Baz'art  : Des films, des livres...
31 janvier 2026

Romancière de Lyon : nos questions à Meï Lepage pour son roman "Sécher tes larmes"

Sécher tes larmes de Meï Lepage

 

L’auteure
Née en 1996, MEÏ LEPAGE est gardienne de la paix à Lyon, au sein d’une unité de terrain. " Sécher tes larmes "est son premier roman, écrit lorsqu’elle était affectée à Annemasse.

Avant même sa parution, ce dernier a suscité un enthousiasme exceptionnel de la part des éditeurs étrangers et sera publié dans une dizaine de pays.

En France, c'est l'éditeur Verso ( Seuil éditions) qui le publie. 

A noter qu'elle fait partie des 133 auteurs invités du prochain Quai du PolarDu 3 au 5 avril 2026, 

 

A propos


IL EST DES DRAMES QUI PRENNENT RACINE BIEN PLUS LOIN QU'ON NE L'IMAGINE
Même victime, même lieu, même mode opératoire.
Adèle Jezequel, la fille du commandant de police d’Annemasse, vient d’être enlevée. L’affaire est des plus troublantes : la jeune femme avait déjà disparu sept ans auparavant, dans les mêmes circonstances.
Emma Fauvel est enquêtrice à la PJ de Créteil. Elle a fui Annemasse pour oublier son lourd passé et s’était juré de ne plus jamais y remettre les pieds.
Mais Adèle et Emma se connaissent depuis l’enfance. Alors, quand en haut lieu on lui demande de diriger l’enquête, Emma accepte de revenir dans sa ville natale cernée par les Alpes. Quitte à y affronter ses pires cauchemars.
Au cœur de cette ville étouffée par la canicule, il se pourrait que leurs destins se croisent. Si la justice est aveugle, cette fois Emma devra lui rendre la vue…
LA PREMIÉRE ENQUÊTE D'EMMA FAUVEL

 


Ce que l’on en pense…
Ce premier roman de Meï Lepage est une vraie réussite. Dès les premières pages l’auteure vous attrape et ne vous laissera aucun répit. Le suspens, l’intrigue, mais aussi l’atmosphère du livre sont parfaitement maîtrisés, Meï Lepage vous emmène exactement là où elle voulait tout en donnant une vraie épaisseur et authenticité à ses personnages. On donne d’ores et déjà rendez-vous à l’enquêtrice au caractère bien trempé Emma Fauvel. 

 

Extrait : 
Les Lucioles s’envolent
Haut dans le ciel
Pour que les hommes
N’arrachent pas leurs ailes
Emma      Noémie

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Entretien avec l’auteure Meï Lepage


 

 

Après une formation et une expérience dans le dessin animé, vous intégrez la police. C’est un changement radical de profession. Est-ce quelque chose que vous aviez en tête ?


J’ai envie de dire un petit peu, dans une autre vie, ou peut-être un jour, mais sans vraiment m’y pencher sérieusement. C’est une fois que j’ai été réellement dans le milieu du dessin animé que je me suis rendu compte que ce mode de vie, cette façon de vivre par procuration et de raconter des choses qu’on n’a pas forcément vécues, ne me correspondait pas. J’avais envie d’un métier plus concret.
Je cherchais donc à me réorienter, au départ plutôt dans le domaine de la justice. Et puis, finalement, je me suis dit : pourquoi pas la police ?


Il est mentionné dans la préface de votre livre qu’en intégrant la police, vous pouviez vous confronter directement aux problématiques qui vous tenaient à cœur. Pouvez-vous préciser ? Ce sont des termes forts et un sacré engagement.


Oui, c’est exactement pour cela que j’ai fait ce choix. C’était une période marquée par l’affaire Samuel Paty, le mouvement MeToo… Il y avait beaucoup d’événements qui m’ont profondément marquée. Je pense que le manque de sens est venu de là : me dire qu’il se passait des choses graves à l’extérieur et que, de mon côté, je me sentais un peu inutile.
Enfin, pas inutile — le dessin a toujours son utilité — mais pas assez proche du réel, du concret.


Comment vous est venue cette envie d’écrire ? Car finalement, vous êtes encore dans autre chose. Vous avez commencé à écrire avant même d’entrer dans la police.


J’ai toujours écrit et j’ai toujours eu pour rêve et ambition d’écrire un livre. Avant d’entrer dans la police, j’écrivais un thriller, plutôt orienté science-fiction, avec des enquêtes peu réalistes. C’était très ambitieux pour un premier roman. Je reprendrai peut-être cette idée plus tard pour un autre livre, mais pas tout de suite.
En revanche, je voulais parler des victimes. Je pensais qu’écrire un polar serait plus simple, mais non : c’était très laborieux. C’était un an avant mon entrée dans la police, et je pense que, de toute façon, sans avoir été policière, je n’y serais pas arrivée.

 

 

 


Il vous fallait de la matière, du vécu, du concret ?


Oui. D’un point de vue scénaristique, je ne savais pas comment se déroulaient certains actes de police et je ne connaissais même pas leur existence. J’avais la fin de l’histoire en tête, mais je ne savais pas comment aller du point A au point B. Je butais sans cesse sur des éléments d’enquête.
Tout s’est débloqué lorsque j’ai appris comment fonctionnaient la procédure pénale et les actes de police.


Il vous fallait les ficelles, les clés : vous saviez où vous vouliez emmener votre lecteur, mais vous aviez besoin de cohérence.
Exactement. Je voulais que ce soit crédible, même si cela reste de la fiction, parfois un peu loufoque. Mais il fallait que, dans le déroulé, tout paraisse réel.
Les petits poèmes présents dans le livre sont-ils de vous ?
Oui, et ils ont une petite histoire. Avec mon éditeur, à la fin du processus d’écriture, on s’est rendu compte que le personnage d’Emma n’était pas très attachant. Elle avait un franc-parler qui pouvait rebuter, et on a cherché à la rendre plus aimable.
On a d’abord pensé à des dessins, puis l’idée des poèmes m’est venue. C’est aussi un hommage à Pierre Bottero, un auteur qui m’a donné envie d’écrire quand j’étais adolescente. Il y a ce style de poèmes dans certains de ses livres.


Vous alternez l’avancée de l’enquête avec les lettres écrites par Adèle, la jeune femme séquestrée. Cela donne beaucoup de rythme à la narration et tient le lecteur en haleine…
C’était une idée que j’avais dès le début. Je n’aime pas utiliser les flashbacks, je ne suis pas à l’aise avec ça. J’ai donc cherché un subterfuge pour retracer l’histoire passée sans en faire.
Le fait d’écrire des lettres du point de vue d’Adèle, adressées à son ravisseur, en le tutoyant, permettait de montrer son état intérieur, sa haine, sa souffrance, de façon beaucoup plus viscérale.
C’était aussi une manière de faire une pause dans l’enquête, qui peut paraître lourde au début avec beaucoup de termes policiers, et de revenir à l’humain, de montrer l’enjeu réel à travers les yeux de la victime. Du point de vue de l’enquêteur, cela peut sembler froid si l’on ne sait pas ce que vit la victime de l’intérieur.


On dit souvent que, dans les films, la ville est presque un personnage à part entière. C’est un peu le cas dans votre livre avec Annemasse. Cet ancrage est très fort.
J’ai fait un an à Lyon, mais mes premières responsabilités concrètes, c’était à Annemasse. Au départ, mon livre ne s’y déroulait pas du tout.
Et puis, une fois que j’y ai été affectée et que j’étais à l’aise avec les procédures policières françaises, je me suis rendu compte que le cadre collait parfaitement à l’histoire. Très peu de temps avant l’envoi à l’éditeur, j’ai tout transposé. Ça m’a pris environ un mois.
C’est une ville avec une forte identité, et j’y passais ma vie à patrouiller : les détails ne manquaient pas.
Parmi les problématiques qui vous tiennent à cœur dans votre travail, que mettriez-vous en avant ?
Je dis toujours qu’on a souvent une image très répressive de la police, ce qui n’est pas faux : on est là pour faire respecter les lois. Mais beaucoup d’entre nous s’engagent avant tout avec l’idée d’aider les victimes.
C’est un métier profondément altruiste, dans lequel on met beaucoup de notre vie personnelle et de notre sécurité. On le fait parce qu’il y a des gens qui attendent que l’on soit là pour eux.


À travers le vécu de vos personnages, on a l’impression de percevoir différentes expériences de policiers sur le terrain. L’authenticité de vos personnages vient aussi de votre expérience.


Tout est fictif, mais si les personnages paraissent si réalistes, c’est parce que je voulais montrer que les gens ne sont pas foncièrement bons ou mauvais. S’ils font certains choix, c’est pour des raisons qui leur sont propres.
Même si, de l’extérieur, on peut juger ces choix comme immoraux, quand on comprend pourquoi ils les font, le jugement devient plus complexe. C’est ce questionnement que je voulais faire transparaître.
À part le « grand méchant » de l’histoire, il n’y a pas de personnage totalement bon ou mauvais. Ils ont tous une part d’ombre et une part de lumière.


Et le personnage d’Emma ?


Emma était au départ un personnage secondaire qui est devenu principal. Je ne pensais pas en faire une héroïne. C’est mon éditeur qui m’a demandé d’envisager une suite.
Dans la suite, j’explorerai d’autres facettes de sa personnalité, mais ce sera moins intime que dans le premier roman.


 

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