Baz'art  : Des films, des livres...
26 février 2026

[FCEM 2026] L’ENFANT BÉLIER de Marta BERGMAN


Sara et Adam espèrent rejoindre l’Angleterre illégalement avec leur fillette de 2 ans, Clara.

Le couple hésite à monter à bord de la camionnette de passeurs particulièrement agressifs et nerveux.  Mais ils veulent croire à la fin du cauchemar et de la vie sous tente… De son coté, Redouane (Salim Kechiouche) patrouille toutes les nuits, avec ses collèges policiers, afin d’arrêter les passeurs. Ce soir, les destins de ces quatre personnes, et de leurs proches, vont violemment se percuter.

La réalisatrice belgo-roumaine Marta Bergman fut remarquée il y a quelques années avec son premier film de fiction,  le virevoltant "Seule à mon mariage" , qui retraçait  une étrange et magnétique relation sentimentale entre une jeune Rom et un Belge célibataire.

Dans son deuxième long métrage de fiction , Marta Bergman construit une fiction inspirée librement de l’affaire Mawda, un fait divers qui avait défrayé la chronique en 2018 en Belgique (mais étrangement passée sous silence en France).

Mawda, petite fille kurde de 2 ans, fut tuée par balle par un policier belge lors d’une course-poursuite. Face à la pression, l’institution policière affirma dans un premier temps qu’aucun coup de feu n’avait été tiré, avant d’avancer que les passeurs auraient utilisé le corps de l’enfant comme bouclier.

Le sujet est délicat et très vite on se rend compte que le film évite le sentimentalisme et la simplification.

L'enfant bélier parvient bien à humaniser ses protagonistes afin de ne pas rester au niveau du fait divers sordide et révoltant.

Jamais le long métrage de Marta Bergman ne sombre dans la caricature grossière en abordant cette course-poursuite qui provoque la plus grande des tragédies : la mort d’un enfant innocent.

Alors qu'elle vient du documentaire,  elle opte ici pour la fiction, avec une intention qui dépasse la simple reconstitution.

Ce film politique et profondément humain adopte une approche rigoureuse pour interroger le rapport de notre société aux personnes migrantes.

Si les personnages et certains événements sont imaginaires, le film ancre son récit dans une observation minutieuse de réalités documentées — tant auprès de réfugiés qu’auprès de policiers — pour mettre en lumière la complexité humaine des situations migratoires et des réactions institutionnelles face à elles.

Unité de temps pour un déroulement des faits qui reflète l’enchaînement implacable des événements tragiques, le tout emballé dans un format très court, très serré et très noir. 

Cette rigueur formelle, alliée à une absence quasi totale de musique, confère au film une sobriété presque documentaire.

Comme dans Seule à mon mariage, la réalisatrice raconte, du moins dans sa première partie, une autre histoire de migration, toujours nourrie du fol espoir d’un avenir meilleur.

Marta Bergman filme avec beaucoup de chaleur et de tendresse le couple amoureux, campé par deux acteurs formidables.

Elle met en lumière dès les premières semaines, avant le moment clé le parcours de ces jeunes parents attentifs et leur relation presque fusionnelle avec leur enfant. 

La cinéaste opte pour une ingénieuse  structure en miroir- on pense parfois aux Misérables de Ladj Ly- pour sortir des généralités sur les migrants comme sur les policiers, avec l’envie de travailler sur deux familles: Clara et ses parents d’un côté, la famille policière au sens large de l’autre, représentée par ces deux patrouilles que l’on suit dans l’action.

Tous et toutes convergeront  et se percuteront de plein fouet dans la scène pivot du film, celle de la course-poursuite, véritable chasse à l’homme, traitée comme une scène d’action,  point d'orgue de ce film passionnant qui laisse à la fin pas mal d'interrogations et de complexité.

Là où on invisibilise en permanence, Marta Bergman avec "L'enfant bélier"  valorise l’émotion, le cœur derrière les chiffres et parvient à capter ses douleurs avec une bonne distance servir au mieux son propos et toucher l'empathie du spectateur.

Du cinéma déchirant et implacable...

L’ENFANT BÉLIER
Belgique / Canada | 1h34
De Marta BERGMAN
Avec Salim KECHIOUCHE, Zbeida BELHAJAMOR,
Lucie DEBAY, Marie DENARNAUD

 

AU CINÉMA LE 29 AVRIL 2026

Le film sera présenté en compétition au Festival du cinéma européen de Meyzieu du 19 au 29 mars 2026

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Le festival des 31e Rencontres du cinéma francophone s’annonce, un peu partout en calade et dans le Beaujolais, du 10 au 15 novembre, au cinéma Les 400 Coups Villefranche bien sûr et dans nos 3 cinémas partenaires !

La programmation s’affine mais reste encore confidentielle. Comme chaque année, il y en aura pour tous les âges, avec 8 films en compétition, dont 4 pour le jury lycéen, une proposition de 3 films jeune public et familial qui seront présentés dès le 2 novembre aux scolaires du territoire et beaucoup de temps forts et de belles surprises !

ALUNA FESTIVAL 2027

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ARRAS FILM FESTIVAL DU 6 AU   15 NOVEMBRE 2026

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