Théâtre sur petit écran : {CRITIQUE} - CHERS PARENTS - Quand l’argent tombe du ciel, les masques, eux, s’effondrent.
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Crédit Photo : © BONNE PIOCHE TÉLÉVISION / Christophe Lebedinsky
Il suffit parfois d’un gain au Loto pour transformer un dîner de famille en champ de bataille émotionnel.
Dès les premières minutes, Chers Parents installe un climat faussement rassurant : celui des retrouvailles, des souvenirs communs, de l’amour familial que l’on croit indéfectible. Puis, imperceptiblement, la comédie glisse, se fissure, et révèle une mécanique d’une redoutable intelligence. On rit, beaucoup — parfois jaune — mais derrière chaque éclat de rire se cache une émotion plus profonde, presque troublante.
Les comédiens sont formidables, totalement habités, d’une justesse rare. Chacun incarne son personnage avec une crédibilité désarmante, au point que l’on a l’impression d’assister à sa propre réunion de famille. L’arriviste obsédé par la réussite, l’intellectuel désabusé, la sœur éternellement studieuse : autant de figures archétypales, jamais caricaturales, qui s’entrechoquent avec une vivacité jubilatoire.
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La pièce joue avec le malentendu, le non-dit, l’attente fébrile. Elle laisse planer le doute, nourrit l’imaginaire, s’amuse de la peur de perdre, de l’espoir de gagner, et surtout de ce que l’argent révèle de nos liens les plus intimes. Sous couvert de comédie, la question de la transmission — des valeurs, des blessures, des frustrations — devient centrale, presque vertigineuse.
Et puis tout s’accélère. Les mots dépassent la pensée, les rancœurs éclatent, les vérités fusent. Ce qui devait être une annonce devient une confrontation, ce qui devait rapprocher éloigne, ce qui devait libérer enferme. La finesse du texte réside précisément là : dans sa capacité à faire basculer le rire vers l’émotion, sans jamais perdre son élégance ni sa subtilité.
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À noter également : on peut retrouver en ce moment Rudy Milstein sur scène au Théâtre Tristan Bernard dans C’est pas facile d’être heureux quand on va mal, spectacle couronné aux Molières 2024 (Meilleure comédie et Meilleur auteur francophone vivant).
De : Arnaud Emery
Avec : Frédérique Tirmont, Bernard Alane, Elise Diamant, Emmanuel Patron, Rudy Milstein
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