EDVA à l’Archipel : un voyage musical dans les brumes slaves
EDVA à l’Archipel : un voyage musical dans les brumes slaves
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Découvrir EDVA, c’est un peu comme entrer dans une forêt profonde et brumeuse. Un territoire sonore où l’on avance à tâtons, guidé par des mélodies à la fois dansantes et mélancoliques.
La musique du duo s’inscrit dans un univers souvent qualifié de dark slavic folk ou de folk électronique slave. Elle mêle des éléments traditionnels issus du folklore d’Europe de l’Est à une production électronique contemporaine : nappes atmosphériques, pulsations lentes et couleurs sonores qui convoquent l’imaginaire musical slave.
Mais ce qui frappe surtout, c’est l’émotion qui traverse ces compositions. La musique slave est souvent marquée par une profonde expressivité, oscillant entre nostalgie et intensité. Chez EDVA, cette mélancolie devient matière sonore. Derrière les rythmes entraînants se cachent toujours des lignes mélodiques profondes, presque méditatives.
Assister à un concert d’EDVA revient ainsi à entreprendre un voyage sensoriel. L’imaginaire slave y déploie toute sa puissance : forêts nocturnes, rituels anciens, paysages brumeux. La musique semble parfois surgir d’un autre temps, comme un écho d’une mémoire collective.
La voix de Valentina participe largement à cette atmosphère. Claire, presque cristalline, elle se déploie dans un registre haut, avec un vibrato très discret. Ce chant droit et aérien évoque certaines traditions folkloriques d’Europe de l’Est. Il crée une sensation d’espace, presque mystique, comme si la musique flottait dans l’air.
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L’univers sonore du duo se nourrit également d’instruments inattendus. Dans certaines chansons apparaît ainsi un Taishōgoto, une sorte de harpe japonaise à cordes dont le timbre métallique et délicatement répétitif ajoute une couleur singulière à la musique d’EDVA. Cet instrument venu d’Asie se fond étonnamment bien dans l’esthétique du groupe, renforçant cette impression de musique hors du temps, entre traditions lointaines et paysages imaginaires.
Par moments, la voix prend la forme d’une incantation. Une invocation douce et hypnotique qui transforme le concert en expérience presque rituelle.
Le duo, dont le nom réunit Édouard et Valentina, explore d’ailleurs plusieurs langues dans ses compositions — français, russe et anglais — comme pour mieux brouiller les frontières entre les cultures et les imaginaires.
Dans l’une de ses chansons, EDVA évoque un ciel qui se reflète dans les yeux mais que l’on ne peut pas toucher avec les mains. Pendant ce concert, ce ciel semblait pourtant à portée. Non pas avec les mains, mais avec les oreilles.
Un ciel brumeux et introspectif, parfois traversé d’une lumière chaude.
Et comme le confiait EDVA sur scène : quand on découvre la beauté dans l’imperfection, il devient plus facile de s’accepter.
À en juger par l’intensité de cette soirée, elle devait être sacrément imparfaite pour être aussi belle.
Par Maxime Dorian
EDVA
EP : « Bombe d’Amour », sorti le 14 novembre
Label : Delco Music
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