2F1371318%2F20260107%2Fob_7f019f_image-1371318-20260106-ob-125c46-miser.jpg)
/image%2F1371318%2F20251204%2Fob_3c566e_template-cdm-2026-insta-carre-prog-108.jpg)
/image%2F1371318%2F20251226%2Fob_211419_fcem2026-a3-v1-1.jpg)