3ème Quinquennat ; Les Goguettes dans la salle mythique de Bobino : l’art ancien de rire de l’actualité
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Le nom donne déjà une clé de lecture. Avant d’être un groupe, une goguette désignait une réunion conviviale où l’on chantait ensemble. Aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, ces sociétés chantantes rassemblaient des amateurs dans les cafés et les cabarets. On y écrivait des chansons, souvent satiriques, pour commenter la société et l’actualité avec humour et esprit.
En choisissant de s’appeler Les Goguettes en trio mais à quatre, le quatuor revendique clairement cet héritage. Leur spectacle, présenté à Bobino, en est la preuve éclatante : reprendre des chansons connues, en détourner les paroles et les mettre au service d’une satire politique joyeusement irrévérencieuse.
En réalité, le groupe mélange deux traditions françaises :
l’esprit collectif et convivial des goguettes
· la verve satirique des chansonniers.
Mais là où les chansonniers d’autrefois étaient souvent réputés pour chanter approximativement sur des bandes enregistrées, les Goguettes revendiquent un véritable savoir-faire musical. Sur scène, ils jouent eux-mêmes — piano et guitares — et chantent avec une précision qui renforce encore la virtuosité de l’exercice.
Car l’exercice est redoutable. Il faut partir de l’actualité la plus brûlante, en extraire un fil comique, puis réécrire des paroles capables de s’inscrire parfaitement dans la structure originale de la chanson : couplets, refrains, rimes et musicalité.
Et l’actualité ne manque pas de matière. Leur troisième quinquennat revisite ainsi les turbulences politiques récentes. Emmanuel Macron, les débats de société ou les tensions internationales deviennent les protagonistes d’une revue musicale aussi impertinente que jubilatoire.
· Parmi les moments les plus irrésistibles, une version de “Celebration” de Kool & The Gang transformée en “Dissolution”, où un Macron plus vrai que nature surgit en veste à paillettes, lunettes d’aviateur, dans une parodie digne d’un Claude François. Ailleurs, Porque te vas devient une chanson sur le Mercosur interprétée par des agriculteurs latino-américains, tandis que Mamy Blue de Nicoletta se métamorphose en “Dati Blue”, clin d’œil goguenard aux turbulences de l’actualité politique.
La salle rit, applaudit, reconnaît les mélodies et s’amuse à deviner les chansons originales derrière chaque détournement. Très vite, l’énergie du quatuor emporte tout le monde dans ce tourbillon musical.
Dans une époque où l’actualité peut sembler parfois anxiogène ou désolante, les Goguettes rappellent une chose essentielle : le rire peut être une manière de reprendre souffle face au monde.
Et s’il faut un mot pour expliquer ce tour de force, il tient en un seul : le talent.
Rédacteur : Maxime Dorian
Les Goguettes en trio mais à quatre – 3ème Quinquennat
Bobino
Du 9 mars au 27 avril 2026 – les lundis à 19h30
Le 2 juin 2026 à la Bourse du travail
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