Notre coup de griffe littéraire : Ils appellent ça l'amour "de Chloé Delaume
Clotilde allume un joint puis aussitôt le tend à Hermeline, qui sort de la pièce vers la cuisine pour revenir avec une bouteille de vodka, et, empilés, des petits verres. Judith lance " Kids in America " de Kim Wilde, sur le tapis les filles font des bons. Clotilde se confectionne très rapidement un stick et observe ses copines à travers la fumée dans l'espoir que leur joie, si vive, soit contagieuse. Elle se sent soudain vide, vide mais pesante, comme dans le temps maudit ou elle était Madame. Le néant c'est massif et dense, plus encore qu'un trou noir, quand il pousse dans le ventre.
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Un week-end entre copines, un week-end à destination " mauvaise " surprise pour Clotilde. Trois jours à tuer dans une ville touristique où elle a vécu, vingt ans plutôt, avec Monsieur, dans une très belle maison bourgeoise.
Une maison prison tout près du R'b'n'B loué par ses amies, si jeunes et si insouciantes.
Pour Clotilde, ce week-end ressource devient alors un douloureux retour dans un passé qui n'est jamais vraiment passé.
A l'époque, Monsieur, quadragénaire puissant et sûr de lui avait tout mis en place pour faire de Clotilde, une Madame à sa merci et tout à son plaisir.
Une relation toxique que la jeune femme fragile avait mis du temps à oublier.
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Clotilde a devant elle tout un week-end pour guérir de la honte d'avoir été victime d'un amour destructeur. Un week-end entre filles pour se réparer.
La littérature peut-elle être pavée de bonnes intentions ?
Pygmalion pervers, Galatée soumise, emprise toxique, violence conjugale et domestique sont des thèmes absolument irréprochables mais qui souffre, dans ce roman, d'un criant manque de crédibilité.
Monsieur est une telle caricature du patriarcat dominant et sûr de lui, qu'un simple après-midi à ses côtés devrait faire fuir à toutes jambes n'importe quelle jeune femme normalement constituée.
Clotilde tombe avec une telle facilité dans les griffes de cet imbécile de Monsieur que l'on a, malheureusement, du mal à observer sa descente aux enfers avec douleur et empathie.
Langue verte, sens indéniable du récit, Chloé Delaume est une écrivaine respectée par un public acquis et respectable, mais tout de même, que de lieux communs, que de portes ouvertes enfoncées, que de facilités qui donnent l'impression de lire " Le patriarcat et la sonorité pour les Nuls " ou "Fantômette sous emprise ".
Bref, " Ils appellent ça l'amour " est un roman féministe bourré de bonnes intentions qui semble avoir été écrit au siècle dernier.
« Ils appellent ça l’amour », de Chloé Delaume, Seuil, « Fiction & Cie », 176 p., 19 €, numérique 14 €.
La SF, l'horrifique, le fantastique lui étaient étrangers : le cinéma de genre aussi, il n'en voyait pas l'intérêt. Fallait-il que Clotilde soit conditionnée pour croire que les contraires s'attirent et que l'amour métamorphose. Le tout, bien sûr, pour son bien.
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