Les saisons Hanabi: Love on Trial de Kôji Fukada: déboulonner l'idole
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Du 28janvier au 3février, les Saisons Hanabi étaient de retour au Comoedia de Lyon
La sortie de "Love on Trial" est étroitement liée aux récentes Saisons Hanabi qui met en avant les films japonais qui sortiront en salles au cours de l'année 2026.
Le film était sans doute L’événement de l' édition 2026 tant Kôji Fukada est devenu un des cinéastes japonais qui compte notamment depuis son dernier long métrage Low Life.
Passé maître dans l’art des faux-semblants et des renversements, jouant volontiers avec la perception qu’a le spectateur de ce qui se passe sous ses yeux.
Après l'épatant « Love Life », Koji Fukada dévoile, avec une précision implacable, la face cachée de l’industrie des idoles et les tourments d’un amour impossible. Love on Trial nous entraîne au cœur du quotidien d’Happy Fanfare, un groupe de J-pop composé de cinq filles, entre concerts, travail avec leur manageur et leur chorégraphe, temps de repos et rencontre avec les fans, des hommes pour l’essentiel, le détail a son importance. Il faut savoir que l’engagement du film envers l’authenticité s’étend à la musique du groupe (avec l’aimable autorisation de l’équipe de production J-pop agehasprings), aux chorégraphies, costumes et marchandises, qui sonnent tous vrais.
Cela étant dit, Kôji Fukada ne fait pas un film choral et pas non plus un documentaire sur cette structure bien japonaise. Il choisit de s’attarder sur la leader du groupe (car la plus populaire à cet instant précis), Mai (Saito Kyoko), en perte de vitesse.
Car ce n’est pas seulement l’industrie de la musique que Fukada explore mais également les rouages de l’usine en tant que telle, puisque les idoles s’attèlent à un travail à la chaîne (danse, signature, serrage de main, chacune dans son petit compartiment).
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Love on Trial de Fukada Koji est dans la droite lignée de sa filmographie : le cinéaste reste un formaliste joueur. Il s’amuse avec le spectateur en proposant des constructions déroutantes, sans doute parfois bordéliques, des jeux de rupture et de rapprochement que le réalisateur filme avec comme son habitude, un sens très précis du cadrage.
Mai va se battre contre ses anciens employeurs, remettant ainsi en cause un ordre établi et refusant le sacrifice total exigé dans les contrats signés par ces idoles (ne pas avoir le droit de vivre une relation amoureuse).
Le fait que cette lutte soit celle d’une femme contre un système masculin (les producteurs étant tous des hommes) est loin d’être anodin d’autant plus que cette clause injustifiée ne s’applique apparemment qu’aux femmes.
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Un problème universel qui fait nécessairement écho au mouvement #MeToo en Amérique du Nord et en Europe.
Les scènes de prétoire plus profondes sont d’ailleurs filmées avec un cadre resserré et fermé, installant une certaine froideur et donnant plus de profondeur au film.
Comme à son habitude, le cinéaste fait à la fois un double geste de mensonge total (le film n’est ni un film sur l’amour, ni un film de procès) et de franchise sans compromission.
Love on Trial est un long métrage nécessaire, sans doute mineur dans la filmographie de Koji Fukada- la première heure met du temps à poser les enjeux et parait un peu brouillonne- mais largement recommandable.
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Love on Trial de Kôji Fukada, le 18 mars 2026 au cinéma
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